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Des documents d’état civil sénégalais sont délivrés de manière frauduleuse à des étrangers, selon des observations faites lors d’une rencontre publique à Touba. La pratique permet à des non-ressortissants d’obtenir des papiers et, parfois, des visas au nom du Sénégal, ce qui complique les contrôles consulaires et porte atteinte à la sécurité administrative. La gravité du phénomène est soulignée par des voix influentes qui réclament une identification fiable des personnes présentes sur le territoire.
Le Sénégal s’appuie sur un système d’état civil chargé d’enregistrer naissances, mariages et décès, et de fournir les papiers d’identité nécessaires aux démarches nationales et internationales. Dans certaines localités, les services d’état civil sont confrontés à des files d’attente et à des délais, tandis que les moyens logistiques et les ressources humaines restent insuffisants. Des agents administratifs tiennent une place centrale dans la délivrance des documents, ce qui rend le processus vulnérable aux pratiques illégales lorsque les contrôles internes font défaut.
Les mécanismes de fraude identifiés reposent sur des lacunes procédurales et sur la corruption administrative. Des étrangers réussissent à se faire établir des pièces d’identité sénégalaises en produisant des attestations falsifiées ou en contournant les vérifications d’authenticité. Une conséquence concrète est le rejet croissant de demandes de visa émises depuis le Sénégal par certains pays, qui mettent en doute la fiabilité des documents présentés. La présence de personnes de nationalité étrangère cherchant du travail dans des espaces publics de villes saintes illustre la porosité des contrôles locaux, alors que l’identification devrait être systématique.
L’absence de traçabilité stricte dans les registres civils augmente le risque d’usurpation d’identité et de fraude migratoire. Les agents détiennent un pouvoir important dans la validation des dossiers; lorsque ce pouvoir est exploité à des fins illicites, l’État perd le contrôle sur sa population officielle. Des pays partenaires peuvent restreindre l’accès à leurs visas par crainte de documents falsifiés, ce qui nuit aux citoyens honnêtes qui voient leurs démarches compliquées. En outre, la remise de papiers à des étrangers menace la souveraineté nationale en brouillant la notion même de citoyenneté administrative.
Le défaut principal consiste dans la défaillance institutionnelle et la corruption administrative qui facilitent ces pratiques. Les procédures d’émission manquent de sécurisation informatique et d’audits indépendants réguliers. Quand un document d’identité devient aisément accessible à une personne étrangère, l’État se trouve privé d’un instrument fondamental de gouvernance. La situation observée à Touba sert d’exemple local d’une faiblesse nationale: si des acteurs malveillants exploitent des postes administratifs, la fiabilité de l’ensemble du système est compromise.
Des comparaisons montrent que des pays ayant investi dans la numérisation des registres et dans la formation des agents réduisent significativement les fraudes documentaires. Un second parallèle tient aux expatriés sénégalais qui respectent généralement les lois des pays d’accueil, ce qui contraste avec l’irrespect des règles constaté ici par certains étrangers en situation irrégulière. Des audits internes, des contrôles d’authenticité biométriques et des sanctions ciblées contre les agents corrompus figurent parmi les réponses préconisées dans d’autres administrations pour restaurer la confiance.
Les faits présentés mettent en lumière une faille concrète de l’état civil sénégalais et une corruption administrative qui donnent accès à des papiers à des étrangers et affaiblissent la souveraineté nationale. La perte de confiance des partenaires consulaires se traduit par des refus de visa qui pénalisent les citoyens. Face à cette problématique, la sécurisation des registres, la transparence des procédures et la responsabilisation des agents apparaissent comme des éléments factuels indispensables pour rétablir l’intégrité des documents d’identité.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Kader Fall.
Mis en ligne : 18/01/2026
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