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La Fédération algérienne de football (FAF) a récemment offert des maillots dédicacés au célèbre supporter congolais Michel Kuka Mboladinga, surnommé « Lumumba », en guise d’hommage après la polémique suscitée par la moquerie de l’attaquant algérien Mohammed Amoura à son égard. Si ce geste a été présenté comme un symbole de fraternité et de respect, il apparaît surtout comme une opération de communication habile, destinée à atténuer l’image d’une humiliation publique et à détourner l’attention de l’absence de mesures concrètes de réparation.
Michel Kuka Mboladinga, par son attitude immobile et solennelle en hommage à Patrice Lumumba, est devenu bien plus qu’un simple supporter : une icône de la résistance et de la dignité congolaise. Son engagement, salué par des milliers de fans, a transcendé le cadre sportif pour rappeler l’héritage d’un héros de l’indépendance africaine, assassiné en 1961.
Après l’élimination de la RDC face à l’Algérie, Amoura a imité sa posture avant de s’effondrer au sol, un geste perçu comme une moquerie par de nombreux observateurs et supporters congolais. Malgré ses excuses ultérieures, le mal était fait. La scène, largement relayée sur les réseaux sociaux, a suscité une vague d’indignation, rappelant à quel point le football peut parfois devenir le théâtre de dérives où l’émotion l’emporte sur le respect.
La FAF a réagi en invitant « Lumumba » à rencontrer les joueurs algériens et en lui offrant des maillots floqués à son nom. Si cette initiative a été saluée pour son aspect symbolique, elle reste avant tout une réponse superficielle à un incident qui a blessé bien au-delà des tribunes. En effet, offrir un maillot ne saurait effacer l’humiliation subie par un supporter dont la posture incarnait la mémoire collective d’un peuple. La FAF semble avoir privilégié une stratégie de communication plutôt qu’une véritable réflexion sur la responsabilité de ses joueurs et sur les valeurs que le football devrait porter.
Ce type de geste n’est pas inédit dans le monde du football. Les fédérations et les clubs ont souvent recours à des actions symboliques pour apaiser les tensions ou redorer leur blason. Pourtant, ces initiatives sont rarement suivies d’effets concrets. En 2021, lors de l’Euro, la UEFA avait sanctionné des joueurs pour avoir pris position contre le racisme, tout en affichant des messages de tolérance. De même, en Afrique, plusieurs incidents ont montré que les excuses et les hommages post-polémique servent souvent à calmer le jeu sans remettre en cause les comportements problématiques.
Dans le cas présent, la FAF a choisi de mettre en avant la « fraternité africaine » et les « liens historiques » entre l’Algérie et la RDC, mais sans aborder la question de fond : comment éviter que de tels incidents ne se reproduisent ? Comment éduquer les joueurs à la portée symbolique de leurs actes, surtout dans un contexte où le football est bien plus qu’un sport, mais un vecteur d’identité et de mémoire ?
Le geste de la FAF, aussi louable soit-il en apparence, révèle une tendance à privilégier l’image sur la substance. Plutôt que de s’engager dans une démarche de fond – comme des formations sur le respect des symboles historiques ou des sanctions éducatives pour les joueurs concernés –, la fédération a opté pour une solution facile, médiatisée, mais vide de sens profond. Cela pose la question de la sincérité de telles initiatives : s’agit-il vraiment de réparer une offense, ou simplement de sauver la face ?
Le football, par sa popularité et son émotion, a le pouvoir de rassembler, mais aussi de diviser. L’incident impliquant Amoura et « Lumumba » en est une illustration frappante. Le geste de la FAF, bien que symboliquement fort, ne doit pas nous faire oublier que le respect ne se décrète pas, il se construit au quotidien. Pour que le football reste un espace de fraternité, il faut aller au-delà des symboles et s’attaquer aux racines des comportements irrespectueux. Sinon, ces hommages ne seront que des pansements sur une jambe de bois, et les supporters, comme « Lumumba », continueront de payer le prix de notre inconséquence collective.
En définitive, la vraie réparation ne réside pas dans un maillot dédicacé, mais dans une prise de conscience et des actions concrètes pour que le terrain reste un lieu de respect et de dignité pour tous.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 24/01/2026
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