Trump défie la Cour suprême : Guerre ouverte à Washington - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - International | Par Maimouna | Publié le 24/02/2026 04:02:00

Trump défie la Cour suprême : Guerre ouverte à Washington

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Le 16 février 2026, le président Donald Trump a signé un décret imposant une surtaxe de 10 % sur les importations aux États-Unis, après que la Cour suprême a annulé une grande partie de ses droits de douane fondés sur l’International Emergency Economic Powers Act. La décision de la Cour, rendue par six voix contre trois, a estimé que la loi de 1977 n’autorise pas l’imposition de tarifs par le président.

Après ces faits, la Maison Blanche a annoncé que la surtaxe entrerait en vigueur le 24 février pour 150 jours, avec des exemptions sectorielles et pour l’accord États‑Unis–Mexique–Canada. La réaction virulente du président à l’encontre de la haute juridiction a suivi l’arrêt; il a accusé la Cour d’influence extérieure et déclaré avoir « honte de certains membres de la Cour ».

La Cour suprême, présidée par John Roberts, a jugé que la loi invoquée ne contient « aucune référence aux tarifs ou aux droits de douane », décision qui ne remet pas en cause des mesures sectorielles existantes sur l’acier et l’aluminium.

L’affrontement institutionnel soulève des enjeux précis pour l’équilibre des pouvoirs et pour la confiance du public. La Cour a fixé une limite juridique en rappelant que le Congrès détient le pouvoir tarifaire; l’exécutif, en répondant par un nouveau décret et par des attaques verbales contre les juges, met en tension la séparation constitutionnelle. Les chiffres avancés par des instituts universitaires illustrent l’ampleur matérielle du litige: le Penn Wharton Budget Model évoque jusqu’à 175 milliards de dollars de remboursements potentiels, tandis que le Budget Lab de l’université Yale calcule un taux effectif moyen des droits de douane tombant à 9,1 % contre 16,9 % auparavant.

Cette dynamique a des conséquences pratiques. Les entreprises ont demandé une certitude juridique pour planifier leurs approvisionnements et leurs investissements; la National Retail Federation a salué le jugement comme une source de clarification. Parallèlement, des autorités étatiques comme le gouverneur de Californie ont exigé des remboursements immédiats, alors que d’autres voix, dont la sénatrice Elizabeth Warren, ont relevé l’absence d’un mécanisme clair de restitution pour les consommateurs et les petites entreprises.

En contestant publiquement l’indépendance judiciaire, le président fragilise l’autorité de la Cour en deux effets documentés: d’abord en semant le doute parmi les administrés sur la neutralité des décisions, ensuite en ouvrant la porte à des pratiques exécutives qui cherchent à contourner le cadre législatif. Le juge Brett Kavanaugh a lui‑même reconnu que la résolution des remboursements risquait de devenir « un casse‑tête », signalant des conséquences administratives et budgétaires probables. Comparée à d’autres moments de tension constitutionnelle aux États‑Unis, la situation rappelle des crises antérieures où l’affaiblissement perçu d’une institution a aggravé la polarisation politique. Comparée à des démocraties européennes, la remise en cause publique d’une haute juridiction par le chef de l’exécutif est rare et alimente l’inquiétude des partenaires commerciaux.

Les éléments factuels montrent que la stratégie adoptée après l’arrêt installe un précédent: recourir à une réponse exécutive immédiate et à la pression médiatique contre la Cour. Ce schéma reproduit un mécanisme de contournement des freins institutionnels, avec des risques documentés pour la séparation des pouvoirs et pour la confiance civique. Les partenaires commerciaux ont déjà indiqué qu’ils surveilleraient la situation et que des mesures plus directes de Washington pourraient accentuer les perturbations.

Les estimations budgétaires et les réactions publiques offrent des preuves chiffrées: recettes fédérales attendues « pratiquement inchangées » en 2026 selon le Trésor, mais des incertitudes sur les remboursements susceptibles d’alourdir les comptes publics; des exemptions annoncées pour certains secteurs, et la continuité des droits sur l’acier et l’aluminium. Les conséquences juridiques et économiques resteront visibles dans les contentieux à venir et dans l’évaluation des chaînes d’approvisionnement.

Les faits réunis indiquent que la réponse présidentielle à l’arrêt de la Cour dépasse le simple différend tarifaire: elle engage la crédibilité de l’autorité judiciaire et pose la question d’un précédent institutionnel. Entre montants potentiels de remboursement, réactions des autorités étatiques et inquiétudes des partenaires étrangers, la situation dessine un paysage où la séparation des pouvoirs et la confiance citoyenne sont mises à l’épreuve par des actes dont les retombées juridiques et économiques promettent d’être durables.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Francois D.
Mis en ligne : 24/02/2026

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