Infanticide à Diawara : Une mère seule face à la justice - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Fait divers | Par Eva | Publié le 28/02/2026 02:02:00

Infanticide à Diawara : Une mère seule face à la justice

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K. Traoré, femme divorcée et mère de trois enfants, est poursuivie pour infanticide devant la chambre criminelle du tribunal de grande instance de Tambacounda après un accouchement clandestin dans la nuit du 5 août 2024 à Diawara, département de Bakel, Sénégal. Les faits reprochés: accouchement solitaire, étranglement du nouveau-né féminin, dépôt du corps au poste de santé et ouverture d’une enquête policière.

La prévenue a reconnu pendant sa garde à vue des relations sexuelles avec son beau-frère, A. T., et a d’abord admis l’acte avant de revenir à la barre en affirmant que l’enfant était mort-né. Le ministère public a requis cinq ans de réclusion criminelle; la défense menée par Me Lady Ba a plaidé l’acquittement en invoquant « l’absence de preuves ». L’affaire retient l’attention locale et soulève des questions de traitement judiciaire.

L’incident a provoqué une enquête médico-légale et une instruction judiciaire dont le délibéré a été fixé au 12 mars 2026. La procédure suit des rythmes judiciaires habituels au Sénégal pour les affaires criminelles impliquant des nouveau-nés.

Les éléments factuels du dossier dessinent une chaîne d’événements précise: accouchement clandestin, geste mortel allégué, transport du corps par un ambulancier familial, découverte au poste de santé, garde à vue et variations de la déposition de la prévenue. Ces faits seuls restent au cœur du procès, mais la présence d’un homme identifié dans l’enquête sans mise en accusation équivalente interroge les pratiques judiciaires et sociales. La reconnaissance initiale de relations sexuelles avec le beau-frère, A. T., est un élément factuel qui pourrait engager une responsabilité directe ou indirecte; pourtant, la procédure publique met en scène prioritairement la femme comme seule prévenue pour l’infanticide.

La défense a centré son argumentation sur le manque de preuves matérielles établissant la cause certaine du décès et sur la version de naissance sans vie présentée par la prévenue à l’audience. Le parquet, quant à lui, s’appuie sur la première confession et sur les constats médicaux disponibles pour requérir une peine. Le contraste entre ces postures illustre une tension entre preuve formelle et éléments déclaratifs qui pèsent lourd dans la décision judiciaire.

Les faits sélectionnés dans l’affaire montrent trois limites factuelles du traitement: l’absence d’une mise en examen publique ou d’une information judiciaire formelle visant l’homme nommé, alors que sa relation avec la prévenue est explicitement rapportée; le recours à la seule confession initiale comme pièce maîtresse malgré son retrait ultérieur; la vulnérabilité systémique des femmes enceintes isolées confrontées à la stigmatisation sociale et à l’insuffisance d’un soutien médical et juridique. Ces constats reposent sur les pièces du dossier: dépositions, transport du corps, réquisitions du parquet et plaidoyer de la défense.

L’allégation concernant le beau-frère expose une asymétrie procédurale perceptible dans la sélection des responsables présentés au public. La mise en cause exclusive de la mère, sans que l’enquête ait rendu visibles des poursuites parallèles contre l’homme cité, reproduit un schéma où la charge pénale et la disgrâce sociale pèsent prioritairement sur la femme. Comparaison: dans d’autres dossiers similaires, les hommes impliqués ont parfois été cités comme témoins seulement, sans mise en examen; comparaison inverse, lorsque la responsabilité masculine est reconnue, la qualification et la peine peuvent évoluer différemment.

Les pratiques judiciaires dans la région montrent une fréquence de poursuites axées sur l’auteur présumé de l’acte matériel; l’identification d’un complice ou d’un auteur moral dépend souvent de preuves médico-légales et d’investigations plus approfondies qui manquent fréquemment dans les accouchements clandestins. Le dossier de Diawara illustre ces lacunes: transport informel du corps, hésitations dans les déclarations et absence d’actions publiques visant l’homme cité.

Les faits présentés demeurent judiciairement décisifs: accusation d’infanticide, variations de déposition, réquisition de cinq ans et demande d’acquittement pour absence de preuves. Pourtant, la visibilité limitée donnée à l’homme nommé dans l’enquête révèle, au fil des pièces et des procédures, une inégalité tangible dans la manière dont les responsabilités sont mises en lumière et poursuivies. Le sort de K. Traoré reste subordonné au verdict du tribunal, tandis que la question plus large de la responsabilité masculine et de l’égalité de traitement judiciaire demeure sans réponse publique.

Article opinion écrit par la créatrice de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 28/02/2026

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