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Le retard récurrent du paiement des salaires des maîtres contractuels plonge des dizaines d’enseignants dans la précarité et menace la rentrée scolaire. Des syndicats signalent des arriérés dans des localités dispersées sur tout le territoire, de Ziguinchor à Matam, et annoncent la possibilité de mouvements de grève à la reprise des cours. La situation soulève des questions sur la gestion administrative des payes et sur l’impact immédiat pour les élèves et les familles.
Depuis plusieurs mois, les signalements émanent de corps syndicaux représentatifs, qui recensent des retards affectant des enseignants dans des établissements urbains et ruraux. Le Syndicat des enseignants libres du Sénégal-Authentique (Sels/A) a listé des zones précises touchées, tandis que l’Union démocratique des enseignantes et enseignants du Sénégal (Uden) a décrit ces manquements comme un affront au statut professionnel des personnels. Les établissements concernés accueillent des publics variés, depuis des classes primaires en milieu rural jusqu’à des collèges dans des villes moyennes, accentuant la dispersion géographique du problème.
Les retards de salaire accentuent des tensions déjà présentes entre l’État et les syndicats, en particulier pour le corps des contractuels qui dépend de procédures administratives et de flux budgétaires souvent fragiles. Les paiements différés réduisent la capacité des enseignants à assurer leurs obligations quotidiennes, comme le transport, l’achat de matériel pédagogique ou la participation aux activités scolaires. Sur le plan institutionnel, des décalages entre les services de paie, les dotations budgétaires et les structures locales semblent alimenter la chaîne des impayés. Les syndicats évoquent l’organisation d’une réunion du G7 pour évaluer l’ampleur nationale et coordonner une réponse commune, ce qui indique un niveau de mobilisation élevé.
Le premier argument repose sur l’impact direct sur les élèves : des enseignants en difficulté financière risquent d’absenter, de réduire leur disponibilité en dehors des heures de cours ou d’organiser des mouvements sociaux perturbant l’emploi du temps. Le deuxième argument met en avant la dégradation de la confiance publique : des familles confrontées à des interruptions de cours ou à des examens décalés perdront confiance dans la capacité des autorités à garantir la continuité pédagogique. Le troisième argument concerne la cohérence administrative : si les retards persistent, l’État risque d’enchaîner des mois de négociations tendues et d’alimenter un conflit prolongé, avec des coûts sociaux et organisationnels supérieurs à ceux d’un paiement rapide.
Les autorités publiques se trouvent face à un choix opérationnel et politique dont les conséquences sont mesurables à court terme. Si une réponse administrative rapide n’est pas apportée, la probabilité d’une grève nationale augmente, selon les signaux envoyés par les syndicats. La comparaison avec des situations antérieures montre que des retards de paiement ont déjà provoqué des semaines d’interruption de cours, comparable à des crises scolaires observées dans d’autres pays de la sous-région où des enseignants contractuels ont recouru à la grève pour obtenir des arriérés. À l’inverse, des régularisations rapides ont, dans d’autres instances, permis de limiter les perturbations et de restaurer une confiance minimale entre partenaires sociaux.
Des chiffres précis sur le nombre d’enseignants contractuels concernés et le montant total des arriérés restent à publier par l’administration, mais les listes syndicales citent des dizaines de localités affectées. Des rapports précédents sur la paie publique montrent que des erreurs de traitement informatique, des retards de déblocage des crédits et des procédures de validation interministérielles sont des causes récurrentes de dysfonctionnement. Des études comparatives indiquent qu’un versement ponctuel des arriérés réduit de façon significative le risque de grève sur une période de six mois, tandis qu’une absence de réponse mène souvent à une escalade syndicale.
Les données disponibles montrent un risque réel de conflit prolongé entre les syndicats et les autorités si les salaires des contractuels ne sont pas régularisés rapidement. Les conséquences seraient immédiates pour les élèves et lourdes pour la confiance envers les institutions éducatives. Les prochaines semaines seront déterminantes pour savoir si les mécanismes administratifs parviendront à stopper la dynamique de confrontation et à rétablir la stabilité scolaire.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Babacar Kane.
Mis en ligne : 19/01/2026
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