Cheikh Yérim Seck : « La dépendance à PASTEF fragilise la présidence » - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Société | Par Maimouna | Publié le 18/01/2026 08:01:00

Cheikh Yérim Seck : « La dépendance à PASTEF fragilise la présidence »

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Cheikh Yérim Seck considère que le président Bassirou Diomaye Faye se trouve aujourd’hui enfermé politiquement au sein de PASTEF et que cette étroitesse compromet ses perspectives pour un second mandat. L’argument central porte sur la nécessité pour le chef de l’État d’élargir son espace politique, de revoir ses alliances et de repenser la manière dont il incarne le pouvoir au-delà du parti d’origine.

La situation analysée part d’une observation précise : la présence dominante de PASTEF lors des dernières échéances électorales et la décision de présenter une liste exclusivement estampillée PASTEF aux législatives. Cette démarche a, selon l’analyse, renforcé l’idée que la majorité parlementaire dépend surtout du parti et non d’une coalition conduite par la présidence. Le journaliste rappelle aussi la place d’Aminata Touré dans l’appareil présidentiel et la perception qu’elle n’a pas su, pour l’instant, fédérer en dehors du cercle présidentiel.

L’analyse décompose plusieurs effets de cette stratégie. D’abord, la polarisation autour du parti limite la capacité à rassembler des forces politiques diverses. Ensuite, la personnalisation de la gouvernance au bénéfice d’une formation unique crée des tensions internes et réduit les marges de manœuvre institutionnelles du président. Enfin, la figure d’Aminata Touré, malgré son expérience et son engagement, apparaît plus comme une superviseure que comme une locomotive de rassemblement capable d’ouvrir des ponts vers d’autres familles politiques.

Le raisonnement avance plusieurs points convergents. Si l’objectif est la construction d’une large coalition susceptible de porter une candidature en 2029, il faut des alliances franches avec des formations extérieures au noyau dur. La présence d’obstacles relationnels entre certains leaders politiques rend ces rapprochements difficiles, et l’impossibilité pour certains membres de contacter des partis influents verrouille la perspective d’une alliance élargie. Par ailleurs, la conduite des législatives sur une seule liste a consolidé la lecture selon laquelle le parti centralise le pouvoir, au détriment de la visibilité d’une présidence inclusive.

La conséquence politique, selon l’observateur, est double : d’une part, une dilution de l’autorité présidentielle si celle-ci n’apparaît pas comme un acteur autonome et ambitieux ; d’autre part, une exposition à des fragilités institutionnelles si la majorité parlementaire reste perçue comme dépendante d’un seul parti. Pour renverser cette dynamique, la stratégie devrait viser deux objectifs simultanés : réaffirmer la présidence comme un centre politique autonome et ouvrir des canaux de dialogue avec des forces aujourd’hui éloignées. La situation de certains cadres, bloqués dans leurs possibilités de négociation, illustre l’ampleur du travail à accomplir.

L’examen porte aussi sur les signaux symboliques et pratiques émis par le pouvoir. Les grands rassemblements et les démonstrations de force, quand ils favorisent le parti, renforcent l’idée que le parti est le cœur du pouvoir. À l’inverse, une démarche visible de construction de coalition, sous une bannière présidentielle plus large, aurait servi à répartir la légitimité et à consolider une majorité parlementaire alignée sur la présidence. La posture politique individuelle du président — notamment la capacité à laisser planer l’hypothèse d’une candidature — joue un rôle sur la perception et sur la crédibilité d’un leadership tourné vers l’avenir.

Cheikh Yérim Seck invite donc le président à élargir son horizon politique : se détacher de l’étroitesse partisane, clarifier la place d’acteurs clés et travailler à une coalition inclusive qui garantirait une majorité parlementaire solide et une marge de manœuvre institutionnelle durable. Sans ce rééquilibrage stratégique, la présidence risque de perdre en autorité et en respect, tandis qu’une posture plus ouverte permettrait de renforcer la capacité de gouverner jusqu’en 2029. Le message est net : pour gouverner pleinement, il faut sortir du cercle et construire au-delà des frontières du parti.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Omar Diop.
Mis en ligne : 18/01/202
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