« Les pires des pires » : 27 Sénégalais dans le viseur des États-Unis - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Société | Par Maimouna | Publié le 04/10/2026 09:10:00

« Les pires des pires » : 27 Sénégalais dans le viseur des États-Unis

Le Département de la Sécurité intérieure des États‑Unis (DHS) a procédé récemment à une mise à jour de sa base de données baptisée « Les pires des pires », ajoutant 5 000 noms et portant le registre à plus de 40 000 personnes visées par des procédures d’expulsion.

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Suite de l’article : Cinq nouveaux ressortissants sénégalais figurent parmi ces ajouts, ce qui porte à 27 le nombre de Sénégalais inscrits sur ce fichier. Les personnes concernées sont accusées d’infractions graves et font l’objet d’ordres d’expulsion.

Washington a prévu, en cas de refus de réadmission par le Sénégal ou d’autres États d’origine, le transfert de certaines personnes vers des pays tiers partenaires. Des accords d’accueil existent déjà avec des États de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest, tels que la Sierra Leone, le Liberia et le Ghana.

La mise à jour massive du fichier montre l’ampleur administrative et opérationnelle engagée par le DHS: 5 000 ajouts en une seule opération et un total supérieur à 40 000 inscrits constituent des volumes rares pour une base de données de contrôles migratoires. Le registre vise des étrangers en situation irrégulière placés sous le coup de procédures pénales et d’ordres d’éloignement. Face à des refus de réadmission, l’option de recours à des pays tiers sert de solution rapide pour exécuter des expulsions sans obtenir l’accord du pays de nationalité.

Ce mécanisme soulève plusieurs questions factuelles et opérationnelles. Premièrement, le transfert vers un État tiers peut limiter l’accès consulaire du pays d’origine à ses ressortissants, puisque la prise en charge matérielle et juridique est transférée à un autre État. Deuxièmement, la qualité des conditions de détention et la capacité d’accueil varient fortement d’un pays à l’autre en Afrique de l’Ouest, ce qui expose des personnes à des environnements administratifs ou carcéraux dont la surveillance internationale est parfois limitée. Troisièmement, la responsabilité diplomatique devient floue: lorsque l’État d’origine refuse la réadmission, la charge du retour est externalisée, et les recours juridiques des personnes expulsées peuvent être plus difficiles à exercer.

En comparant cette pratique au procédé classique de réadmission bilatérale, on observe un basculement vers des solutions contractuelles multilatérales qui favorisent l’exécution rapide des mesures d’éloignement. En comparaison avec d’autres régions où des États recourent à des réinstallations ou à des accords d’accueil temporaires pour gérer des flux indésirables, la trajectoire américaine vers des accords avec des pays tiers en Afrique de l’Ouest suit une logique similaire d’externalisation opérationnelle.

Des éléments factuels renforcent ces enjeux: la présence de 27 Sénégalais sur le registre et la nature des accusations portées contre les personnes inscrites — violences sexuelles sur mineurs, viols, enlèvements, cambriolages, diffusion de pornographie infantile, vols et trafics de stupéfiants — montrent la gravité des dossiers, mais pas la certitude des condamnations. La procédure d’expulsion pour chaque individu implique des étapes judiciaires et administratives distinctes, et le recours à un pays tiers ne remplace pas ces garanties procédurales.

La pratique décrite interroge donc la chaîne de responsabilité entre États et la protection effective des personnes visées. Le recours systématique à des accords d’accueil extérieurs peut réduire la marge de manœuvre diplomatique du pays d’origine, compliquer l’accès à une assistance consulaire régulière et accroître le risque d’une prise en charge déficiente. À la lumière des chiffres et des mécanismes administratifs rendus publics par le DHS, la stratégie d’utilisation de pays tiers apparaît comme une modalité coercitive de gestion des expulsions, susceptible de créer des situations de vulnérabilité supplémentaires pour les personnes concernées.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Mansour S.
Mis en ligne : 04/10/2026

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