Lutte sénégalaise : Une nouvelle fédération, mais des vieilles rivalités - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Sport | Par Maimouna | Publié le 10/01/2026 11:01:00

Lutte sénégalaise : Une nouvelle fédération, mais des vieilles rivalités

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Une assemblée générale élective s’est tenue au stade Léopold Sédar Senghor à Dakar, aboutissant à la mise en place de la nouvelle Fédération sénégalaise de lutte (FSL). Cette rencontre s’inscrivait dans un contexte de transition marqué par la fin du Comité national de gestion de la lutte (CNGL). Au total, la Commission électorale avait validé 96 candidatures pour 27 postes, dont 11 pour la présidence, témoignant de l’intérêt suscité par la gouvernance de ce sport emblématique.

La lutte sénégalaise, discipline profondément ancrée dans la culture nationale, demeure un puissant vecteur d’identité et de fierté. La création de la FSL constitue une étape majeure dans la structuration de ce sport, avec l’ambition affichée d’améliorer son organisation et sa gestion. La diversité des candidats, issus de différentes associations et écuries, a confirmé l’importance accordée à cette élection pour l’avenir de la lutte au Sénégal.

La mise en place de la FSL a été perçue comme une opportunité de renouveau pour la lutte sénégalaise. La présence de 11 candidats à la présidence, dont Mamadou Bèye et Mamadou Diakhaté, a donné lieu à une compétition intense. Toutefois, au-delà de cette pluralité de choix, des interrogations demeurent quant à la capacité de la nouvelle fédération à relever les défis structurels et organisationnels du sport. Les postes de vice-présidence, notamment ceux dédiés à la lutte traditionnelle et à la lutte olympique, ont également suscité un vif engouement, enrichissant les débats sur les orientations futures de la discipline.

La FSL est désormais attendue sur le terrain de la gouvernance. Le nombre élevé de candidatures pour des postes stratégiques, tels que la vice-présidence de la lutte traditionnelle avec frappe (trois candidats) et la vice-présidence de la lutte olympique (sept candidats), traduit une volonté d’instaurer une gestion plus dynamique. En revanche, la présence d’un seul candidat au poste de trésorier général a soulevé des questionnements sur la diversité des approches en matière de gestion financière.

Si la promesse d’une nouvelle fédération est bien réelle, les défis restent nombreux. La forte concurrence observée lors de l’élection présidentielle peut être interprétée comme un désir de changement, mais elle comporte également le risque de divisions au sein de la communauté de la lutte. Les attentes sont élevées, et la capacité des nouveaux dirigeants à travailler dans l’unité sera déterminante. Les exemples de fédérations sportives fragilisées par des luttes internes rappellent l’importance d’une cohésion durable.

Les analyses sur la gestion des fédérations sportives en Afrique soulignent que la réussite repose largement sur l’instauration d’une gouvernance transparente et inclusive. La FSL est ainsi appelée à aller au-delà de l’amélioration de la compétition sportive, en mettant en place des mécanismes favorisant la participation de l’ensemble des acteurs. La popularité de la lutte au Sénégal, qui rassemble des millions de téléspectateurs lors des grands combats, renforce l’enjeu de cette démarche.

La création de la Fédération sénégalaise de lutte marque donc un tournant potentiel pour ce sport au Sénégal. Si les perspectives ouvertes par cette nouvelle structure suscitent de l’espoir, la vigilance reste de mise face aux défis organisationnels à venir. La réussite de la FSL dépendra de la capacité de ses dirigeants à évoluer dans un environnement complexe et à fédérer toutes les parties prenantes autour d’une vision commune. Les enjeux sont considérables, et l’avenir de la lutte sénégalaise pourrait en être profondément influencé.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Mbaye Diop.
Mis en ligne : 10/01/2026

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