Recrutement de 18 000 emplois : Une promesse en trompe-l'œil ? - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Société | Par Eva | Publié le 14/01/2026 10:01:15

Recrutement de 18 000 emplois : Une promesse en trompe-l'œil ?

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La promesse d’un recrutement de près de 18 000 emplois dans la fonction publique en 2026, annoncée avec un budget de 75,6 milliards de FCFA, semble séduisante à première vue. Pourtant, dans un pays où le chômage atteint des sommets alarmants, cette annonce pourrait bien n’être qu’une illusion, une lettre morte. Les jeunes diplômés, déjà désillusionnés par des années de promesses non tenues, sont en droit de s’interroger sur la réalité de cette initiative.

Le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, a présenté ces chiffres lors d’une séance plénière, évoquant une volonté de l’État de renforcer les secteurs stratégiques tels que l’éducation, la santé et la sécurité. Cependant, derrière cette façade d’optimisme, se cache une réalité bien plus sombre. La question de l’emploi est cruciale dans un pays où les jeunes représentent une part significative de la population. La promesse d’emplois dans un contexte de chômage omniprésent soulève des doutes légitimes.

Les chiffres avancés par le gouvernement, bien que prometteurs, ne tiennent pas compte des réalités du marché de l’emploi. Les 5 700 postes dans l’éducation, les 4 391 dans les forces armées ou encore les 2 500 dans la santé semblent insuffisants face à un besoin criant de créations d’emplois. Les jeunes diplômés se retrouvent souvent confrontés à la précarité, à des emplois temporaires ou à des stages non rémunérés. La promesse d’une intégration dans la fonction publique apparaît alors comme un mirage, alors même que le secteur privé peine à offrir des perspectives d’embauche.

Le gouvernement met en avant une répartition des recrutements qui privilégie les secteurs sociaux. Pourtant, la réalité est que ces chiffres ne suffisent pas à combler le fossé entre l’offre et la demande d’emploi. De plus, la bureaucratie et les lenteurs administratives sont des obstacles majeurs à une mise en œuvre rapide et efficace de ces recrutements. La comparaison avec d’autres pays de la région, où des politiques d’emploi plus proactives ont été mises en place, révèle un retard inquiétant. En outre, l’absence de formation adéquate pour les jeunes, souvent déconnectés des réalités du marché, complique encore davantage la situation.

Une promesse de 18 000 emplois qui risque de rester lettre morte dans un contexte de chômage élevé ne peut que susciter scepticisme. Les jeunes, qui attendent des changements concrets, voient défiler les annonces sans jamais en voir les effets. Les discours politiques se succèdent, mais les résultats tardent à se concrétiser. Comment croire en une réelle volonté de résoudre le problème de l’emploi quand les mesures restent superficielles et peu adaptées aux besoins du marché ?

Des études montrent que le taux de chômage chez les jeunes diplômés atteint près de 30 %, un chiffre alarmant qui remet en question l’efficacité des politiques publiques. Les 75,6 milliards de FCFA annoncés pourraient être perçus comme un simple coup de communication, une manière de donner l’illusion d’une action tout en évitant de s’attaquer aux racines du problème. La création d’emplois durables nécessite des investissements non seulement dans le recrutement, mais aussi dans la formation et l’accompagnement des jeunes vers l’emploi.

Les promesses de recrutements massifs dans la fonction publique en 2026 risquent de ne pas tenir face à un contexte de chômage élevé et à des réalités économiques difficiles. Les jeunes, en quête de perspectives, méritent mieux que des annonces creuses. La situation actuelle appelle à une réflexion profonde sur les véritables moyens d’assurer un avenir professionnel à la jeunesse, au-delà des discours et des chiffres.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Modou Diop.
Mis en ligne : 14/01/202
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