Sénégal : Face aux eaux, la politique doit céder sa place - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Politique | Par Maimouna | Publié le 07/10/2026 12:10:30

Sénégal : Face aux eaux, la politique doit céder sa place

Il y a des moments où la politique devrait se taire. Des moments où les discours, les querelles partisanes et les calculs politiques devraient céder la place à une seule urgence : sauver des vies.

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Suite de l’article : Le Sénégal vient de vivre un week-end particulièrement éprouvant, marqué par de fortes pluies, des inondations, d’importants dégâts matériels et, surtout, des pertes en vies humaines. Face à une telle tragédie, une question s’impose : avons-nous réellement appris quelque chose des catastrophes précédentes ?

Le FDR a présenté ses condoléances aux familles endeuillées et exprimé sa solidarité avec les populations sinistrées. Le parti appelle également le président de la République et son gouvernement à agir rapidement pour secourir les victimes et faire face à l’urgence. Sur ce point, difficile de ne pas être d’accord. Quand des quartiers sont envahis par les eaux, que des familles perdent leurs biens et que des vies sont emportées, la priorité ne peut être ailleurs.

C’est précisément là que le malaise devient profond. Comment peut-on encore donner l’impression que l’agenda d’un parti politique peut passer avant les préoccupations immédiates des citoyens ? Les Sénégalais confrontés aux eaux n’attendent pas des slogans politiques. Ils attendent des secours, des pompes, des routes praticables, des logements sécurisés et surtout une réponse rapide de l’État.

Cette situation devrait également nous pousser à regarder au-delà de nos frontières. Dans plusieurs pays confrontés à des catastrophes naturelles, les gouvernements ont parfois été contraints de mettre entre parenthèses leurs querelles politiques pour concentrer leurs moyens sur les populations. Lorsqu’une catastrophe frappe, le calendrier politique devient secondaire. La priorité absolue devient la protection des citoyens et la reconstruction.

Au Sénégal, pourtant, les mêmes scènes semblent se répéter à chaque hivernage : quartiers sous les eaux, maisons envahies, routes impraticables, populations déplacées et promesses de solutions durables. Puis, lorsque les eaux se retirent, l’urgence disparaît progressivement des écrans et des discours. Jusqu’à la prochaine pluie.

Il faut arrêter cette logique. Les inondations ne sont plus un simple phénomène saisonnier que l’on découvre chaque année avec étonnement. Elles sont devenues un problème structurel qui exige de l’anticipation, des infrastructures adaptées, une véritable politique d’aménagement du territoire et surtout une continuité de l’action publique.

Le coup de gueule est donc nécessaire : quand des Sénégalais meurent sous les eaux, il est indécent de perdre du temps dans des batailles politiques secondaires. Gouverner, ce n’est pas seulement parler de projets et de transformation du pays. C’est aussi être présent lorsque les citoyens sont en danger.

Ces pluies doivent donc servir d’électrochoc. Il est temps de remettre les priorités dans le bon ordre. Sauver des vies d’abord. Secourir les sinistrés ensuite. Prévenir les prochaines catastrophes enfin. La politique pourra toujours reprendre sa place. Mais pour les familles qui viennent de perdre un proche, il est déjà trop tard.

Article opinion écrit par la créatrice de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 07/10/2026

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