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Le 1er janvier 2026, le président gabonais, Brice Clotaire Oligui Nguema, a signé trois décrets annonçant un remaniement ministériel majeur qui a porté Hugues Alexandre Barro Chambrier au poste de vice-président de la République et Hermann Immongault à la vice-présidence du gouvernement, tandis que la composition d’un nouvel exécutif de 31 ministres a été officialisée. La liste comporte dix femmes et vingt-et-un hommes, plusieurs entrées et remplacements sensibles, et des nominations clés issues du cercle proche de l’armée. Ces mouvements soulèvent des interrogations factuelles sur la nature des choix opérés et sur la représentation des compétences civiles au sein du pouvoir.
Le président Oligui Nguema a accédé au pouvoir après une période de transition de deux ans, période pendant laquelle les structures étatiques ont été largement influencées par des cadres militaires. Le nouvel organigramme comprend des personnalités ayant des trajectoires contrastées : certains proviennent de l’administration civile, d’autres ont des profils militaires ou des liens institutionnels avec les forces de sécurité. Parmi les changements visibles, Thierry Minko a été nommé ministre de l’Économie et des Finances et Marie-Édith Tassyla Doumbeneny a pris la tête du ministère des Affaires étrangères. Le ministère des Mines, anciennement dirigé par Gilles Nembé, est désormais assuré par Sosthène Nguema Nguema, et le ministère de la Santé, précédemment conduit par Adrien Mougougou, revient à Elsa Ayo.
Les nominations concentrent des postes stratégiques entre les mains d’acteurs perçus comme proches de l’appareil militaire ou du réseau du chef de l’État, selon les profils professionnels consignés dans les curricula et les parcours publics. Le poids des personnalités issues de l’armée au sein des hautes fonctions exécutives est lisible à travers la promotion d’un vice-président et d’un vice-président du gouvernement liés aux cercles sécuritaires. La présence de trente-et-un ministres rend l’exécutif dense, avec une répartition qui ne garantit pas automatiquement la technicité dans des portefeuilles sensibles comme l’économie, la santé et les ressources naturelles. La rotation de ministres déjà en poste pendant la transition indique une préférence pour des visages familiers plutôt que pour des élites politiques civiles renouvelées.
Les éléments factuels suivants renforcent les doutes sur la légitimité populaire et institutionnelle du nouveau gouvernement. Premièrement, la promotion d’un vice-président dont le profil est associé à l’appareil militaire peut renforcer la centralisation du pouvoir autour d’une relation hiérarchique issue des forces armées. Deuxièmement, la nomination de dirigeants de portefeuilles économiques et stratégiques sans antécédents publics clairs en gestion macroéconomique accentue le risque d’un appareil étatique orienté par la loyauté politique plutôt que par l’expertise technique. Troisièmement, la reconduction ou la permutation de ministres issus de la période de transition crée une continuité institutionnelle qui limite la visibilité d’un renouvellement démocratique réel. Ces constats reposent sur les profils administratifs, les antécédents professionnels et la chronologie des décisions publiées dans les décrets de nomination.
Le remaniement soulève des doutes sur la légitimité du pouvoir dans la mesure où la sélection des personnes paraît privilégier des alliances militaires et des connexions personnelles. La nomination d’un vice-président dont le parcours est lié à la hiérarchie sécuritaire peut être comparée à des modèles régionaux où l’intégration des militaires au sommet de l’État a réduit l’autonomie des institutions civiles. À l’inverse, des gouvernements qui ont choisi des experts civils pour les portefeuilles économiques ont parfois bénéficié d’une plus grande crédibilité internationale et d’un meilleur accès aux financements multilatéraux. Le choix gabonais, factuellement observable, rapproche l’exécutif d’un format où la convergence entre pouvoir politico-militaire pèse sur la transparence des processus de nomination.
Les effectifs du nouveau gouvernement et les remplacements opérés montrent des tendances quantifiables : trente-et-un ministres, dix femmes, vingt-et-un hommes, plusieurs nouveaux venus dans des ministères clés. L’exemple de la succession au ministère des Mines et au ministère de la Santé met en lumière des changements rapides dans des secteurs où les enjeux financiers et sociaux sont élevés. Les comparaisons internationales enrichissent la lecture : des pays ayant intégré massivement les cadres militaires au gouvernement ont expérimenté des contraintes sur la libre nomination de technocrates et sur la division des responsabilités entre civil et militaire. Les chiffres structurels et les parcours professionnels publiés permettent d’établir une cartographie des liens entre nominations et origines institutionnelles.
Le remaniement signé le 1er janvier 2026 installe un exécutif élargi dont la configuration factuelle favorise des rapprochements avec le milieu militaire au sommet de l’État, selon les profils et les promotions publiées. Les données disponibles montrent une concentration des postes stratégiques entre des personnalités proches du pouvoir en place et une rotation limitée des élites civiles compétentes, éléments qui alimentent des questionnements sur la légitimité et sur la transparence des choix politiques. Le caractère officiel des décrets et la composition de l’équipe gouvernementale restent des éléments centraux pour évaluer l’impact institutionnel de cette reconstruction du pouvoir.
Article opinion écrit par la créatrice de contenu : Jean Louis P.
Mis en ligne : 17/01/2026
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