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La gestion de Me Augustin Senghor laisse une empreinte lourde et embarrassante pour le football national. Le déficit de 2,4 milliards de francs CFA n’est pas une simple note comptable : il pèse sur les clubs, sur les infrastructures et sur la crédibilité des institutions. Loin d’une maladresse isolée, la situation évoque des choix de gouvernance discutables et des responsabilités qui demandent des éclaircissements. Le ton ici est sévère : la présomption d’erreur se transforme en suspicion de manquement, et le football en subit les conséquences.
À la passation de pouvoir, la nouvelle équipe découvre un héritage financier alarmant : une dette historique de 900 millions de francs CFA et un défaut de couverture lié au stade Demba Diop évalué à 2,4 milliards de francs CFA. Ces chiffres traduisent des engagements non tenus et des contreparties laissées sans garantie. L’impact se mesure déjà par des budgets de formation réduits, des projets de rénovation suspendus et une confiance affaiblie auprès des partenaires privés. Les supporters ressentent la conséquence pratique : moins de moyens pour les jeunes et moins d’ambitions pour les clubs.
La première interrogation porte sur la gestion des ressources et la transparence des comptes. Quand une fédération accumule un tel déficit, il convient d’expliquer chaque mouvement financier, chaque prise d’engagement et chaque convention signée. La deuxième interrogation concerne la gouvernance : qui a validé les dépenses, qui a approuvé les engagements liés au stade, et selon quels mécanismes de contrôle interne ? Enfin, la responsabilité personnelle de Me Augustin Senghor mérite d’être scrutée à l’aune des faits. Diriger une fédération implique de porter la responsabilité ultime des choix budgétaires ; la découverte d’un trou de plusieurs milliards invite à questionner la diligence et les priorités affichées sous son mandat.
Il est plausible d’affirmer que des décisions hasardeuses ont aggravé la situation financière. Par exemple, des investissements lourds sans plan de financement pérenne ressemblent à une gestion dictée par l’urgence ou par l’esthétique plutôt que par la soutenabilité. La faiblesse des mécanismes de contrôle interne favorise les dérives ; une fédération moderne doit posséder des audits réguliers et des comités indépendants pour valider les grands contrats. La responsabilité personnelle du président sortant ne peut être évacuée par des explications floues : lorsqu’un déficit atteint 2,4 milliards de francs CFA, l’exemplarité et la responsabilité doivent primer. La comparaison avec d’autres fédérations régionales montre que le problème n’est pas insoluble : certaines fédérations ont rénové leurs infrastructures en associant financement public et partenariats privés avec des garanties contractuelles solides. À l’inverse, le cas présent évoque la gestion imprudente d’un patrimoine collectif.
Les preuves publiques disponibles demandent une mise en perspective : quels contrats ont été signés autour du stade Demba Diop ? Quels étaient les calendriers de remboursement et les garanties apportées ? Si des garanties n’ont pas été sollicitées ou si des engagements ont été pris sans couverture, la responsabilité individuelle du président sortant devient centrale. La question n’est pas seulement technique ; elle est politique et morale. La confiance des partenaires se construit sur la transparence et la continuité, pas sur des promesses non financées. La population qui suit le football mérite des réponses claires et rapides.
Les éléments financiers à connaître vont au-delà des montants bruts : il faut accéder aux contrats, aux états de trésorerie mensuels et aux rapports d’audit. Une étude comparative mettrait en évidence les pratiques de prévention du risque adoptées par des fédérations comparables. Par exemple, la sécurisation des recettes commerciales ou la mise en place d’une trésorerie de réserve sont des outils simples et efficaces. Des investigations complémentaires sur les flux liés aux travaux du stade et aux recettes des compétitions nationales permettraient de reconstituer l’enchaînement des décisions qui a conduit au trou financier. Une telle reconstitution aiderait à situer la part de responsabilité personnelle et la part d’aléas institutionnels.
La situation financière héritée sous la présidence de Me Augustin Senghor pose une question de responsabilité qui ne peut rester théorique. Le déficit de 2,4 milliards de francs CFA fragilise le football concret : les clubs, les jeunes, les infrastructures. La réponse attendue n’est pas un discours convenu mais des pièces, des comptes vérifiés et, si nécessaire, des comptes rendus personnels. Le football mérite une gouvernance rigoureuse et transparente ; tant que ces éléments manqueront, les soupçons et les conséquences financières pèseront sur le jeu et sur la confiance des Sénégalais.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Bocar Diop.
Mis en ligne : 23/01/2026
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