Sébikotane et Khodoba : La faille sécuritaire qui a tout permis - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Société | Par Maimouna | Publié le 23/09/2026 09:09:00

Sébikotane et Khodoba : La faille sécuritaire qui a tout permis

L’attaque visant les installations de Sébikotane et de Khodoba n’est pas un simple acte de vandalisme isolé, c’est la photographie d’une négligence organisée.

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Suite de l’article : La coupure d’électricité et les dégâts causés aux équipements auraient dû rester des scénarios improbables si la sécurisation des sites avait été prise au sérieux. La direction doit être tenue responsable de l’absence de mesures préventives efficaces et de la fragilité manifeste du dispositif de protection des infrastructures vitales.

Les faits sont clairs et inquiétants : des individus ont pu accéder à des composants essentiels du réseau et les endommager sans rencontrer d’obstacles dignes de ce nom. Les équipes techniques ont travaillé pour rétablir le service, mais la réparation n’efface pas la défaillance initiale. Quand un poste électrique stratégique ressemble à un accès libre, la question n’est plus uniquement policière, elle est managériale et politique. Les installations stratégiques exigent une protection comparable à celle d’une chambre forte, sinon elles deviennent des cibles faciles. Le parallèle avec la sécurité aéroportuaire est instructif : là où des protocoles stricts et des contrôles réguliers existent, le risque d’intrusion baisse. Ici, l’absence de dispositifs préventifs efficaces a transformé des infrastructures critiques en proies.

La responsabilité de la direction se décline en plusieurs manques flagrants. D’abord, l’évaluation des risques n’a visiblement pas conduit à la mise en place de barrières physiques, de systèmes de détection ou de surveillance vidéo adaptés. Ensuite, la coordination avec les forces de sécurité locales a été insuffisante si l’on en juge par la facilité d’accès des auteurs. Enfin, la politique de maintenance des sites semble prioriser la réparation après incident plutôt que la prévention. Cette succession d’erreurs renvoie à une culture organisationnelle qui tolère la vulnérabilité comme coût acceptable.

Pour convaincre, il suffit d’observer les conséquences : perturbations pour des centaines d’usagers, coûts de réparation qui pèsent sur les finances publiques, et surtout la perte de confiance des citoyens envers l’entité chargée de fournir un service essentiel. Des investissements modestes en vidéosurveillance, en clôtures renforcées et en patrouilles régulières auraient probablement empêché l’attaque ou limité ses effets. La question des sanctions est secondaire si l’on ne corrige pas d’abord le système de prévention. Tenir la direction pour seule responsable ne suffira pas sans un plan concret et public de renforcement.

L’événement oblige à repenser la gouvernance de ces sites. La direction doit rendre des comptes publiquement sur les mesures de sécurité antérieures, sur les audits réalisés et sur le calendrier des améliorations. Les responsables doivent exposer les budgets alloués à la protection, expliquer les choix techniques et engager des mesures transparentes. Le silence ou la langue de bois porterait la marque d’une institution qui a accepté la vulnérabilité. Une communication claire, suivie d’actes concrets, serait le minimum demandé par une population qui ne peut plus tolérer des coupures évitables.

La colère publique est compréhensible. La direction porte une part majeure de responsabilité dans cette déroute sécuritaire et doit apporter des réponses précises et vérifiables. Tant que la prévention restera une option secondaire, les infrastructures continueront d’être des cibles faciles, et les promesses de réparation après coup resteront des palliatifs insuffisants.

Article opinion écrit par la créatrice de contenu : Mounass N.
Mis en ligne : 23/09/2026

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