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Une pirogue partie de la côte gambienne avec 300 personnes à bord reste introuvable depuis plus d’un mois, et l’angoisse monte sur les côtes senegalo-gambiennes. Le départ a eu lieu le 5 décembre depuis Djinack, en Gambie, en direction des îles Canaries via l’Espagne. Les acteurs de la migration au Sénégal tirent la sonnette d’alarme, craignant un naufrage aux conséquences dramatiques.
L’embarcation a été filmée pour la dernière fois le 6 décembre, au large de Joal du côté sénégalais, en train de lutter contre une mer agitée. La vidéo montre une pirogue visiblement surchargée, avec de jeunes migrants venant du Sénégal, de Gambie, du Mali et de Guinée. Les délais de traversée sont habituellement courts, mais la trajectoire et les conditions maritimes compliquent chaque départ. Les contrôles autour de Dakar se sont intensifiés, ce qui a déplacé les embarquements plus au sud vers la Gambie et les îles du Saloum.
La situation souligne la fragilité des voyages clandestins en Atlantique. La surpopulation des pirogues et la houle augmentent le risque d’accident, tandis que le déplacement des points de départ rallonge la durée en mer et expose davantage les passagers. Les acteurs locaux observent que les moyens de repérage existent, mais que leur mobilisation pour secourir des embarcations reste insuffisante. Le problème ne se limite pas à un seul départ : il renvoie à un engrenage entre répression, itinéraires détournés et dangers accrus pour les migrants.
Les voix associatives dénoncent l’absence de dispositifs de sauvetage humanitaire dans l’Atlantique proche des côtes ouest-africaines, ce qui laisse beaucoup de monde livré aux éléments. Les mesures de surveillance, quand elles existent, semblent prioriser la dissuasion plutôt que la protection. Le temps de traversée plus long, consécutif aux détournements de route, multiplie les moments de vulnérabilité : panne, épuisement, manque d’eau et de nourriture augmentent la probabilité de drames. Chaque disparition d’embarcation rappelle la précarité des parcours migratoires et la nécessité de repenser la manière dont les États et les acteurs humanitaires traitent ces flux.
Le déplacement des départs vers des zones moins surveillées a des conséquences visibles sur la composition des embarcations et sur la durée des voyages. Les jeunes qui prennent la mer sont souvent poussés par l’espoir d’une vie meilleure, sans disposer d’alternatives sûres. Les organisations locales demandent des recherches actives pour retrouver les disparus et des moyens de sauvetage adaptés pour prévenir d’autres pertes humaines. Les autorités disposent d’avions, de radars et de navires, selon les témoignages des acteurs de la migration, mais la coordination et l’objectif de ces moyens demeurent discutés par ceux qui suivent le phénomène de près.
Les témoignages filmés et les signalements émanant des associations fournissent des éléments concrets sur la dernière localisation connue de la pirogue et sur le profil des passagers. Les observations sur les routes migratoires montrent une évolution des pratiques de départ et une adaptation des passeurs aux contrôles renforcés. Les acteurs associatifs suivent les mouvements avec inquiétude et demandent que les ressources disponibles servent aussi à la recherche et au sauvetage, et non uniquement à la dissuasion.
L’affaire de la pirogue disparue au large des côtes senegalo-gambiennes met en lumière une réalité tragique et récurrente : lorsque les contrôles se durcissent sans offrir d’alternatives sûres, les départs se déplacent et la mer devient un piège. Les acteurs de la migration appellent à des recherches approfondies et à une prise en compte de la dimension humaine des dispositifs de surveillance. Tant que la protection des personnes ne sera pas priorisée, le risque que d’autres embarcations disparaissent en mer restera élevé.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Samba Diop.
Mis en ligne : 27/01/2026
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