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Le Mexique a connu cette semaine une vague d’attaques liées au cartel de Jalisco Nouvelle Génération après l’opération ayant entraîné la mort de Nemesio Oseguera Cervantes, dit « El Mencho », dans la région de Jalisco. Incendies de commerces, narcobloqueos et blocages routiers ont touché une vingtaine d’États, y compris Guadalajara, ville hôte de la Coupe du monde 2026. Les autorités ont déclenché un plan d’alerte rouge, plusieurs matchs locaux ont été reportés et la vie quotidienne a été fortement perturbée.
Ces faits surviennent à quelques mois du tournoi mondial qui doit attirer des dizaines de milliers de supporters étrangers. La juxtaposition entre violences internes et préparation d’un événement international pose une question précise et documentée sur les responsabilités institutionnelles, en particulier celle de la FIFA.
La préparation mexicaine incluait un dispositif de surveillance massif: plus de 2 000 caméras, des drones, des systèmes anti-drones et le déploiement de la Garde nationale et de l’armée dans les zones métropolitaines concernées.
La décision de maintenir la tenue d’un tournoi majeur dans un pays où les cartels peuvent déclencher des actions coordonnées expose des limites factuelles des assurances de sécurité. Les récits publics décrivent des tactiques de blocage routier qui paralysent des villes entières et des attaques ayant pour effet d’immobiliser les déplacements urbains, éléments qui compromettent la sécurité des supporters et des délégations. Guadalajara est programmée pour accueillir quatre rencontres dans un stade d’environ 48 000 places, un site où toute défaillance logistique ou sécuritaire aurait des conséquences immédiates sur des dizaines de milliers de personnes.
La FIFA a communiqué des garanties opérationnelles et des collaborations avec les autorités mexicaines et nord-américaines; en novembre 2025, Jürgen Mainka, directeur exécutif de la FIFA au Mexique, a déclaré: « Nous sommes absolument certains que tous les plans mis en œuvre fourniront le cadre nécessaire pour les supporters et les équipes ». Cette affirmation s’appuie sur des moyens matériels et humains, mais elle ne règle pas la question des risques imprévisibles générés par des groupes armés capables d’infliger des perturbations massives hors des sites officiels.
Premièrement, la normalisation du calendrier par une instance internationale installe une perception publique de sécurité qui peut être disproportionnée par rapport aux menaces réelles. La promotion d’un événement comme sûr repose en grande partie sur l’acceptation des assurances fournies par les organisateurs, avec un effet d’acceptation sociale comparable à celui observé avant d’autres grands rendez-vous sportifs, comme la Coupe du monde 2014 au Brésil où les protestations avaient mis en lumière des tensions domestiques ignorées dans la communication officielle.
Deuxièmement, la concentration sur des mesures visibles — caméras, véhicules blindés, présence militaire — ne traite pas entièrement des vulnérabilités logistiques: réseaux de transport civils, capacité d’évacuation des stades, systèmes d’information pour les supporters et la gestion des flux. L’expérience mexicaine comporte des précédents: la fusillade de 2011 près du stade Corona avait déjà montré comment des incidents hors stade pouvaient se répercuter sur la sécurité dans et autour des enceintes sportives.
Troisièmement, le choix de poursuivre des opérations contre des chefs de cartel pendant la période préparatoire révèle une stratégie d’État qui entre en tension avec la volonté de la FIFA de garantir l’ordre public. Des échanges diplomatiques rapportés ont suggéré qu’il y avait des discussions pour limiter certaines actions pendant le tournoi, ce qui soulève des questions sur le compromis entre pression opérationnelle et calendrier sportif.
Les chiffres disponibles indiquent une hausse des attaques coordonnés dans plusieurs États mexicains depuis 2023, avec des variations régionales importantes. Le recours à des personnels de sécurité privés a augmenté, générant un marché de la sécurité lié à la violence. Par ailleurs, les autorités se disent préoccupées par l’arrivée possible de réseaux criminels étrangers, y compris d’anciens combattants colombiens impliqués dans des groupes armés, ce qui complique la cartographie des risques pour l’organisation d’un événement international.
Les éléments factuels rassemblés montrent un écart entre les assurances publiques de sécurité et la réalité opérationnelle sur le terrain: incidents récents, tactiques de paralysie urbaine et antécédents d’attaques autour d’événements sportifs. La FIFA, en validant la tenue d’un tournoi dans ce contexte, participe de fait à une normalisation qui repose sur des plans et des promesses plus que sur l’élimination des risques documentés. Interroger cette responsabilité revient à demander des garanties vérifiables et des mécanismes indépendants de contrôle avant de transformer des déclarations d’intention en promesse de sécurité pour les équipes, les supporters et les employés impliqués.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Stéphane D.
Mis en ligne : 27/02/2026
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