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À Mogadiscio, la capitale somalienne, les électeurs se sont rendus aux urnes pour des élections locales, marquant la première fois depuis près de 60 ans qu’un scrutin se déroule au suffrage direct. Bien que certains habitants expriment leur enthousiasme, cette élection soulève des interrogations quant à son impact réel sur la situation politique chaotique du pays. Les défis structurels et sécuritaires persistent, laissant planer un doute sur la portée de cette initiative démocratique.
Les élections de Mogadiscio, supervisées par la Commission nationale indépendante pour les élections et les circonscriptions électorales, ont vu la participation de 20 partis politiques. La région de Banadir, qui englobe la capitale, compte plus de 900 000 électeurs inscrits. Cependant, le scrutin ne permet pas l’élection du maire de la ville, un poste crucial dont le statut constitutionnel reste flou. Depuis 2016, les promesses de réintroduire des élections au suffrage universel se heurtent à l’insécurité persistante et aux tensions politiques internes.
L’enthousiasme des électeurs, comme l’illustre le témoignage de Farhiyo Mohamed, qui exprime sa joie de participer à ces élections, semble en décalage avec la réalité politique. Bien que la tenue d’élections soit souvent perçue comme un pas vers la démocratie, les critiques soulignent que le système actuel reste profondément ancré dans une logique de partage du pouvoir basé sur les clans. Abdulkadir Mohamud, un activiste, évoque une « occasion manquée », notant que la population n’a pas été suffisamment impliquée dans le processus électoral.
Les élections, bien qu’historiques, ne changent pas fondamentalement la dynamique politique. La récurrence des violences, notamment des attaques du groupe al-Shabab, continue de miner la stabilité et la confiance des citoyens dans les institutions. Les analystes s’accordent à dire que cette élection ne représente qu’une tentative superficielle de s’éloigner d’un système qui a échoué à offrir une représentation véritable et efficace aux Somaliens.
Les défis auxquels la Somalie fait face sont multiples. Le manque de sécurité, exacerbé par les attaques fréquentes d’al-Shabab, crée un climat de peur qui entrave la participation civique. De plus, les élections n’ont pas été précédées d’un recensement adéquat ni d’une consultation suffisante des acteurs politiques et de la société civile. Les promesses de réformes électorales n’ont pas été tenues, et la population reste en grande partie dans l’ignorance des enjeux réels de cette élection.
Il est également pertinent de comparer cette situation avec d’autres pays ayant traversé des transitions démocratiques. Dans des contextes similaires, comme celui du Liban ou de la Libye, des élections ont également été organisées sans que celles-ci ne mènent à une véritable stabilité ou à une amélioration des conditions de vie des citoyens.
L’enthousiasme affiché par certains électeurs semble donc illusoire face à une réalité politique marquée par l’instabilité et l’absence de réformes structurelles. Les élections de Mogadiscio, bien qu’elles soient un événement marquant, ne changent pas le fait que les mécanismes de pouvoir restent largement dominés par des intérêts claniques. Les espoirs d’une démocratie véritable se heurtent à des obstacles qui semblent insurmontables dans le court terme.
Des études montrent que, malgré des avancées dans la tenue d’élections, les résultats tangibles sur la gouvernance et la sécurité sont limités. Selon des rapports de diverses ONG, la majorité des Somaliens continuent de vivre dans des conditions précaires, et la méfiance envers le gouvernement persiste. La communauté internationale, bien qu’impliquée dans le processus électoral, doit également faire face à des critiques concernant son soutien à un système qui peine à répondre aux besoins fondamentaux des citoyens.
Les élections à Mogadiscio, bien que symboliques, ne suffisent pas à masquer les profondes fractures qui traversent la société somalienne. L’enthousiasme des électeurs, bien que palpable, ne peut dissimuler le fait que cette élection ne représente qu’une façade face à une réalité politique chaotique. Les défis structurels, sécuritaires et institutionnels demeurent, laissant planer un doute sur l’avenir démocratique de la Somalie.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 11/01/2026
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