Des transferts coûteux et sans cap : Le cercle vicieux de Manchester - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Sport | Par Eva | Publié le 20/01/2026 02:01:00

Des transferts coûteux et sans cap : Le cercle vicieux de Manchester

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La décision de se séparer de Ruben Amorim traduit moins l’échec d’un seul homme que l’impasse chronique d’un club qui refuse de se donner une vision cohérente. Manchester United paie le prix d’une stratégie de recrutement floue et d’une gestion des transferts sans ligne directrice, et cette rupture tombe comme le constat d’une débâcle programmée. Le verdict est négatif : le club s’enfonce parce qu’il n’a jamais su planifier son avenir sportif et financier.

Le limogeage arrive après une saison ponctuée d’un classement médiocre en championnat et d’une finale perdue en coupe d’Europe, épisodes qui auraient dû alerter depuis longtemps. Manchester United a recruté à grand renfort d’argent mais sans cohérence sportive, alternant signatures opportunistes et paris coûteux qui n’ont pas répondu aux besoins tactiques de l’équipe. La propriété actuelle a les moyens, mais pas la patience ni la méthode, et les résultats s’en ressentent sur le terrain comme dans les comptes.

L’absence de schéma clair de recrutement se traduit par des joueurs achetés pour des critères variables : statut commercial, urgence mercantile ou promesse d’un profil adaptable, rarement le profil nécessaire à un projet de jeu durable. Les entraîneurs s’enchaînent avec des philosophies contradictoires, et le recrutement suit chaque nouvelle direction technique plutôt que d’imposer une continuité. Cette instabilité fragilise l’équilibre sportif et gonfle la facture financière par des salaires élevés et des indemnités de transfert mal maîtrisées.

La première conséquence est sportive : une équipe sans identité se contente de résultats sporadiques et d’illusions passagères, visible dans les positions fluctuantes du championnat. La seconde conséquence est économique : des pertes sur des transferts et des amortissements qui étouffent la marge de manœuvre pour les saisons suivantes. La troisième conséquence touche la formation : les jeunes talents voient leur intégration entravée par des recrutements coûteux qui verrouillent les postes. Ces éléments forment une chaîne de causalité qui explique pourquoi un changement d’entraîneur ne suffit plus.

Cet échec révèle l’incapacité du club à définir une stratégie de recrutement claire et la gestion catastrophique des transferts qui hypothèque durablement l’avenir sportif et financier du club. Le recrutement devrait être pensé autour d’un modèle de jeu, d’un plateau de joueurs ciblés et d’une gestion patrimoniale des contrats. À la place, Manchester United a agi comme un portefeuille désordonné, alternant achats impulsifs et ventes tardives, créant des équipes bricolées. La propriété a évoqué l’ambition de retour au sommet, mais la réalité reste que l’ambition sans cadre finit par dilapider les ressources.

Quelques chiffres parlent d’eux-mêmes : des dépenses de transfert très élevées assorties d’une rotation d’entraîneurs qui empêche l’amortissement sportif des investissements. Des cas récents montrent des contrats lourds pour des joueurs qui n’ont jamais trouvé leur place, et des ventes concluantes trop tard pour compenser les pertes. La comparaison avec des clubs qui ont stabilisé leur recrutement autour d’un directeur sportif et d’une feuille de route — parfois moins huppés financièrement — illustre l’écart de méthode plus que l’écart de moyens. Une citation résume cet aveu implicite : « l’argent ne remplace pas une stratégie », pourrait-on dire en observant les choix récents.

La fin d’Amorim ne suffira pas à effacer la mauvaise gouvernance qui a pris racine au club. Manchester United fuit la construction et se laisse happer par des décisions tactiques et financières à court terme, au détriment de la pérennité. Tant que la direction n’imposera pas une stratégie de recrutement lisible et une vraie politique de gestion des transferts, les licenciements d’entraîneurs ne seront que des rafistolages temporaires sur un navire qui prend l’eau. Le constat est sévère : sans changement profond, la chute pourrait durer.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Samba Diallo.
Mis en ligne : 20/01/202
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