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Le budget social, présenté comme une panacée pour résoudre les maux de la société sénégalaise, semble pourtant se heurter à une réalité implacable : sans un suivi rigoureux, il risque de ne rester qu’une promesse vide. En effet, la Ministre Maïmouna Dièye a récemment affirmé que ce budget est « le test de notre courage politique », mais il est légitime de se demander si ce courage sera suffisant pour transformer des chiffres en actions concrètes. L’enthousiasme affiché face à cette initiative cache une inquiétude profonde : celle d’une société qui, malgré des déclarations ambitieuses, continue de plonger dans la précarité.
Le Sénégal, à l’aube de 2026, se trouve à un carrefour critique. Les inégalités sociales se creusent, et les attentes des citoyens, notamment des plus vulnérables, sont en constante augmentation. Dans ce contexte, le budget social est censé être le reflet d’un engagement fort envers les familles, les enfants et les personnes âgées. Pourtant, derrière cette façade d’engagement se cache une réalité préoccupante : ce budget pourrait bien n’être qu’un exercice de communication, une tentative de masquer les failles d’un système en déroute.
La déclaration de la ministre, qui fait du budget social un enjeu majeur, soulève des questions fondamentales. En insistant sur le fait que « nous ne parlons pas de chiffres, nous parlons de familles », elle touche une corde sensible. Cependant, cette approche émotionnelle ne doit pas faire oublier les manquements structurels qui gangrènent le système. En effet, le budget social, aussi ambitieux soit-il sur le papier, n’est qu’un assemblage de promesses sans garanties de mise en œuvre. Les familles vulnérables, qui devraient bénéficier de ces mesures, risquent de rester sur le bord du chemin, comme tant d’autres initiatives passées.
D’un point de vue pratique, l’absence de suivi et d’évaluation des politiques sociales est un problème récurrent au Sénégal. Les budgets précédents, souvent présentés avec beaucoup de fanfare, ont montré leur incapacité à répondre aux besoins réels des populations. Par exemple, des millions ont été alloués à des programmes d’aide qui, faute de contrôle, n’ont pas atteint leurs objectifs. La promesse d’une « gouvernance fondée sur la transparence » reste un vœu pieux tant que des mécanismes de suivi ne sont pas mis en place.
L’analogie avec d’autres pays en développement est frappante. Prenons l’exemple du Ghana, qui, malgré des budgets sociaux ambitieux, a dû faire face à des critiques similaires lorsque les résultats ne se sont pas matérialisés. Le risque est que le Sénégal emprunte le même chemin, où les budgets deviennent des instruments de communication plutôt que des leviers de changement.
Le budget social est présenté comme la solution miracle pour éradiquer la pauvreté et améliorer les conditions de vie des plus démunis. Pourtant, sans un suivi concret, il risque de rester lettre morte. Les promesses d’actions qui « transforment des vies » peuvent rapidement se transformer en slogans vides. La lutte contre la précarité nécessite plus qu’une simple allocation budgétaire ; elle requiert une volonté politique réelle, des actions mesurables et un engagement à long terme. La ministre a raison de souligner que « le social n’a plus besoin de compassion, il a besoin d’action », mais cette action doit être accompagnée d’un cadre rigoureux pour garantir son efficacité.
Pour illustrer cette nécessité, on peut se pencher sur les données récentes de l’Institut National de la Statistique qui montrent une augmentation alarmante du taux de pauvreté, atteignant près de 40 % dans certaines régions. Ces chiffres démontrent que les promesses budgétaires, sans action tangible, ne suffisent pas à inverser la tendance. Le Sénégal doit se doter d’outils d’évaluation précis pour mesurer l’impact réel de ces budgets sur la vie des citoyens.
Le budget social, bien qu’il soit présenté comme un pas en avant vers un Sénégal plus solidaire, risque de ne pas tenir ses promesses sans un suivi rigoureux et des actions concrètes. La vulnérabilité des familles ne peut pas être traitée comme une simple rubrique comptable. La réalité est que, sans engagement véritable et suivi, ce budget pourrait bien ne rester qu’une belle déclaration d’intention, éloignée des besoins pressants des populations. Le défi est immense, et la société sénégalaise mérite bien plus que des mots.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Moussa Diop.
Mis en ligne : 09/01/2026
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