Somalie-EAU : Une rupture brutale aux lourdes implications régionales - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Afrique | Par Eva | Publié le 26/01/2026 07:01:15

Somalie-EAU : Une rupture brutale aux lourdes implications régionales

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Le gouvernement somalien a annoncé l’annulation de l’ensemble de ses accords avec les Émirats arabes unis (EAU) , coulant ainsi des liens de coopération militaires, sécuritaires et économiques noués ces dernières années. La décision couvre les conventions signées avec des institutions émiraties, leurs entités affiliées et certaines administrations régionales somaliennes, et touche des infrastructures portuaires clés à Berbera, Bosaso et Kismayo. Les autorités de Mogadiscio invoquent des « preuves sérieuses » d’actions visant à affaiblir la souveraineté et l’unité nationale, tandis qu’Abou Dhabi n’a pas publié de réaction officielle.

Les ports visés par la rupture se situent le long de la mer Rouge et du golfe d’Aden, corridors maritimes essentiels pour le commerce régional et pour la surveillance des routes maritimes. Berbera est exploité en partie par le groupe DP World en partenariat avec le gouvernement du Somaliland et des investisseurs étrangers, et accueille des infrastructures portuaires et militaires développées depuis plusieurs années. Bosaso, dans la région du Puntland, a servi de point d’appui pour des opérations de sécurité maritime et pour la présence logistique étrangère. Kismayo reste un hub stratégique pour le sud du pays. Le Somaliland, territoire séparatiste doté d’un exécutif propre, maintient des relations économiques et sécuritaires distinctes avec des États extérieurs, ce qui alimente les tensions avec le gouvernement fédéral de Mogadiscio. La reconnaissance officielle du Somaliland par un État tiers a renforcé les inquiétudes de la Somalie concernant l’intégrité territoriale.

La rupture rompt non seulement des accords commerciaux mais aussi des arrangements de sécurité qui ont permis la formation, l’équipement et la présence de forces étrangères sur des bases somaliennes. Des responsables somaliens affirment que des forces et du matériel émiratis ont commencé à être retirés de certaines installations, et qu’une partie du personnel a été évacuée vers l’Éthiopie voisine. L’arrêt brutal de ces partenariats expose la Somalie au risque de vide sécuritaire dans des zones où l’État central peine déjà à imposer son autorité. La perte d’un soutien logistique externe complique la lutte contre la piraterie, contre les groupes armés et contre les trafics qui prospèrent le long des côtes. Les accords économiques et portuaires rompus affectent par ailleurs des chaînes d’investissement qui ont mobilisé des capitaux étrangers et des emplois locaux, sans dispositif public immédiatement disponible pour compenser ces pertes.

Les faits montrent que la décision intervient sans annonce préalable d’un plan de remplacement des garanties de sécurité ou d’un calendrier de transition. En fermant la porte à des partenariats qui assuraient des services logistiques et des revenus portuaires, la Somalie fragilise ses capacités opérationnelles et financières à court terme. Les exemples concrets incluent la gestion partagée du port de Berbera, qui assurait une rentrée d’investissements, et la présence émiratie à Bosaso, qui contribuait à la surveillance maritime au large du Puntland. La rupture risque de renforcer l’influence d’acteurs régionaux concurrents et de pousser certaines administrations régionales à consolider leurs propres accords extérieurs, ce qui affaiblirait l’unité institutionnelle de l’État somalien. Une comparaison avec des ruptures diplomatiques précédentes dans la région montre que les conséquences économiques et sécuritaires peuvent perdurer si aucun mécanisme alternatif n’est mis en place rapidement. Une autre comparaiso

La chronologie et l’étendue de la décision laissent apparaître une démarche politique précipitée qui sacrifie des alliances régionales importantes sans stratégie publique claire pour protéger l’unité nationale et les intérêts somaliens. Les autorités fédérales ont invoqué des atteintes à la souveraineté en citant des preuves internes, mais elles n’ont pas rendu publiques des mesures concrètes pour remplacer les fonctions assurées par les partenaires émiratis. Ce vide de stratégie crée un dilemme : renforcer le contrôle central sans outils opérationnels, ou accepter que des régions autonomes trouvent d’autres partenaires, ce qui fragmenterait davantage la gouvernance. Le retrait éventuel des forces émiraties complique la coordination avec les alliés régionaux et internationales qui opèrent déjà dans la zone, laissant planer un risque de compétition d’influence sur des territoires fragiles.

Des données portuaires montrent que le trafic et les investissements à Berbera ont augmenté depuis l’arrivée de gestionnaires étrangers, avec des contrats long terme pour l’exploitation des terminaux. Les capacités logistiques à Bosaso et Kismayo dépendaient en partie de la présence d’entreprises et d’équipements fournis par des partenaires externes. Les missions internationales de formation et de coopération en Somalie ont souvent reposé sur des plateformes logistiques étrangères, ce qui signifie que la rupture peut réduire l’efficacité des programmes d’assistance. Des indicateurs économiques locaux, tels que l’emploi lié aux activités portuaires et les recettes douanières, risquent de subir une baisse pendant la période de transition.

La décision de rompre tous les accords avec les Émirats arabes unis crée des ruptures concrètes dans les domaines sécuritaire, économique et logistique sans qu’un plan de remplacement public ne soit apparu à ce jour. Les faits disponibles indiquent un risque accru de vide sécuritaire, une perte de recettes portuaires et une possible fragmentation des relations régionales. En l’absence d’un dispositif alternatif clairement articulé, la manœuvre présente le caractère d’une rupture rapide aux conséquences susceptibles d’affecter durablement l’unité et les intérêts somaliens.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Emmanuel F.
Mis en ligne : 26/01/2026

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