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Le président Cyril Ramaphosa a ordonné une enquête sur la corruption dans le système d’immigration sud-africain, portant sur la période 2004-2024; l’Unité d’enquête spéciale a mis en évidence que des fonctionnaires ont reçu des paiements pour délivrer des visas et des permis de séjour, avec des cas de dépôts bancaires dépassant 16 millions de rands et des transactions organisées via WhatsApp. Le ministre de l’Intérieur, Leon Schreiber, a annoncé des licenciements et une migration vers une plateforme électronique d’autorisation de voyage.
L’éditorialiste prend position: cette mise au jour n’est pas un incident isolé mais la preuve d’une dégénérescence systémique où l’administration a été privatisée au profit d’un petit réseau. La confiance publique est brisée, l’État de droit affaibli; la numérisation promise sonne creux si elle n’est pas accompagnée d’une refondation culturelle et de sanctions exemplaires.
Le système d’immigration sud-africain reposait sur des procédures papier lentes et vulnérables, ce qui a permis pendant des années des pratiques de corruption institutionnalisée. Deux cent soixante-quinze dossiers ont été transmis aux autorités pénales et vingt fonctionnaires ont déjà été licenciés.
L’enquête décrit un mécanisme pervers: les visas traités comme des marchandises, les formulaires servant de cache pour l’argent, les approbations accélérées via WhatsApp. Cette organisation révèle que la corruption n’était pas sporadique, mais devenue mode de gestion. Quand des agents vendent l’accès à la nationalité ou au séjour, l’État perd sa raison d’être; la bureaucratie cesse d’être un service public et devient un marché noir avec des règles propres.
L’éditorialiste souligne que la numérisation, présentée comme panacée, ne suffira pas si les institutions restent captives de réseaux informels. Comparez cela à une banque dont les coffres seraient ouverts par des employés complices: la technologie ne verrouille rien si les clefs restent entre de mauvaises mains. Autre comparaison: une autoroute modernisée mais contrôlée par des brigands donne l’illusion de progrès sans restaurer la sécurité.
L’ampleur financière révélée montre aussi l’impact social: des demandeurs vulnérables ont été contraints de payer pour survivre ou pour rejoindre des familles; des entreprises ont subi des distorsions concurrentielles; l’état-civil a été corrompu au point de compromettre la souveraineté du pays sur ses frontières. L’impact politique est évident: la popularité du pouvoir en place s’effrite quand la gestion des migrations se transforme en machine à cash.
Sur le plan juridique, le transfert de 275 dossiers à l’Autorité nationale chargée des poursuites est nécessaire mais insuffisant. Poursuites et licenciements sont utiles, mais l’éditorialiste exige des enquêtes indépendantes, des mécanismes de protection des lanceurs d’alerte et la reprise de l’audit des flux financiers liés aux visas. Une réforme technique sans refonte des incitations et sans responsabilisation restera cosmétique.
L’analyse doit aussi considérer la responsabilité politique: les gouvernants successifs n’ont pas su empêcher la marchandisation des autorisations de séjour. L’éditorialiste rappelle qu’une administration au service du public nécessite une culture de l’éthique, des salaires décents, des contrôles externes et la transparence des décisions. Sans cela, chaque réforme technologique risque d’offrir un nouveau terrain de jeu aux corrupteurs.
Des exemples étrangers montrent qu’une combinaison de digitalisation transparente, de fiscalisation des transactions et de sanctions pénales rapides réduit la corruption migratoire. La mise en place d’un registre public des décisions, accessible sous conditions, et l’obligation de motiver publiquement les refus ou les acceptations de visas augmenteraient la pression contre les réseaux illicites. Ces mesures ne sont ni coûteuses ni révolutionnaires; elles demandent surtout de la volonté politique.
L’image d’un système où des visas s’achètent sur WhatsApp est une gifle pour l’État de droit. L’éditorialiste réaffirme son jugement négatif: sans justice rapide, sans transformation culturelle et sans mécanismes transparents, la numérisation restera une rustine. La restauration de la confiance exigera des actes durs, visibles et cohérents, et non des promesses techniques qui masquent la continuité d’un pillage public. Le temps des demi-mesures est dépassé.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Jacque M.
Mis en ligne : 26/02/2026
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