Arrestation d'un promoteur à Dakar : Le scandale foncier - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Fait divers | Par Maimouna | Publié le 28/09/2026 02:09:30

Arrestation d'un promoteur à Dakar : Le scandale foncier

M. N. Niang, directeur général de la société Dekmann Immobiliers, a été arrêté par la Division des investigations criminelles à Dakar après cinq plaintes pour escroquerie portant sur du foncier.

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Suite de l’article : Il est soupçonné d’avoir, entre 2019 et 2022, cédé plusieurs parcelles situées sur la voie de dégagement nord sans détention des titres de propriété. Certains terrains faisaient l’objet d’une prénotation en faveur d’un autre promoteur et d’autres étaient frappés d’une servitude aéroportuaire les rendant inconstructibles.

Les victimes réclamaient des remboursements allant de 30 à 88,6 millions de F CFA chacune; le mis en cause a restitué une partie des sommes et a été déféré mardi au parquet de Dakar. Ce dossier prend une résonance plus large que le simple litige commercial, car il révèle des dysfonctionnements structurels dans la gestion des titres fonciers et dans le contrôle administratif des transactions immobilières.

L’enquête montre plusieurs mécanismes exploitables par des opérateurs sans titre. La commercialisation de parcelles sans titre opposable crée des situations de double revendication lorsque une prénotation existe au profit d’un tiers, et elle empêche la délivrance de permis de construire quand une servitude technique interdit l’usage du sol. Le cumul de ces situations rend les actes juridiquement irréguliers et expose les acquéreurs à des pertes financières substantielles lorsqu’aucune vérification formelle préalable n’est effectuée.

La tenue des fichiers fonciers et la traçabilité des titres apparaissent au cœur du problème: l’absence d’un registre centralisé, accessible et fiable facilite la négociation de parcelles dont le statut juridique est incertain. Les contrôles administratifs en amont des ventes semblent lacunaires quand la partie vendedora ne produit pas de titre clair ou quand les services ne disposent pas d’outils pour croiser rapidement les informations cadastrales, urbanistiques et aéronautiques. Dans ce dossier, la coexistence d’une prénotation et d’une servitude aéroportuaire aurait dû déclencher des alertes techniques et juridiques avant toute commercialisation.

Les conséquences sont documentées: montants importants perçus par le promoteur, remboursement partiel, procédure judiciaire engagée par les plaignants. Les manœuvres dilatoires signalées par les victimes traduisent aussi des stratégies de temporisation qui compliquent l’indemnisation et la reconstitution des preuves. Une comparaison peut être faite avec les marchés où l’absence d’information consolidée favorise les fraudes, et une seconde comparaison met en lumière l’efficacité constatée là où des registres numérisés réduisent les zones d’ombre sur la propriété.

Des éléments concrets renforcent la lecture de ce dossier comme symptôme systémique. La prénotation au profit d’un autre promoteur signifie qu’un acte de réservation ou de réservation prioritaire existait déjà au moment des cessions alléguées. La servitude aéroportuaire indique que certains terrains ne remplissaient pas les conditions de constructibilité, information qui relève normalement d’une consultation simple des règles d’urbanisme et des servitudes publiques. Ces constats montrent que des vérifications élémentaires n’ont pas été faites avant la signature des compromis ou la perception des acomptes.

L’arrestation et le renvoi au parquet matérialisent la dimension pénale du dossier, mais elles ne remplacent pas la nécessité d’un contrôle administratif renforcé et d’une meilleure tenue des registres fonciers. Les faits exposés ici constituent des indices sérieux d’une chaîne de défaillances: de la documentation inexistante ou incomplète jusqu’à des formalités de vérification insuffisantes, en passant par des délais juridiques qui profitent aux vendeurs indélicats. Au terme de l’affaire, le chantier sera autant judiciaire qu’administratif, pour limiter le risque que des vendeurs sans titres puissent continuer à opérer impunément.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Daouda F.
Mis en ligne : 28/09/2026

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