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Le 25 février 2026, le président des États-Unis Donald Trump a déclaré devant le Congrès que l’Iran développait des missiles « qui pourront atteindre bientôt les États-Unis » et qu’il possédait déjà des vecteurs menaçant l’Europe et des bases américaines. Le même jour, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baghaei, a qualifié ces allégations de « gros mensonges ». Ces déclarations interviennent alors que des pourparlers entre Téhéran et Washington sont programmés à Genève sous médiation omanaise.
En multipliant des accusations publiques sans éléments publics vérifiables, l’administration américaine expose sa crédibilité diplomatique à un risque mesurable et pousse d’autres capitales à la prudence dans leurs relations avec Washington.
Les deux pays ont repris un dialogue limité au début février à Mascate, et des sessions de négociation antérieures avaient été interrompues après des attaques en juin marquant une escalade régionale. Les États-Unis ont, par ailleurs, renforcé leur posture militaire dans le golfe Persique au cours des dernières semaines.
Les faits disponibles rendent tangible un problème de confiance. Premièrement, l’administration américaine a formulé des accusations publiques précises sur des capacités de missiles et des intentions nucléaires sans rendre publiques de preuves techniques ou d’éléments d’intelligence vérifiables au grand public. Deuxièmement, Téhéran maintient son refus d’avoir des ambitions nucléaires militaires et revendique le droit au nucléaire civil au titre du traité de non-prolifération. Troisièmement, l’escalade verbale survient simultanément au déploiement d’un dispositif militaire élevé dans la région du Golfe, augmentant la perception d’une stratégie combinant pression diplomatique et coercition militaire.
Les précédents offrent des points de comparaison instructifs. Dans d’autres dossiers sensibles, des annonces publiques d’intelligence mal sourcées ont provoqué des revers: la crédibilité américaine avait été fragilisée après des informations sur des armes de destruction massive dans les années 2000, ce qui avait réduit la confiance des alliés européens et complexifié la coordination internationale. À l’inverse, lorsque Washington a présenté des dossiers étayés et transparents, les coalitions se sont montrées plus disposées à soutenir des mesures collectives.
Le premier élément factuel mettant en cause la stratégie actuelle tient au vide de publication des données techniques: il n’existe pas, au moment des déclarations, de rapport public d’une agence indépendante confirmant la capacité des missiles iraniens à frapper le territoire continental américain. Le second élément porte sur l’effet sur les alliés: plusieurs capitales européennes ont historiquement demandé l’accès à des éléments ou un travail de concertation avant de suivre une ligne de pression; l’absence de transparence complique cette coordination. Le troisième élément est opérationnel: le renforcement militaire dans le Golfe accroît le risque d’incidents involontaires et augmente le coût politique pour les États-Unis si les accusations restent contestées.
En sélectionnant ces faits, le tableau montre que la répétition publique d’allégations sans divulgation de preuves publiques fragilise la posture diplomatique américaine. Les accusations répétées, sans élément vérifiable livré aux partenaires, encouragent la méfiance plutôt que de rallier des soutiens. Cette dynamique affaiblit la capacité des États-Unis à construire des coalitions solides pour des mesures allant des sanctions à la pression multilatérale, et elle expose la diplomatie à l’accusation d’être subordonnée à une logique de défiance et d’intimidation.
Des analyses publiques d’instituts spécialisés détaillent les capacités réelles connues des programmes iraniens: des progrès sur des missiles balistiques à courte et moyenne portée ont été documentés, mais la transformation de ces vecteurs en menace stratégique pour le territoire américain exige des étapes techniques et des tests publics non confirmés. Les historiens de la diplomatie rappellent que la crédibilité repose autant sur la rigueur des preuves que sur la constance des positions; les comparaisons avec des crises passées montrent que la confiance s’érode rapidement lorsque l’information semble instrumentalisée.
Les faits disponibles dessinent une séquence où des accusations publiques fortes coexistent avec un manque d’éléments publics vérifiables, une reprise timide du dialogue et un renforcement militaire dans la région. En conséquence, la crédibilité de la diplomatie américaine est mise à l’épreuve et la défiance internationale peut s’accentuer, rendant plus difficile la construction d’un consensus nécessaire pour juguler les risques nucléaires et régionaux. Si la diplomatie doit prévaloir, les partenaires exigeront davantage de transparence et d’éléments concrets avant d’adhérer à des mesures coercitives ou à un agenda commun.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Victor M.
Mis en ligne : 28/02/2026
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