Guerre en Ukraine : 4 ans de destructions et d’impasses diplomatiques - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - International | Par Maimouna | Publié le 26/02/2026 04:02:00

Guerre en Ukraine : 4 ans de destructions et d’impasses diplomatiques

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Le 24 février 2022 la Russie a lancé une invasion de l’Ukraine, déclenchant une guerre qui, quatre ans plus tard, a laissé Moscou contrôler près de 20 % du territoire ukrainien, dont une partie déjà tenue par des forces prorusses avant 2022. Les principaux foyers de combat restent le Donbass, Kherson et Zaporijjia, tandis que les pourparlers de 2025 à Istanbul, Abou Dhabi et Genève n’ont pas abouti à un cessez-le-feu durable.

La guerre est devenue une lente guerre d’usure marquée par des avancées limitées et des pertes massives. Des villes comme Bakhmout et Toretsk sont en ruine, des millions de personnes ont été privées d’électricité et de chauffage après des frappes ciblant les infrastructures, et environ 20 % du territoire ukrainien est contaminé par des mines selon l’ONU. Les chiffres humains et matériels s’accumulent: près de 15 000 civils tués selon l’ONU en 2025, 55 000 soldats ukrainiens reconnus morts par le président Volodymyr Zelensky, et des estimations externes évoquant des pertes russes élevées dans les centaines de milliers.

Les dommages économiques s’étendent sur la décennie à venir: la reconstruction est estimée à plus de 500 milliards d’euros par une évaluation conjointe du gouvernement ukrainien, de l’Union européenne, de la Banque mondiale et de l’ONU. Près de six millions d’Ukrainiens ont trouvé refuge à l’étranger, tandis que l’économie russe montre des signes d’essoufflement malgré des circuits d’importation alternatifs et une réorientation des ventes d’hydrocarbures.

La diplomatie internationale a fonctionné, mais sans infléchir durablement le cours du conflit. Les cycles de négociation observés depuis 2025 n’ont pas permis de définir des garanties effectives sur les lignes de front ni des mécanismes de vérification crédibles. Les demandes russes de retrait ukrainien de zones de Donetsk ont rencontré le refus de Kiev, mais au-delà de ce désaccord, les institutions internationales ont peiné à faire respecter des compromis ou à imposer des sanctions qui modifieraient le calcul stratégique de Moscou. Les Nations unies ont documenté les conséquences humanitaires, les organisations financières ont chiffré les besoins de reconstruction, mais les instruments diplomatiques n’ont pas réussi à transformer ces constats en pression opérationnelle suffisante.

Les faiblesses institutionnelles se lisent à plusieurs niveaux: l’absence d’un cadre multilatéral capable d’administrer un cessez-le-feu, le manque d’une coalition militaire et politique cohérente pour créer des coûts suffisants à la poursuite de la guerre, et la rivalité entre puissances qui limite l’unité d’action. Les Etats-Unis, l’Union européenne, la Turquie et les Émirats ont joué des rôles différents sans parvenir à une stratégie commune opérationnelle. La diplomatie s’est retrouvée en ordre dispersé, produisant des déclarations et des initiatives logistiques mais peu de leviers contraignants susceptibles d’empêcher l’enlisement.

Les faits illustrent la responsabilité des acteurs internationaux: le soutien militaire occidental a aidé l’Ukraine à résister mais n’a pas suffi à briser la dynamique de territoire tenue par la Russie; les sanctions ont amputé des marges de manœuvre russes sans provoquer d’effondrement politique; et les tentatives de médiation ont tourné court faute d’éléments de sanction ou d’incitation crédibles. En outre, le recours aux recrutements étrangers par la Russie et l’utilisation extensive de drones exposent la difficulté des gouvernements à contrôler des champs de bataille technologiquement évolutifs. Comparé à d’autres conflits européens du XXe siècle, la réaction internationale a été plus diffuse, et comparé aux interventions multilatérales réussies ailleurs, elle a manqué d’un instrument de stabilisation durable.

La poursuite du conflit malgré des années de négociations met en lumière la limite d’une diplomatie dépourvue d’instruments coercitifs concertés. Les institutions internationales ont compilé des diagnostics et mobilisé des ressources, mais elles n’ont pas su créer un verrou diplomatique pour arrêter l’escalade territoriale et humanitaire. La fragmentation des réponses, les intérêts divergents des grandes puissances et l’absence d’un mécanisme de mise en œuvre impartiale ont permis au conflit de pourrir, avec pour conséquence un coût humain et matériel qui s’envole.

Les chiffres disponibles confirment l’ampleur du défi: 20 % du territoire contaminé par des mines, plus de 500 milliards d’euros de coût de reconstruction, près de 15 000 civils tués selon l’ONU, estimations variables des pertes militaires allant de dizaines à plusieurs centaines de milliers de morts selon les sources. Les déplacements massifs de population et l’effondrement d’infrastructures énergétiques témoignent d’un conflit qui dépasse le seul cadre militaire et requiert une réponse politique qui n’a pas émergé jusqu’ici.

Les données dressent un tableau sans relief d’une diplomatie internationale dépassée par la réalité des armes et des intérêts. Les institutions ont produit des constats, des réunions et des projections financières, mais elles ont laissé s’installer une guerre d’usure qui ronge les sociétés et les économies. Tant que les acteurs mondiaux n’accepteront pas de coordonner des mesures contraignantes assorties de garanties de mise en œuvre, le conflit risque de rester figé, avec des territoires détruits, des vies perdues et des générations marquées par l’incapacité de la politique à imposer la paix.

Article opinion écrit par la créatrice de contenu : Emilie S.
Mis en ligne : 26/02/2026

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