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La comparaison entre Bassirou Diomaye Faye et Dmitri Medvedev, qui circule dans certains cercles politiques, est révélatrice d’une naïveté inquiétante. Cette analogie, qui prétend établir un parallèle entre la situation sénégalaise et le jeu de pouvoir russe, fait fi des réalités contextuelles et historiques. Réduire Faye à un simple figurant dans l’ombre d’Ousmane Sonko, c’est méconnaître la complexité de la dynamique politique au Sénégal.
Depuis l’élection de Bassirou Diomaye Faye à la présidence, le débat public s’est enflammé autour de la notion de « tandem à la russe ». Cette vision simpliste suggère que Faye ne serait qu’un prête-nom, une marionnette manipulée par Sonko, le leader charismatique du Pastef. Pourtant, cette analyse, qui se veut séduisante, occulte des éléments cruciaux sur l’architecture même du parti et son fonctionnement interne.
Loin de la dichotomie Poutine-Medvedev, le parcours de Faye est profondément ancré dans une réalité sénégalaise singulière. Contrairement à Medvedev, qui a émergé comme un pur produit du système Poutinien, Faye a su bâtir une légitimité solide. En tant qu’architecte du PASTEF, il a été le véritable artisan de la structuration du parti, rédigeant ses statuts et forgeant l’appareil militant. Cette distinction est essentielle pour comprendre la profondeur de son rôle et son influence.
Réduire Faye à un rôle d’outil est non seulement réducteur, mais également erroné. Il est le fruit d’un consensus au sein du parti, ayant su s’imposer face aux défis institutionnels. La légitimité de Faye ne repose pas sur un décret, mais sur une adhésion massive du peuple, qui a reconnu en lui l’incarnation d’un projet politique pérenne. Cette situation contraste fortement avec le modèle russe où la légitimité est souvent imposée par le haut. Au Sénégal, la dynamique est plus horizontale, avec un Faye qui assure la stabilité administrative tout en laissant à Sonko le soin de porter la voix de la rupture.
La comparaison entre Faye et Medvedev révèle donc une mécompréhension alarmante des enjeux politiques. Assimiler les deux situations, c’est ignorer les spécificités culturelles, historiques et sociales qui façonnent le Sénégal. La vision binaire du pouvoir, où l’un serait subordonné à l’autre, ne tient pas compte de la complémentarité qui existe entre Faye et Sonko. Ce dernier incarne le changement, tandis que Faye en garantit la continuité, un équilibre nécessaire à la pérennité du projet politique.
Pour enrichir cette analyse, il serait pertinent de rappeler que le PASTEF, sous l’impulsion de Faye, a su fédérer une base militante diversifiée, capable de mobiliser les jeunes et les classes populaires. Cette capacité à rassembler dépasse largement le cadre d’une simple succession de figures politiques. Les résultats électoraux parlent d’eux-mêmes : la popularité de Faye ne doit pas être sous-estimée, car elle repose sur des fondations solides, bâties au fil des années.
En somme, la tentative de comparer Bassirou Diomaye Faye à Dmitri Medvedev révèle une approche simpliste et déconnectée de la réalité politique sénégalaise. Faye n’est pas un simple exécutant, mais bien un acteur clé d’un mouvement qu’il a contribué à forger. Ignorer cette réalité, c’est passer à côté des enjeux cruciaux qui traversent le paysage politique du Sénégal.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Tapha Ba.
Mis en ligne : 14/01/2026
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