Près de 30 milliards perdus : Quand l’État baisse la garde - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Economie | Par Eva | Publié le 19/09/2026 02:09:30

Près de 30 milliards perdus : Quand l’État baisse la garde

L’éditorialiste affirme une vérité brute : l’État a perdu près de 30 milliards de francs CFA parce que le ministère de tutelle a abandonné son rôle de gardien.

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suite de l’article : La renonciation conjointe signée treize semaines avant l’échéance d’un contrat qui devait expirer fin juillet 2026 soulève une faute lourde de négligence administrative. Le ton n’est pas celui de la nuance, mais de l’exigence : une autorité publique ne peut pas se dérober au contrôle des opérateurs stratégiques sans en payer le prix.

Une entreprise disposait d’un contrat d’exploration dont la durée cumulée atteignait cinq ans, et un accord a été conclu le 22 avril 2026 pour mettre fin à des obligations où l’État apparaissait créancier d’environ 55 millions de dollars. Treize semaines séparaient cette renonciation de la date d’expiration officielle du contrat ; ces treize semaines valaient potentiellement le rappel de sommes et l’application de pénalités prévues par le cadre réglementaire. Au lieu de défendre ces droits, l’autorité publique a laissé une société nationale gérer seule la transaction.

L’analyse de la situation éclaire un vide réglementaire criant. Le ministère n’avait pas signé l’arrêté d’encadrement avant le départ de son prédécesseur, puis n’a pas exercé de surveillance effective lors de la décision du directeur général de la société publique. Le résultat ressemble à une porte laissée ouverte à des décisions discrétionnaires : d’un côté l’État qui aurait dû faire valoir ses créances, de l’autre une entreprise qui, par l’opération, s’est retrouvée dispensée de payer. Le silence du ministère et l’absence d’un mécanisme de contrôle indépendant ont rendu possible une perte financière d’ampleur.

Les arguments se superposent sans se contredire. D’abord, le droit administratif impose des garde-fous lorsque des intérêts publics sont en jeu ; l’absence d’un arrêté montre un lâchage institutionnel. Ensuite, confier à une seule direction générale la négociation d’une renonciation sans contreseing ou audit antérieur revient à céder la main sur l’argent public. Enfin, l’impact économique ne se réduit pas à la somme perdue : la confiance des investisseurs et la vigilance citoyenne sont atteintes lorsque des choix stratégiques échappent à toute transparence. La scène ressemble à un navire sans gouvernail et à un coffre resté déverrouillé pendant la nuit : la vulnérabilité devient réalité.

Sur le plan pratique, la situation réclame une clarification rigoureuse des responsabilités et des procédures. Le ministère de tutelle devait encadrer la société publique, imposer des audits préalables et conditionner toute renonciation à des compensations ou à des pénalités inscrites dans les textes exécutoires. Le fait que cela n’ait pas été fait révèle soit une incapacité à agir, soit une complaisance institutionnelle, les deux étant inacceptables pour la gestion d’actifs nationaux.

L’éditorialiste conclut avec fermeté que cette affaire ne doit pas être une simple anecdote politique. L’État qui laisse filer des dizaines de milliards sans recours formel signe son propre affaiblissement. Les citoyens attendent davantage que des explications : ils attendent des institutions qui protègent le patrimoine national et qui ne délèguent pas, sans contrôle, des décisions aux acteurs qu’elles sont censées superviser. Le temps n’est plus aux demi-mesures administratives mais à la remise en ordre des pouvoirs de tutelle et des procédures de contrôle.

Article opinion écrit par la créatrice de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 19/09/2026

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