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Amadou Dia, député au sein de l’Assemblée nationale, fait entendre une voix qui, à première vue, pourrait sembler audacieuse, mais qui soulève des questions cruciales sur la stabilité politique du Sénégal. En appelant à l’abrogation de lois qu’il juge obsolètes et restrictives pour la candidature d’Ousmane Sonko, le parlementaire semble ignorer les implications d’une telle démarche sur l’équilibre délicat de la scène politique. La législation, loin d’être un simple outil d’exclusion, joue un rôle fondamental dans la régulation des ambitions politiques.
L’assemblée s’est récemment penchée sur la loi de finances rectificative 2025, un moment clé où les enjeux politiques se mêlent à des considérations économiques. Les lois en question, héritées d’une époque marquée par le régime de Macky Sall, ont effectivement été utilisées pour écarter des figures comme Khalifa Sall et Karim Wade. Cependant, il est réducteur de réduire cet héritage législatif à un simple instrument d’oppression. La question qui se pose est de savoir si l’abrogation de ces lois serait véritablement bénéfique ou si elle risquerait d’ouvrir la boîte de Pandore d’une instabilité accrue.
Amadou Dia avance que ces lois sont des verrous qui entravent l’accès au pouvoir des candidats. Il affirme que « aucun prétendant à la magistrature suprême ne devrait avoir à s’agripper à des verrous législatifs ». Pourtant, un tel discours minimise le rôle préventif de ces lois. Les régulations en place visent à éviter les dérives et à garantir que le processus électoral reste sain. En abrogeant ces textes, on pourrait créer un vide juridique propice aux abus de pouvoir, aux candidatures fantaisistes et à la manipulation des électeurs.
Les arguments d’Amadou Dia, bien que séduisants sur le papier, manquent de profondeur. La démocratie ne se construit pas uniquement sur la liberté d’accéder au pouvoir, mais aussi sur la nécessité de protéger les institutions. En comparaison, des pays voisins ayant assoupli leurs régulations électorales ont souvent été confrontés à des crises politiques majeures. La stabilité du Sénégal, un modèle en Afrique de l’Ouest, pourrait être compromise si l’on choisit de balayer d’un revers de main des garde-fous qui, bien que critiqués, ont leur raison d’être.
Il est essentiel de mettre en lumière l’aveuglement apparent d’Amadou Dia face aux conséquences potentielles de son plaidoyer. En prônant une abrogation rapide, il semble ignorer que la démocratie a besoin de structure et de règles pour fonctionner. Les lois qui régissent l’accès à la candidature ne sont pas là pour restreindre, mais pour encadrer et prévenir des dérives qui pourraient nuire au processus démocratique. La précipitation dans ce domaine pourrait bien se retourner contre ceux qui aspirent à un changement.
Des études montrent que des systèmes électoraux sans régulations strictes peuvent entraîner une montée des tensions politiques et une polarisation accrue. Par ailleurs, les exemples de pays ayant connu des bouleversements après des changements législatifs radicaux sont nombreux. Au Sénégal, un pays qui a su maintenir une certaine paix sociale, il est crucial de ne pas sous-estimer l’importance des lois en tant que stabilisateurs politiques. La pression populaire, bien que légitime, ne doit pas conduire à des décisions hâtives qui pourraient avoir des répercussions durables.
Les propos d’Amadou Dia, bien que porteurs d’un certain espoir d’ouverture, doivent être examinés avec prudence. L’abrogation des lois en question pourrait créer un vide dangereux dans le paysage politique sénégalais. La stabilité, la régulation et la protection des institutions sont des éléments essentiels à la bonne marche de la démocratie. En fin de compte, la question n’est pas seulement de permettre l’accès au pouvoir, mais de garantir un cadre dans lequel cet accès se fait de manière juste et équitable.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Mass Kane.
Mis en ligne : 15/01/2026
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