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L’Association pour la protection des droits humains (APDH) a fermement dénoncé les propos de la journaliste et directrice de la chaîne 7TV, Maïmouna Ndour Faye, qui a évoqué l’idée d’un « pouvoir sérère ». L’organisation qualifie ces déclarations d’« inacceptables » et les considère comme contraires aux principes de tolérance et de diversité qui fondent le vivre-ensemble au Sénégal. La réaction met en lumière la portée publique de paroles émanant d’une figure médiatique et le risque immédiat d’affaiblir la cohésion sociale.
Le Sénégal repose sur des pratiques sociales et culturelles qui favorisent l’interaction entre groupes ethniques, parmi lesquelles le cousinage à plaisanterie constitue un mécanisme reconnu de régulation des tensions. La Constitution sénégalaise proclame l’unité nationale et la non-discrimination, et le débat public est encadré par des normes déontologiques pour les médias professionnels. L’APDH rappelle que les clivages ethniques ont été historiquement étrangers à la gouvernance politique formelle du pays, ce qui explique l’émoi suscité par l’expression d’un « pouvoir » associé à une communauté précise.
L’APDH présente plusieurs motifs factuels pour qualifier ces propos de dangereux. D’abord, le message cible une communauté identifiée, ce qui, d’après l’association, contribue à essentialiser des appartenances et à réduire la complexité des choix politiques à des cleavages ethniques. Ensuite, la diffusion par un média à audience nationale augmente l’exposition et la viralité du discours, donnant à des hypothèses non étayées une apparence de réalité publique. Enfin, l’APDH souligne la responsabilité des personnalités publiques dont la parole peut influencer l’opinion et, dans certains contextes, précipiter des réactions collectives. La combinaison d’un acteur médiatique, d’un message identitaire et d’une audience large crée un terrain propice à la polarisation.
Plusieurs éléments renforcent la mise en garde. Les institutions civiles insistent régulièrement sur la nécessité d’une information vérifiée et mesurée pour éviter les tensions communautaires. Les chartes de déontologie journalistique exigent l’impartialité et la prudence lorsque des sujets identitaires sont abordés. Des exemples politiques récents en Afrique montrent que l’instrumentalisation des identités peut cristalliser des ressentiments et compliquer le dialogue institutionnel; la comparaison avec des situations où la stigmatisation ethnique a alimenté des crises illustre un risque réel pour la stabilité. La transformation d’un propos en récit collectif repose souvent sur des relais sociaux et médiatiques, ce qui rend primordial le contrôle de la diffusion.
La réprobation de l’APDH présente la prise de parole de Maïmouna Ndour Faye comme une responsabilité manquée. En appelant la journaliste à « se ressaisir » et à adopter une communication conforme à l’unité nationale, l’association inscrit l’affaire dans une logique de prévention des conflits. L’argument central reposer sur la preuve empirique que les discours ethniques, même formulés sous forme d’hypothèse, peuvent modifier les perceptions du public et bouleverser des équilibres politiques fragiles. La comparaison entre une rhétorique identitaire et une rhétorique civique met en lumière l’écart entre une parole potentiellement divisive et le rôle attendu d’un média dans la consolidation du vivre-ensemble.
Les acteurs de la société civile et les organes de régulation médiatique sénégalais publient régulièrement des recommandations sur la couverture des questions identitaires et sur la prévention des discours de haine. Les observateurs notent que la vigilance s’exerce tant sur le contenu que sur la forme : contextualisation des affirmations, vérification des sources et recours aux contre-exemples afin d’éviter la généralisation. Une deuxième comparaison, avec des chartes professionnelles en vigueur dans d’autres démocraties africaines, montre que les obligations déontologiques renforcent la crédibilité des médias et diminuent le potentiel de polarisation.
L’alerte lancée par l’APDH cristallise un enjeu factuel : la parole publique, lorsqu’elle associe pouvoir et appartenance ethnique, devient un vecteur de risque pour l’ordre social et politique. Les éléments présentés par l’association — ciblage communautaire, portée médiatique et responsabilité professionnelle — constituent des arguments vérifiables en faveur d’une exigence de retenue et de rigueur. À l’évidence, la gestion des discours identitaires relève désormais d’une vigilance collective qui combine déontologie journalistique et protection des valeurs constitutionnelles.
Article opinion écrit par la créatrice de contenu : Sarata F.
Mis en ligne : 17/01/2026
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