Ramadan sous les bombes : Foi ardente, paix absente à Gaza - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - International | Par Maimouna | Publié le 26/02/2026 09:02:00

Ramadan sous les bombes : Foi ardente, paix absente à Gaza

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Depuis le début du ramadan, en avril 2026, le secrétaire général des Nations unies António Guterres a salué la dimension spirituelle du mois sacré et la Secrétaire générale adjointe Rosemary DiCarlo a averti devant le Conseil de sécurité que, malgré une trêve récente, « Gaza n’est toujours pas en paix ». À Gaza, des familles déplacées préparent la rupture du jeûne avec des ressources réduites et des prix alimentaires en hausse.

Dans ce contexte, la foi et les appels à la solidarité coexistent avec une crise humanitaire profonde et une situation politique figée. Les scènes de partage dans les camps témoignent d’une résilience populaire, mais elles ne se sont pas traduites par une pression politique suffisante pour mettre fin aux violences, et cette disjonction mérite d’être analysée.

Les pénuries alimentaires et la hausse des prix à Gaza sont documentées par l’ONU depuis plusieurs mois, tandis que la trêve reste fragile et intermittente, rendant les retours et les aides durables difficiles.

Plusieurs facteurs factuels expliquent l’écart entre les appels religieux pendant le ramadan et l’absence d’une pression politique efficace pour aboutir à la cessation des hostilités. D’abord, la nature transnationale des autorités responsables brouille les leviers de pression. Les décisions militaires et diplomatiques relèvent de coalitions, d’États tiers et d’acteurs non étatiques, ce qui dilue la responsabilité politique directe et rend les revendications civiles moins susceptibles d’imposer un changement rapide.

Ensuite, les mécanismes de solidarité religieuse se heurtent à des contraintes logistiques et financières. Les ONG et les organisations caritatives locales renforcent l’assistance pendant le ramadan, mais les corridors humanitaires restent limités et le volume d’aide est insuffisant face à la demande. Les chiffres de l’ONU sur les livraisons et les prix montrent un déficit d’approvisionnement qui transforme les gestes de partage en palliatifs temporaires plutôt qu’en leviers politiques structurants.

La communication et la polarisation médiatique représentent un troisième élément. Les appels religieux sont souvent diffusés dans des espaces communautaires et religieux, avec une portée morale forte mais une portée internationale médiatique inégale. Les décideurs politiques réagissent davantage aux pressions géopolitiques, économiques et électorales qu’aux campagnes de solidarité spirituelle qui manquent d’un relais politique organisé et d’une mise en récit susceptible de changer les calculs d’intervention.

Un quatrième élément est institutionnel: les structures internationales manquent d’outils coercitifs efficaces pour traduire la compassion publique en sanctions ou en cessez-le-feu contraignants. Les résolutions diplomatiques peinent à s’appliquer sans consensus des grandes puissances et sans mécanismes d’exécution robustes. Ainsi, la compassion collective n’est pas automatiquement convertible en pression politique.

Enfin, la crainte d’escalade empêche parfois les gouvernements d’agir sous l’effet d’appels publics. Les responsables craignent que des interventions hâtives génèrent des réactions militaires plus violentes ou compromettent des intérêts stratégiques. Cette prudence est un facteur structurel qui freine la transformation des motifs religieux en décisions politiques pressantes.

La mobilisation humanitaire pendant le ramadan rappelle des réponses observées lors d’autres crises où la solidarité sociale a soulagé des populations sans provoquer d’arrêt des opérations militaires. Dans certains conflits régionaux, des coalitions internationales coordonnées ont réussi à imposer des trêves, mais elles disposaient de moyens diplomatiques et militaires que la communauté internationale n’a pas toujours mobilisés pour Gaza.

Ces éléments combinés montrent pourquoi les invocations religieuses et la solidarité quotidienne touchent les consciences mais n’ont pas suffi à produire la pression politique nécessaire pour mettre fin aux violences.

Les faits décrits indiquent une fracture entre la force morale des appels religieux et les réalités politiques et logistiques. La foi a allégé la misère quotidienne, sans toutefois renverser des mécanismes décisionnels complexes: responsabilités partagées, limites des corridors humanitaires, fragmentation médiatique et absence d’outils internationaux contraignants. Le résultat factuel reste une trêve fragile et une population qui, malgré la solidarité du ramadan, continue à subir des violences et des privations.

Article opinion écrit par la créatrice de contenu : Kamilia H.
Mis en ligne : 26/02/2026

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