Des billets au prix de l’injustice : Le Hajj 2026 fragilise les familles - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Religion | Par Eva | Publié le 23/01/2026 08:01:45

Des billets au prix de l’injustice : Le Hajj 2026 fragilise les familles

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La gestion calamiteuse du Hajj 2026 menace déjà les foyers sénégalais comme une facture impossible à payer. Loin d’être un simple désordre administratif, cette débâcle promet de transformer un devoir de foi en un fardeau économique pour des familles qui avaient mis de côté des années d’efforts. L’auteur prend position sans détour : cette mauvaise organisation risque d’aggraver des injustices sociales anciennes et de creuser des écarts que l’on croyait enfin en voie d’apaisement.

Le calendrier du pèlerinage approche, les billets et les réservations doivent être finalisés, et pourtant la coordination manque de clarté. Les coûts logistiques ont flambé, les délais se resserrent et les informations officielles restent éparses. Les agences locales et les familles se retrouvent prises entre des hausses de prix imprévues et des services incertains, tandis que des engagements financiers exigent des acomptes sans garanties. Le contexte social du Sénégal, avec sa forte sensibilité au coût des rites religieux, rend la situation explosive.

La mauvaise gestion se manifeste sur plusieurs registres : communication défaillante, négociations tarifaires mal conduites, et absence de filets sociaux pour les ménages vulnérables. Lorsque les prix de transport et d’hébergement grimpent à la dernière minute, ce sont les ménages modestes qui renoncent ou s’endettent. Une famille qui engage un prêt pour le Hajj risque d’empêcher l’accès de ses enfants à l’école ou de retarder des soins médicaux. La conséquence n’est pas seulement financière ; elle est sociale et morale. Le pèlerinage, censé symboliser l’égalité devant Dieu, risque de devenir un marqueur d’inégalité devant la société.

La première conséquence tangible sera l’éviction des plus pauvres : ceux qui mettaient de l’argent de côté pendant des années pourront être exclus par des surcoûts inattendus. La deuxième conséquence sera l’endettement généralisé : emprunts informels, ventes de biens, et pressions familiales feront peser une dette durable sur des foyers fragiles. La troisième conséquence sera l’injustice durable : les fortunes profiteront d’une navigation administrative sereine, tandis que les classes populaires subiront des choix imposés. Une comparaison s’impose : quand le Hajj ressemblait autrefois à une traversée collective, il risque désormais de ressembler à une compétition mercantile; et quand la spiritualité se monnaie, la cohésion sociale se fissure.

La mauvaise gouvernance du Hajj 2026 n’est pas un accident isolé mais le symptôme d’un système qui néglige la redistribution et la protection des plus faibles. Les frais additionnels pèsent davantage sur les femmes et sur les ménages ruraux, où l’épargne est plus mince et l’accès au crédit plus précaire. La concentration des décisions dans des mains peu transparentes favorise des contrats opaques et des intermédiaires qui prélèvent leur part. Si rien n’est restructuré, l’impact sera profond : génération après génération, les inégalités se reproduiront, et le sacrifice religieux sera remplacé par le sacrifice économique.

Des cas récents montrent que des hausses de 20 à 40 pour cent des frais liés au pèlerinage ont conduit à des ventes précipitées de terres et à des migrations saisonnières forcées pour combler des dettes. Des témoignages parlent de foyers vendant des cheptels et d’autres renonçant au Hajj après avoir payé des acomptes perdus. La comparaison avec des pays qui ont mis en place des mécanismes de subvention ciblée expose l’écart : là où l’État ou les associations protocolisent l’aide, les familles tiennent mieux; ailleurs, elles sombrent.

La facture du Hajj 2026 pourrait rester comme une tache indélébile sur le tissu social sénégalais si la gestion reste déficiente. L’auteur maintient sa condamnation : laisser la bureaucratie et les intérêts privés décider du sort économique des pèlerins équivaut à trahir l’esprit même du voyage sacré. Sans réparations rapides et sans protections ciblées, le pèlerinage risque de légitimer une nouvelle stratification sociale, où la foi se paie au prix fort et où la justice sociale devient une idée lointaine.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Branco Diop.
Mis en ligne : 23/01/20
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