Le Département de la Sécurité intérieure des États-Unis (DHS) a annoncé récemment la menace d’expulsion imminente de 355 ressortissants d’Afrique de l’Ouest condamnés pour des infractions graves, dont 19 Sénégalais.
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Suite de l’article : Leurs identités et leurs photographies ont été publiées sur le portail gouvernemental WOW.DHS.GOV dans un registre intitulé « Les pires des pires ». L’opération est conduite par l’ICE et vise des condamnations pour meurtre, agression sexuelle, agression aggravée et vol. Cette mise en ligne diffuse aussi la répartition par pays des personnes ciblées.
L’opération concerne seize nations de la sous-région, avec des concentrations marquées: le Nigeria (110 personnes) et le Liberia (94 personnes) totalisent 204 des 355 cas, le Ghana compte 30 personnes et le Sénégal 19. Le portail publie les noms, les photos et la nationalité, et l’ICE réclame une coopération accrue des villes sanctuaires avec les autorités fédérales.
La mise en ligne des photographies et des identités, associée à l’étiquette « Les pires des pires », rend immédiatement lisible l’origine nationale des personnes visées. L’ICE a justifié l’opération en déclarant: « Ce sont ces individus abjects que nous arrêtons et expulsons des communautés américaines chaque jour ». Le choix d’une rubrique publique et d’images amplifie la visibilité médiatique de cette opération et instaure une représentation collective fondée sur la nationalité.
Plusieurs éléments factuels accélèrent le risque de stigmatisation: la publication par nationalité, l’usage d’un libellé péjoratif, la diffusion immédiate sur un portail accessible au grand public et la communication directe envers les municipalités. La concentration élevée de dossiers pour certains pays, comme la comparaison entre le Nigeria (110) et le Sénégal (19), peut alimenter des perceptions généralisées au sein des populations locales et des médias.
La visibilité publique des personnes condamnées expose aussi leurs familles et leurs communautés immédiates à des réactions sociales et institutionnelles. Le regroupement par pays facilite des recoupements dans les médias et sur les réseaux sociaux, ce qui peut se traduire par des discriminations à l’embauche, des pressions dans les quartiers et un climat de défiance envers des groupes entiers. La demande faite aux villes sanctuaires de coopérer intensifie par ailleurs les tensions institutionnelles déjà existantes entre autorités locales et fédérales.
La combinaison d’images, d’étiquettes stigmatisantes et de statistiques ventilées par État national crée un paysage informationnel où des actes individuels risquent d’être perçus comme caractéristiques d’une communauté. En comparaison, la mise en lumière publique d’une infraction isolée devient collective dès lors que l’outil de communication choisit la nationalité comme critère d’organisation. En comparaison avec des communications centrées sur les faits judiciaires sans indiquer l’origine, la démarche actuelle accroît la visibilité des liens entre criminalité et origine nationale.
Répartition complète: Nigeria 110, Liberia 94, Ghana 30, Cameroun 15, Côte d’Ivoire 14, Gambie 14, Mauritanie 12, Cap-Vert 11, Burkina Faso 9, Niger 8, Guinée 6, Togo 6, Mali 5, Bénin 1, Guinée-Bissau 1, Sénégal 19 inclus dans le total de 355.
Les faits exposés montrent une opération massive, publique et organisée autour de la nationalité et de l’image des personnes visées. La décision de publier noms et photos sous une rubrique stigmatisante pose des enjeux concrets pour la réputation, la sécurité morale et l’intégration des diasporas ouest-africaines aux États-Unis, et elle alimente des tensions déjà existantes entre autorités fédérales et collectivités locales. Le dossier reste lourd de conséquences pour les individus et pour leurs communautés.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Ramatoulaye F.
Mis en ligne : 08/06/2026
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