Projet de loi sur l’homosexualité : La posture inquiétante de Thierno A. Sall - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Politique | Par Maimouna | Publié le 08/04/2026 03:04:00

Projet de loi sur l’homosexualité : La posture inquiétante de Thierno A. Sall

Le député Thierno Alassane Sall a récemment qualifié de « récupération politique » le projet de loi N°05/2026 visant à durcir la répression de l’homosexualité au Sénégal.

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Suite de l’article : S’il a le droit de s’opposer à ce texte, son discours, en minimisant les inquiétudes légitimes d’une partie importante de la population, révèle un élitisme politique préoccupant. Plutôt que d’écouter et de représenter toutes les sensibilités, il semble préférer le déni et le mépris. Une posture qui interroge sur sa capacité à incarner le rôle d’un élu à l’écoute de son peuple.

Au Sénégal, pays à 95 % musulman et profondément attaché à ses valeurs familiales et religieuses, l’homosexualité est largement considérée comme une déviance. Depuis des années, des associations religieuses et des collectifs citoyens réclament un durcissement des peines, estimant que la législation actuelle ne suffit pas à protéger la société des influences qu’ils jugent étrangères et destructrices.

Les récentes arrestations de personnes accusées d’homosexualité, souvent médiatisées et suivies de manifestations populaires, ont ravivé ce débat. Le gouvernement, en proposant de porter les peines de 5 à 10 ans de prison, répond à une demande sociale forte, portée par une majorité de Sénégalais qui y voient une menace pour leur mode de vie et leurs croyances.

Dans ce contexte, qualifier ce débat de simple « récupération politique » revient à nier la réalité des préoccupations de milliers de citoyens. C’est une manière de dire : « Vous avez tort de vous inquiéter, vous êtes manipulés. » Une attitude qui, loin d’apaiser les tensions, les alimente.

Thierno Alassane Sall accuse le gouvernement de « mauvaise foi » et de « récupération ». Pourtant, en refusant de reconnaître la légitimité des craintes exprimées par une frange importante de la population, c’est lui qui adopte une posture élitiste et déconnectée.

Les Sénégalais qui soutiennent ce projet de loi ne sont pas des dupes. Ils s’interrogent sur l’impact de l’homosexualité sur la structure familiale, les valeurs religieuses et l’identité culturelle du pays. Les qualifier de « manipulés » revient à leur refuser le droit d’avoir une opinion éclairée, comme si leurs convictions n’étaient que le fruit d’une propagande.

En se plaçant au-dessus de ces préoccupations, Thierno Alassane Sall donne l’impression de mépriser ceux qu’il est censé représenter. Un député doit écouter, même quand il n’est pas d’accord. Ici, il choisit de discréditer, ce qui est une trahison de son mandat.

Plutôt que de simplement rejeter le projet de loi, pourquoi ne pas proposer un cadre pour un débat apaisé, incluant toutes les parties prenantes ? Son opposition reste stérile, car elle ne s’accompagne d’aucune alternative concrète pour répondre aux attentes de la population.

Un élu n’a pas à partager toutes les opinions de ses concitoyens, mais il se doit de les écouter et de les prendre au sérieux. En les qualifiant de « récupération », Thierno Alassane Sall adopte une posture condescendante qui ne fait qu’exacerber les divisions.

Ignorer ou dénigrer les préoccupations populaires peut pousser certains vers des positions plus extrêmes. Au lieu de modérer le débat, cette attitude risque au contraire d’envenimer la situation en refusant de reconnaître la légitimité des craintes exprimées.

Si une véritable réflexion sur l’équilibre entre tradition et modernité était engagée, le débat pourrait être plus constructif. Mais en se contentant de critiquer la forme sans aborder le fond, l’opposition au projet de loi apparaît davantage comme une posture que comme une contribution à la recherche de solutions.

Thierno Alassane Sall a le droit de s’opposer au projet de loi sur l’homosexualité. Mais en qualifiant les inquiétudes de ses concitoyens de « récupération politique », il adopte une attitude élitiste et méprisante, indigne d’un représentant du peuple. Un député se doit d’écouter, de dialoguer et de proposer des alternatives, pas de dénigrer ceux qui ne pensent pas comme lui.

Dans une démocratie, le débat doit être respectueux de toutes les sensibilités. En refusant de reconnaître la légitimité des craintes populaires, cette posture ne fait pas avancer le Sénégal. Elle risque au contraire de l’enfermer dans un clivage stérile, où chacun campera sur ses positions sans chercher à comprendre l’autre. Ce n’est pas ainsi que l’on construit une société apaisée et unie.

Article opinion écrit par la créatrice de contenu : Khadija T.
Mis en ligne : O8/04/2026

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