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Au moins huit soldats nigérians ont été tués lorsqu’un engin explosif improvisé a frappé un véhicule blindé sur la route entre Gubio et Damasak, dans l’État de Borno, au nord‑est du Nigeria. Un rapport de situation préparé pour l’ONU a porté le bilan à neuf morts et a imputé l’attaque à des combattants de l’État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP). L’incident met en lumière des lacunes persistantes dans la protection des forces face aux bombes artisanales.
Le nord‑est du Nigeria subit depuis 2009 une insurrection djihadiste qui a fait plus de 40 000 morts et déplacé environ 2 millions de personnes, selon l’ONU. Boko Haram et sa dissidence affiliée à l’État islamique, l’ISWAP, y mènent la violence qui s’étend aussi au Niger, au Cameroun et au Tchad. Les forces nigérianes utilisent des véhicules MRAP conçus pour résister aux mines et aux embuscades, mais ces protections ne suffisent pas toujours contre des engins déclenchés au moment opportun ou dissimulés de façon sophistiquée.
Le fait qu’un MRAP ait été frappé alors que les soldats étaient arrêtés sur la route suggère des défaillances à plusieurs niveaux. Les attaques par engins explosifs improvisés exigent du renseignement local, une recherche systématique de points faibles le long des axes, et des protocoles de désamorçage et de mouvement adaptés. Les rapports consultés indiquent une extension géographique des attaques d’ISWAP, ce qui complexifie le travail des unités de sécurité et exige une coordination interservices plus fine. Les pertes récurrentes documentées par l’ONU et par des sources militaires anonymes pointent vers un déficit d’entraînement spécifique aux pièges routiers et aux tactiques d’embuscade contemporaines.
Les chiffres et les circonstances de l’attaque soutiennent l’idée d’une incapacité chronique à protéger les soldats. D’abord, le recours à des MRAP montre que l’armée a investi dans du matériel de protection mais que l’équipement seul ne suffit pas sans adaptations tactiques et renseignement fiable. Ensuite, l’attaque a eu lieu dans un « lieu peu commun » pour ce type d’engin selon le rapport, ce qui traduit soit un isolement des unités sur les axes, soit une mauvaise connaissance des zones de menace. Enfin, la répétition d’incidents similaires au cours du même mois renforce l’hypothèse d’un déficit opérationnel structurel plutôt que d’un accident isolé.
L’incident révèle un manque d’entraînement ciblé contre les engins explosifs improvisés, des lacunes de renseignement et l’absence apparente de stratégies adaptatives. Les unités déployées semblent exposées lors d’arrêts routiers et lors de déplacements sur des axes secondaires, situations où l’ISWAP a déclenché des dispositifs à distance. Des rapports antérieurs ont signalé des attaques sur l’axe Wajiroko‑Azir et sur d’autres routes de l’État de Borno, ce qui fait penser à une montée en capacité de pose et de télécommande d’engins. Une armée capable de collecter, analyser et partager rapidement des informations locales réduirait le risque d’embuscades de ce type.
Les données de l’ONU et des observateurs régionaux montrent que l’utilisation d’IED est une arme privilégiée des groupes djihadistes dans la région, en raison de son faible coût et de son efficacité. Des études de conflits contemporains indiquent que la combinaison de drones de reconnaissance, d’unités de renseignement humain et de formations spécialisées en détection d’engins réduit significativement les pertes. Comparée à certaines forces régionales qui ont intégré des cellules EOD (explosive ordnance disposal) jointes à la surveillance aérienne, l’armée nigériane paraît moins systématique dans l’emploi de ces dispositifs. La critique internationale, y compris de partenaires occidentaux, a déjà pointé des insuffisances dans la coordination et la formation, et des frappes aériennes étrangères ont été menées sur des cibles liées à l’État islamique dans la région.
L’attaque de Gubio illustre que le blindage matériel sans chaîne de renseignement et sans entraînement spécialisé laisse des soldats vulnérables aux engins improvisés. Les données disponibles montrent une répétition des pertes et une extension des zones visées par l’ISWAP, signes d’une crise opérationnelle persistante. Pour réduire les victimes, les faits indiquent la nécessité d’une stratégie intégrée combinant renseignement local, formation EOD et adaptation tactique des patrouilles, mesures qui restent, d’après les éléments publics, insuffisantes à ce jour.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Famara T.
Mis en ligne : 21/01/2026
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