Un pot de yaourt pour cacher la drogue : Alerte à la prison de Ziguinchor - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Insolite | Par Eva | Publié le 22/01/2026 05:01:45

Un pot de yaourt pour cacher la drogue : Alerte à la prison de Ziguinchor

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La découverte d’un sachet de chanvre indien dissimulé dans un pot de yaourt destiné à un détenu de la Maison d’Arrêt et de Correction de Ziguinchor a déclenché l’arrestation de deux pensionnaires le 7 janvier. Vingt grammes de produit ont été saisis après l’ouverture d’un colis apparemment banal. L’affaire met en lumière des failles concrètes dans le circuit d’acheminement et de contrôle des colis en milieu carcéral, avec des conséquences sécuritaires et sanitaires non négligeables.

Le colis intercepté était adressé à un détenu âgé de 21 ans et contenait un pot de lait caillé qui renfermait, caché dans un sachet en plastique, du chanvre indien. Le bénéficiaire a admis que la marchandise devait être remise à un autre détenu de 26 ans, ce qui a permis d’établir l’existence d’une chaîne de livraison à l’intérieur de l’établissement. Le directeur de la maison d’arrêt a remis les deux mis en cause à la Brigade régionale des stupéfiants pour instruction et garde à vue. Les enquêtes visent l’origine de l’envoi et la présence éventuelle de complices extérieurs.

L’utilisation d’un pot de yaourt comme cachette révèle des méthodes de dissimulation simples mais efficaces face à des contrôles insuffisants. Les colis alimentaires sont, par nature, perçus comme moins suspects, ce qui crée une vulnérabilité exploitée par des tiers. Le fait que la drogue ait franchi les étapes de réception, de tri et de remise au détenu indique des lacunes à plusieurs niveaux : absence de fouille systématique, manque d’outils de détection ou protocoles de vérification incomplets. Une méthode aussi rudimentaire qu’un pot de yaourt a réussi là où des procédures devraient bloquer toute introduction de stupéfiants.

Les faits confirment plusieurs points problématiques. D’abord, la saisie prouve que le circuit d’acceptation des colis ne neutralise pas tous les risques, ce qui accroît l’insécurité interne pour le personnel et les détenus. Ensuite, la remise des deux pensionnaires à la police illustre la nécessité d’une traçabilité plus stricte des envois et des visiteurs. Enfin, l’organisation d’une livraison interne signale l’existence d’un marché illicite dans la prison, avec des effets directs sur la discipline et la santé des personnes détenues. Une comparaison avec des procédures en vigueur dans d’autres établissements montre que des fouilles aléatoires et l’usage de moyens de détection réduisent notablement le passage de produits interdits, et que la surconfiança dans l’apparence des colis favorise les abus.

L’emploi d’un pot de yaourt comme cachette met l’accent sur l’urgence d’une refonte des procédures de réception et de fouille des visiteurs. Les étapes impliquées dans l’acheminement — réception, enregistrement, contrôle, remise — constituent des points de vulnérabilité à sécuriser. Une réforme devrait inclure des consignes écrites pour le contrôle des produits alimentaires, des formations pour le personnel chargé du tri, et des protocoles clairs pour la gestion des colis suspects. Comparé à des systèmes où un scanner ou des inspections visuelles systématiques sont en place, le dispositif actuel se révèle insuffisant face à des stratagèmes simples et courants.

Des études pénitentiaires indiquent que la majorité des introductions illicites se fait via des colis ou des visiteurs. Dans certains territoires, l’installation de scanners pour bagages et la formation aux techniques de détection ont permis de réduire les saisies de stupéfiants de manière mesurable. Des pratiques complémentaires, comme l’obligation d’une liste détaillée des contenus, l’étiquetage obligatoire des denrées périssables et la surveillance vidéo lors de la remise des colis, ont donné des résultats positifs dans des établissements comparables. Une citation du dossier d’enquête rapporte la déclaration : « La drogue n’était pas pour ma consommation », phrase qui a aidé à retracer la chaîne de livraison.

La découverte d’une cachette aussi triviale qu’un pot de yaourt expose des faiblesses réelles dans la gestion des colis et la sécurité en détention. Les éléments présentés montrent que des procédures actuelles laissent passer des risques identifiables, avec des répercussions sur l’ordre et la santé en prison. Les mesures de renforcement — contrôle renforcé des colis alimentaires, formation du personnel, équipement adapté — apparaissent comme des réponses factuelles aux vulnérabilités révélées par cette affaire, afin de limiter la circulation des stupéfiants en milieu carcéral.

Article opinion écrit par la créatrice de contenu : Kiné Ndour.
Mis en ligne : 22/01/2026

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