Arrestations ciblées : Un coup dur pour l’image internationale de la RDC - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Afrique | Par Eva | Publié le 25/01/2026 01:01:15

Arrestations ciblées : Un coup dur pour l’image internationale de la RDC

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Je croyais que la politique était parfois une pièce de théâtre mal écrite ; je découvre qu’elle peut aussi ressembler à une farce judiciaire qui coûte cher à l’image d’un pays. Je refuse de célébrer une série d’arrestations présentée comme garde-fou de l’État quand elles sentent l’instrumentalisation politique à plein nez. Mon jugement est net : cette manœuvre affaiblit la République démocratique du Congo sur la scène internationale et met en péril des relations étrangères déjà fragiles.

Des officiers supérieurs, certains proches du président, ont été mis en accusation et transférés à la prison militaire de Ndolo pour des chefs graves. Les charges vont de l’association de malfaiteurs à la trahison, en passant par le complot contre le chef de l’État. La justice militaire annonce une accélération des procédures et la perspective de procès rapides. Voilà pour les faits bruts. Le spectacle, lui, mélange le sérieux des accusations avec une dramaturgie qui laisse perplexe.

Si l’on regarde la scène d’un peu plus haut, la violence symbolique de ces arrestations dépasse les murs de la prison. J’y vois d’abord une utilisation instrumentale des institutions : lorsqu’on transforme des différends internes en spectacles judiciaires, on fragilise la confiance des citoyens et on alerte les partenaires étrangers. L’image projetée devient celle d’un État où la sécurité juridique dépend d’arbitres politiques. Pour un investisseur ou pour un ambassadeur, cette impression vaut parfois plus que n’importe quel communiqué officiel.

Je soutiens que la manœuvre compromet l’image internationale de la RDC sur plusieurs plans. Sur le plan diplomatique, des alliés historiques et des bailleurs de fonds observent la scène avec circonspection ; ils craignent pour l’indépendance des institutions et pour la stabilité du cadre décisionnel. Sur le plan économique, la peur de l’instabilité politique décourage les projets à long terme et renchérit le coût du risque pays. Enfin, sur le plan militaire, la purge des cadres affaiblit la cohésion opérationnelle et crée des vides dangereux dans une armée qui fait face à des menaces réelles sur le terrain.

Cette vague d’arrestations ressemble moins à une opération de maintien de l’ordre qu’à une mise au pas des élites militaires perçues comme gênantes. J’ai l’impression d’assister à un ajustement de comptes plutôt qu’à une recherche de vérité judiciaire. La question centrale devient diplomatique : qui voudra désormais traiter avec une autorité qui instrumentalise la justice pour neutraliser des rivaux ? Comparer la situation à un château de cartes n’est pas exagéré, car une fois que la confiance s’écroule, tout s’effondre rapidement. Et comme dans un mauvais feuilleton, le public étranger se demande si la saison suivante apportera plus de stabilité ou plus de chaos.

Les procédures accélérées annoncées augmentent le risque de procès politisés et de condamnations discutables, ce qui alertera mécaniquement des partenaires comme l’Union européenne, des États-Unis ou des institutions financières internationales. Des missions de coopération militaire pourraient être suspendues, des prêts recalibrés, et des accords stratégiques retardés. Le coût politique de ces conséquences sera difficile à chiffrer mais il sera réel et durable.

Je refuse d’accepter le récit officiel sans poser des questions sur les objectifs réels de cette opération. Instrumentaliser la justice pour régler des comptes politiciens ne protège pas l’État ; au contraire, cela ruine sa crédibilité à l’extérieur et fragilise ses alliances. Si la RDC souhaite être prise au sérieux par ses partenaires, elle doit privilégier la transparence, l’indépendance judiciaire et la stabilité institutionnelle plutôt que des démonstrations de force qui ressemblent trop à une mise en scène. Le pays mérite mieux qu’un théâtre d’ombres.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 25/01/20
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