Bâtonnier et procureur saisis : Vers un double examen du dossier Prodac - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Justice | Par Eva | Publié le 26/01/2026 12:01:30

Bâtonnier et procureur saisis : Vers un double examen du dossier Prodac

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Le dossier Prodac revient sur le devant de la scène judiciaire avec une intensification des hostilités entre anciens responsables et avocats. Mame Mbaye Niang a décidé de porter plainte contre quatre membres du pool de défense du Premier ministre Ousmane Sonko, transformant une controverse juridique en un affrontement public qui interroge la frontière entre accusation, réputation et déontologie professionnelle.

Le 2 janvier, l’ancien ministre a déposé deux plaintes visant les avocats Macodou Ndour, Massokhna Kane, Magna Brice Silva et Abdy Nar Ndiaye. Les documents ont été transmis au procureur général près la Cour d’appel de Dakar et au bâtonnier de l’Ordre des avocats du Sénégal. La plainte vise des propos tenus lors d’une conférence de presse tenue le 22 décembre par la défense de Ousmane Sonko. Mame Mbaye Niang reproche à ses interlocuteurs des faits qu’il qualifie de diffamatoires, de falsification intellectuelle et de manquements aux règles déontologiques.

La démarche judiciaire apparaît comme une tentative de restaurer une réputation mise à mal par des allégations sur la gestion du dossier Prodac. L’ancien ministre conteste l’affirmation selon laquelle il aurait autorisé le décaissement de plus de deux milliards de francs CFA au bénéfice d’une société appelée Green 2000 avant la signature d’un marché. Il soutient que l’ordre de service a suivi la signature du contrat et accuse l’avocat Macodou Ndour d’avoir déformé des documents administratifs, ce qui, selon lui, a orienté l’opinion publique de manière trompeuse. La traduction ou la diffusion de ces accusations en langue wolof par Me Abdy Nar Ndiaye est également incriminée, tandis que Mes Massokhna Kane et Magna Brice Silva sont poursuivis pour avoir évoqué un rapport de l’Inspection générale des finances supposément défavorable à l’ancien ministre.

L’argument principal de Mame Mbaye Niang repose sur l’absence de fondement factuel pour les assertions litigieuses à l’époque des faits. Il rejette l’existence d’un rapport défavorable et qualifie les propos des avocats de fabrication intellectuelle destinée à nuire à son honneur. Sa plainte combine des éléments civils et déontologiques, cherchant à obtenir réparation devant les juridictions compétentes et à saisir le conseil de l’ordre sur la conduite professionnelle des mis en cause. L’approche juridique choisie met en avant la nécessité de confronter les preuves produites en public avec la réalité administrative des dossiers contestés.

La décision de porter l’affaire devant le procureur général et le bâtonnier introduit une double voie d’examen, pénale et professionnelle, qui devrait obliger à vérifier la véracité des pièces présentées lors de la conférence de presse. Cette stratégie traduit aussi la volonté de l’ancien ministre de transformer une polémique médiatique en un débat encadré par des règles procédurales. Les enjeux dépassent la seule sphère personnelle, car la qualité du débat public dépend de la rigueur des accusations et de la responsabilité des acteurs qui les portent devant l’opinion.

L’action engagée sollicite des instances judiciaires et disciplinaires pour établir si des propos tenus publiquement ont dépassé la liberté d’expression et si des documents ont été manipulés. L’examen des pièces, des dates et des signatures figurera au cœur des investigations, et la saisine du bâtonnier introduit la question des pratiques professionnelles lors de communications publiques. La procédure pourrait également préciser les limites de la communication judiciaire lorsqu’elle sert un agenda politique.

La plainte de Mame Mbaye Niang lance une nouvelle étape du bras de fer autour du dossier Prodac, centrée sur la défense de l’honneur et la mise en cause de pratiques supposées déloyales. La dualité des voies choisies laisse envisager un parcours contentieux long, où la confrontation des documents et la délibération éthique du barreau joueront un rôle décisif. Quel que soit le résultat, cette affaire illustre la manière dont les conflits juridiques peuvent se prolonger dans l’espace public et imposer un examen précis des faits et des responsabilités.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Chérif Gueye.
Mis en ligne : 26/01/2026

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