Il y a de quoi pousser un coup de gueule. Alors que le football est présenté comme un sport universel, capable de faire rêver des millions de personnes, les révélations sur les revenus supplémentaires attribués à Gianni Infantino soulèvent une question fondamentale : qui contrôle réellement ceux qui dirigent le football mondial ?
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Suite de l’article : Selon le quotidien britannique The Times, le président de la FIFA aurait bénéficié de versements supplémentaires de 1,76 million de dollars en 2024 par l’intermédiaire de FWC2026 US Inc., une société liée à la préparation de la Coupe du monde 2026. Ces sommes s’ajouteraient à une rémunération annuelle déjà considérable. À ce stade, ces révélations appellent des explications, mais ne prouvent pas, à elles seules, une quelconque infraction.
Le problème n’est donc pas simplement de savoir combien gagne Gianni Infantino. Après tout, les responsabilités internationales peuvent justifier des rémunérations élevées. Le véritable problème est de comprendre pourquoi des paiements supplémentaires suscitent des interrogations sur leur présentation publique et leur conformité aux règles de transparence de la FIFA. Quand une organisation impose des exigences de gouvernance à ses membres, elle doit commencer par appliquer ces principes à ses propres dirigeants.
Comment demander des comptes aux autres si l’on ne fournit pas soi-même toutes les explications nécessaires ?
Cette affaire rappelle les scandales qui ont longtemps fragilisé la FIFA, notamment celui de 2015, lorsque plusieurs responsables du football mondial ont été éclaboussés par des enquêtes pour corruption. Les accusations de cette époque ne sont pas identiques aux interrogations actuelles sur la rémunération d’Infantino. Toutefois, elles ont laissé une leçon essentielle : sans contrôle indépendant et sans transparence réelle, la confiance dans les institutions sportives peut rapidement s’effondrer.
Le parallèle peut également être établi avec certaines fédérations sportives africaines, régulièrement confrontées à des demandes de clarification sur la gestion de leurs ressources. Les contextes sont différents, mais l’exigence reste la même : l’argent destiné au développement du sport doit être géré avec rigueur, et les responsables doivent pouvoir justifier leurs décisions devant les instances compétentes.
Au Sénégal comme ailleurs en Afrique, les passionnés de football ne s’intéressent pas uniquement aux salaires des dirigeants. Ils veulent savoir si les ressources du football profitent réellement aux clubs, aux centres de formation, aux jeunes talents et aux infrastructures. Lorsque les rémunérations au sommet atteignent des montants vertigineux, tandis que de nombreuses structures locales peinent à fonctionner, le contraste nourrit légitimement le débat sur les priorités du système.
Certes, le salaire d’un président de la FIFA ne peut pas être directement comparé aux budgets des petites fédérations. Mais cette différence ne dispense personne de rendre des comptes. Plus les responsabilités sont importantes, plus les exigences de transparence devraient être élevées.
Les interrogations sur le train de vie d’Infantino, notamment les informations concernant une résidence de luxe à Miami et un appartement évalué à 8,6 millions de dollars, renforcent le besoin de clarifications. Ces éléments ne démontrent aucune irrégularité en eux-mêmes, mais ils rendent indispensable une distinction claire entre revenus personnels, avantages professionnels et dépenses institutionnelles.
À l’approche de l’élection présidentielle de la FIFA prévue en mars 2027, Gianni Infantino doit comprendre qu’un nouveau mandat ne se gagnera pas uniquement grâce à ses soutiens. Il devra aussi convaincre ceux qui réclament des garanties sur la gouvernance de l’organisation.
Le football appartient aux joueurs, aux supporters et à tous ceux qui le font vivre. Ses dirigeants n’en sont que les gestionnaires temporaires. Si les versements rapportés par The Times sont conformes aux règles, que la FIFA publie les explications nécessaires. S’ils révèlent des manquements, que les mécanismes de contrôle fonctionnent.
Le football mondial n’a pas besoin de nouvelles zones d’ombre. Il a besoin de règles claires, de contrôles crédibles et de dirigeants capables de démontrer que la transparence n’est pas un slogan, mais une obligation.
Article opinion écrit par la créatrice de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 16/10/2026
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