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La médiation pénale, présentée comme un outil salvateur dans la lutte contre la corruption, ressemble davantage à un écran de fumée destiné à dissimuler l’inefficacité des autorités. Dans un contexte où la justice peine à faire face à l’ampleur des détournements de fonds, on peut légitimement s’interroger sur l’authenticité des efforts déployés. La promesse d’une restitution discrète des avoirs publics par des dignitaires de l’ancien régime pose question et suscite des doutes sur la véritable volonté de rétablir l’intégrité des finances publiques.
La corruption, fléau endémique, a gangrené les institutions sous l’ancien pouvoir, laissant derrière elle un héritage de malversations. Les autorités actuelles, sous la houlette du Pool judiciaire financier (PJF), se sont engagées à récupérer ces fonds détournés. Pourtant, la médiation pénale, censée faciliter ce processus, soulève des interrogations. Est-elle un véritable levier pour la justice ou un moyen subtil de masquer l’inefficacité des procédures judiciaires ?
L’ancien ministre-conseiller Arona Coumba Ndoffène Diouf a récemment évoqué la restitution d’argent par certains dignitaires de l’ancien régime, tout en soulignant que ces opérations se déroulent « en dehors des radars ». Ce constat soulève une question cruciale : pourquoi cette discrétion ? Si la justice est réellement en action, pourquoi ne pas la rendre plus transparente ? Les procédures menées dans l’ombre semblent indiquer une volonté de ne pas déranger l’ordre établi, laissant les citoyens dans l’incertitude quant à la véritable portée de ces actions.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Les sommes récupérées grâce à la médiation pénale restent dérisoires par rapport aux milliards détournés. Cette approche pourrait être perçue comme une tentative de minimiser l’ampleur du problème, en offrant une illusion de progrès sans véritable changement. Comparons cela à un pompier qui, plutôt que d’éteindre un incendie, se contente de vaporiser un peu d’eau sur les flammes, croyant ainsi avoir accompli sa mission.
De plus, la confiance du public envers la justice s’effrite lorsque les décisions semblent être prises dans l’opacité. Arona Coumba Ndoffène Diouf, en louant le travail des juges, semble ignorer que l’adhésion du peuple à l’institution judiciaire dépend de sa capacité à agir de manière visible et responsable. La justice ne peut se contenter d’un discours élogieux si elle ne s’accompagne pas d’actions concrètes et transparentes.
La médiation pénale apparaît comme une façade, dissimulant l’inefficacité des autorités dans la lutte contre la corruption. Au lieu de s’attaquer aux racines du mal, on préfère jouer la carte de la discrétion, évitant ainsi de heurter les intérêts de ceux qui ont profité du système. Cette stratégie ne fait que renforcer le sentiment d’impunité qui règne parmi les élites, laissant les citoyens perplexes face à une justice qui semble plus soucieuse de préserver l’ordre que de rendre des comptes.
Des études montrent que dans de nombreux pays, les systèmes de médiation pénale, lorsqu’ils sont mal encadrés, peuvent mener à des arrangements douteux. En France, par exemple, des cas de corruption ont été étouffés par des accords discrets entre les autorités et les coupables. Il est donc légitime de s’interroger sur la façon dont la médiation pénale est mise en œuvre ici. Les chiffres de la corruption restent alarmants, et les efforts de récupération des fonds détournés semblent insuffisants pour restaurer la confiance du public.
La médiation pénale, loin d’être une solution miracle, illustre les limites d’un système judiciaire en proie à des luttes internes et à une absence de transparence. La lutte contre la corruption nécessite plus qu’un simple vernis d’efficacité ; elle demande une volonté réelle de réformer en profondeur les pratiques et d’impliquer la société civile dans le processus. En somme, tant que la justice continuera à opérer dans l’ombre, les promesses de restitution ne seront rien d’autre que des mots vides, et la lutte contre la corruption restera une bataille perdue d’avance.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Tapha Diagne.
Mis en ligne : 09/01/2026
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