25 milliards récupérés : La Sogepa remonte la piste des contrats douteux - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Business | Par Maimouna | Publié le 08/04/2026 02:04:00

25 milliards récupérés : La Sogepa remonte la piste des contrats douteux

La Sogepa, dirigée par Elimane Pouye, a annoncé avoir récupéré près de 25 milliards de francs CFA après la renégociation de contrats d’attribution jugés défavorables à l’État.

Les opinions exprimées dans cet article sont celles d’un contributeur externe. NotreContinent.com est une plateforme qui encourage la libre expression, la diversité des opinions et les débats respectueux, conformément à notre charte éditoriale « Sur NotreContinent.com chacun est invité à publier ses idées »

Suite de l’article : Un audit de 19 contrats a mis en évidence des cessions d’immeubles et de fonciers sans contrepartie réelle, et la réaffectation de biens publics, notamment l’ancien siège du HCCT, a réduit des loyers versés à des bailleurs privés. Ces opérations ont eu lieu récemment au Sénégal dans le cadre d’un processus de régularisation.

La direction de la Sogepa présente ces retours de fonds comme la conséquence directe de négociations fermes et d’un contrôle renforcé des contrats délivrés par la gestion antérieure, qui avait cédé des immeubles à des particuliers sans garanties techniques ni financières.

L’audit a décrit une gestion passée marquée par une absence de transparence et des conventions autorisant l’utilisation de biens publics de grande valeur sans compensation effective, pour un patrimoine estimé à plus de 50 milliards de francs CFA et des charges locatives publiques de 16 milliards par an.

Les faits documentés dessinent un tableau précis: certains immeubles publics ont été cédés à des propriétaires privés incapables de réaliser les projets initialement prévus, et des tiers ont joui de terrains et de constructions valant des dizaines de milliards sans versement équivalent à l’État. La Sogepa a renégocié et récupéré près de 25 milliards, ce qui couvre une partie seulement des évaluations totales du patrimoine concerné. Le transfert de l’ancien siège du HCCT au ministère de la Fonction publique a permis une économie de 600 millions de francs CFA de loyer annuel, illustrant comment la restitution ou la réaffectation d’actifs peut réduire des dépenses récurrentes. L’audit portait sur 19 contrats: ce chiffre révèle l’étendue des conventions à revisiter, mais il invite aussi à questionner l’ampleur des pratiques antérieures.

Premièrement, la récupération partielle de ressources ne gomme pas la gravité des failles décelées: près de 25 milliards récupérés face à plus de 50 milliards d’actifs cédés suggère que la masse du préjudice reste importante. Les documents montrent que des concessions ont permis une jouissance prolongée de biens publics sans contrepartie financière ou technique, ce qui équivaut à une perte patrimoniale de long terme. Deuxièmement, la réduction des charges locatives de l’État, certes bienvenue, masque la nécessité d’une politique d’acquisition et de gestion immobilière proactive plutôt que de simples renégociations a posteriori. Troisièmement, l’absence apparente de sanctions contre les décideurs impliqués questionne la responsabilité administrative et pénale: des erreurs de gestion qui ressemblent à une braderie du patrimoine méritent non seulement des redressements financiers mais aussi des réponses disciplinaires.

L’opération de renégociation révèle plus qu’une correction ponctuelle: elle met en lumière une gestion précédemment laxiste et suscite des interrogations précises sur la responsabilité des acteurs publics qui ont autorisé ces cessions. Le choix de céder des immeubles à des particuliers sans expertise ni moyens rappelle une vente à bas prix d’actifs stratégiques, comme si des portions du patrimoine public avaient été traitées à l’image d’un marché aux puces plutôt que d’un trésor national. La présentation des gains récents sert d’écran: récupérer 25 milliards est une victoire technique, mais la question demeure sur qui a pris les décisions initiales, pourquoi les mécanismes de contrôle n’ont pas fonctionné et quelles mesures concrètes seront prises pour sanctionner et prévenir.

Des comparaisons avec d’autres États de la région montrent que la révision de contrats immobiliers publics est une pratique courante, mais que la réussite réelle se mesure à la fois par les montants récupérés et par les poursuites engagées contre les fautifs. Ici, les chiffres publiés — 25 milliards récupérés, 50 milliards d’actifs concernés, 16 milliards de loyers annuels, 600 millions économisés pour un bâtiment — permettent d’évaluer l’ordre de grandeur du problème et d’exiger des comptes détaillés.

Les résultats de la Sogepa offrent un retour financier tangible, mais ils ne suffisent pas à effacer les zones d’ombre d’une gestion antérieure lâche. Les montants récupérés soulignent l’existence d’un préjudice massif; les économies réalisées révèlent des dépenses évitables de l’État; l’absence de sanctions visibles interroge la responsabilité des décideurs. La renégociation est utile, elle doit être la première étape d’une série de mesures transparentes, accompagnées d’enquêtes et de poursuites lorsque les responsabilités sont établies, afin d’empêcher que le patrimoine national ne soit à nouveau sacrifié.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Lamine D.
Mis en ligne : 08/04/2026

La plateforme NOTRECONTINENT.COM permet à tous de diffuser gratuitement et librement les informations et opinions provenant des citoyens. Les particuliers, associations, ONG ou professionnels peuvent créer un compte et publier leurs articles Cliquez-ici.


Réagir à cet article

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

0 commentaires

Réagir à cet article

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

0 commentaires

Copyright © 2023 www.notrecontinent.com

To Top