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L’Algérie a récemment fait parler d’elle en adoptant une loi qui qualifie la colonisation française de « crime d’État ». Ce vote, qui a eu lieu le 24 décembre, est présenté par les députés comme un acte de souveraineté. Mais derrière cette belle façade se cache peut-être une tentative de détourner l’attention des problèmes internes pressants que traverse le pays. Après tout, il est plus facile de discuter du passé que de s’attaquer aux défis économiques et sociaux actuels, non ?
La colonisation française de l’Algérie, qui s’est étendue de 1830 à 1962, reste un sujet sensible. En 2021, Emmanuel Macron a reconnu que cette période était un « crime contre l’humanité », mais sans aller jusqu’à présenter des excuses officielles. Le parlement algérien, quant à lui, a décidé de prendre les choses en main en adoptant cette loi qui réclame des excuses de la France et criminalise les actes commis durant la colonisation. Ce n’est pas la première fois qu’un tel projet est proposé ; c’est même la troisième depuis 2001. On pourrait se demander si le timing de cette loi n’est pas un peu trop opportuniste, surtout dans un contexte où l’Algérie fait face à des problèmes économiques croissants.
En examinant le texte de loi, on constate qu’il réclame des « excuses officielles » de la France et envisage des mesures telles que l’indemnisation des victimes et la restitution des archives. Les députés ont même pris soin de mentionner les tortures, les pillages et les exécutions, des actes qui, sans aucun doute, ont marqué l’histoire algérienne. Cependant, à quel point cette loi répond-elle aux préoccupations actuelles des Algériens ? Alors que le pays fait face à des défis tels que le chômage élevé et la corruption, cette loi pourrait être perçue comme une diversion. En effet, il est plus facile de se concentrer sur les injustices du passé que de s’attaquer aux réalités du présent.
Les partisans de la loi affirment qu’elle est un « acte de fidélité à l’histoire nationale ». Mais, en réalité, cela pourrait être interprété comme une manière de détourner l’attention des problèmes internes. Par exemple, le taux de chômage en Algérie est officiellement estimé à 11,7 % en 2022, mais certains analystes suggèrent que ce chiffre pourrait être bien plus élevé. De plus, la situation économique du pays est marquée par une inflation galopante et une dépendance excessive aux exportations de pétrole et de gaz. En d’autres termes, alors que les députés chantent l’hymne national, la population pourrait se demander quand elle pourra chanter à nouveau des chansons de prospérité et de bien-être.
Cette loi, bien qu’elle puisse sembler symboliquement forte, soulève des questions sur sa véritable efficacité. Les excuses officielles de la France sont demandées comme un préalable à une « réconciliation mémorielle », mais en attendant, les Algériens continuent de faire face à des défis quotidiens. La loi pourrait bien être un moyen de gagner du temps et de détourner l’attention des véritables enjeux qui touchent le pays. En effet, le porte-parole du ministre des Affaires étrangères français a choisi de ne pas commenter ce qui se passe en Algérie, soulignant ainsi l’isolement dans lequel cette loi pourrait enfermer le pays.
Pour enrichir cette discussion, il serait intéressant de noter que des études montrent que la mémoire collective peut jouer un rôle crucial dans la construction de l’identité nationale. Cependant, si cette loi est perçue comme une tentative de masquer des problèmes internes, elle pourrait bien avoir l’effet inverse, en exacerbant les tensions sociales. En outre, des chiffres récents indiquent que le taux de pauvreté en Algérie est d’environ 25 %, ce qui rend difficile la réconciliation entre un passé douloureux et un présent incertain.
En somme, l’adoption de cette loi sur la criminalisation de la colonisation française pourrait être vue comme un symbole fort, mais elle soulève des interrogations sur son impact réel sur la société algérienne. Alors que le pays fait face à des défis économiques et sociaux pressants, il semble que le débat sur le passé soit une manière de détourner l’attention des véritables enjeux. Les Algériens, tout en entonnant l’hymne national, pourraient se demander si ce chant résonne vraiment avec leurs préoccupations quotidiennes.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Karim N.
Mis en ligne : 10/01/2026
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