Présidentielle en Guinée : Mamadi Doumbouya, une victoire sans surprise - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Afrique | Par Maimouna | Publié le 31/12/2025 08:12:45

Présidentielle en Guinée : Mamadi Doumbouya, une victoire sans surprise

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Les résultats partiels des élections présidentielles en Guinée révèlent un tableau troublant. Le général Mamadi Doumbouya, à la tête de la junte militaire, semble s’installer durablement au pouvoir, bénéficiant d’une avance significative sur ses adversaires. Cette situation soulève des questions sur la légitimité de ce scrutin, organisé dans un climat de restrictions des libertés fondamentales et d’absence de véritables opposants.

L’élection présidentielle, qui a eu lieu plus de quatre ans après le coup d’État de septembre 2021, se déroule dans un contexte politique tendu. La junte, qui a renversé le président Alpha Condé, a écarté les figures de l’opposition, rendant le scrutin largement prévisible. La direction des élections a annoncé un taux de participation de 85 %, un chiffre contesté par des mouvements citoyens qui dénoncent une « mascarade électorale ». Ils affirment qu’une majorité de Guinéens a choisi de boycotter un processus jugé illégitime.

Les résultats préliminaires montrent que Mamadi Doumbouya a obtenu des scores dépassant souvent 80 % dans plusieurs communes de Conakry, ainsi que dans d’autres régions du pays. Cette situation soulève des interrogations sur la transparence du scrutin. Des accusations de « bourrage d’urnes » et d’irrégularités ont été formulées par des candidats, tels qu’Abdoulaye Yéro Baldé et Faya Millimono, qui évoquent des influences inappropriées sur les électeurs. Ces allégations mettent en lumière un système électoral profondément défaillant, où la démocratie est mise à mal par des pratiques douteuses.

Le contexte dans lequel se déroule cette élection est fondamental pour comprendre les enjeux. D’une part, la junte a su s’installer dans une position de force, en exploitant l’absence de véritables opposants. D’autre part, les mouvements citoyens, bien que marginalisés, continuent de revendiquer un retour à la démocratie. Les accusations de fraudes électorales ne sont pas à prendre à la légère. Elles révèlent un système où la manipulation et la répression sont devenues des outils courants pour maintenir le pouvoir. En comparaison, d’autres pays de la région ont connu des transitions démocratiques plus transparentes, soulignant l’écart flagrant entre la Guinée et ses voisins.

L’élection présidentielle en Guinée apparaît comme une mascarade orchestrée par la junte militaire pour maintenir son pouvoir. En écartant les véritables acteurs politiques et en manipulant le processus électoral, le général Doumbouya s’assure une victoire sans contestation. Ce scénario n’est pas sans rappeler d’autres régimes autoritaires qui, sous couvert de légitimité électorale, perpétuent leur domination. La junte utilise le prétexte d’une sécurité nationale pour justifier une répression accrue, étouffant toute voix dissidente.

Les chiffres avancés par les autorités, notamment le taux de participation, doivent être analysés avec prudence. Des mouvements tels que le Front national pour la défense de la Constitution (FNDC) contestent ces affirmations, soulignant que la réalité sur le terrain est bien différente. Dans un pays où près de 6,8 millions d’électeurs étaient appelés à voter, la question de la confiance dans les institutions électorales se pose avec acuité. Les forces de sécurité, présentes en nombre, semblent davantage préoccupées par la répression des opposants que par la garantie d’un scrutin libre et équitable.

Les élections présidentielles en Guinée, loin de représenter un véritable exercice démocratique, illustrent la volonté de la junte militaire de pérenniser son pouvoir par des moyens discutables. Les accusations de fraudes, le climat de peur et l’absence d’opposition crédible soulignent la nécessité d’une vigilance accrue de la part de la communauté internationale. La Guinée se trouve à un carrefour décisif, où le retour à la démocratie semble plus que jamais compromis.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 31/12/202
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