Quand la viralité banalise un geste dangereux : Le cas du supporter au laser - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Insolite | Par Eva | Publié le 25/01/2026 08:01:00

Quand la viralité banalise un geste dangereux : Le cas du supporter au laser

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La compagnie aérienne a annoncé la prise en charge totale d’un jeune supporter sénégalais, identifié par les plateformes numériques après avoir brandi un pointeur laser lors du match retour Sénégal–Égypte de mars 2022, et devenu un symbole viral surnommé « porte-bonheur ». La mobilisation sur les réseaux sociaux a permis de localiser ce supporter et d’organiser son déplacement pour la demi-finale contre l’Égypte à Tanger. Le geste de valorisation soulève des questions factuelles sur la sécurité du jeu et la responsabilité des acteurs médiatiques et privés.

Pendant la rencontre de 2022, des images ont montré l’utilisation d’un pointeur laser dirigé vers le terrain, un comportement observé à plusieurs reprises dans les stades internationaux. Les dispositifs de ce type sont vendus librement, mais ils figurent souvent parmi les objets interdits dans les règlements de compétition en raison du risque d’éblouissement et de distraction. Les fédérations et les instances disciplinaires ont infligé des sanctions dans des cas documentés où des projecteurs laser ont perturbé des arbitres ou blessé des joueurs, entraînant des enquêtes et, parfois, des amendes pour les clubs ou les organisateurs.

Les dispositifs laser de faible puissance peuvent provoquer un moment d’éblouissement, altérer la concentration des joueurs et gêner la vision des arbitres au moment décisif d’une action de jeu. Les protocoles de sécurité des stades prévoient des fouilles et des interdictions d’objets susceptibles de troubler la rencontre, mais les contrôles restent inégaux selon les contraintes logistiques et la densité des spectateurs. La médiatisation d’un supporter équipé d’un pointeur renforce une visibilité positive associée au geste, alors que les règlements disciplinaires classent cette pratique parmi les infractions à la sécurité sportive. La prise en charge par une compagnie aérienne transforme un acte potentiellement dangereux en récit valorisé et transporté sur fonds publics ou commerciaux.

Les faits documentés montrent que la normalisation d’un comportement dangereux fragilise la crédibilité des mesures de sécurité mises en place par les organisateurs. Lorsque les médias mettent en lumière un individu pour ses faits de supportérisme, sans cadrer l’aspect dangereux de l’objet utilisé, le signal envoyé au public devient ambigu. Des incidents similaires ont conduit à l’arrêt temporaire de matchs ou à des interventions policières, ce qui prouve que l’impact sur le déroulement de la compétition n’est pas théorique. La décision d’une compagnie de financer le déplacement d’un tel supporter engage la responsabilité sociale de l’entreprise et questionne la cohérence avec les règles de prévention et de sûreté appliquées par les stades.

En valorisant un supporter armé d’un pointeur laser, les médias et la compagnie participent à une forme de normalisation observable dans d’autres contextes sécuritaires, comme les interpellations sur l’usage de feux d’artifice en tribunes ou des jets d’objets vers le terrain. La mise en scène publique d’un individu ayant utilisé un objet prohibé peut créer un effet d’imitation et compliquer l’application des sanctions disciplinaires par les instances. La comparaison avec des campagnes de prévention qui ciblent l’interdiction d’objets dangereux met en lumière une contradiction entre communication festive et impératif de sécurité sur le terrain.

Des rapports de fédérations de football et d’organismes de sécurité mentionnent que l’utilisation de pointeurs laser figure parmi les causes de perturbation les plus signalées lors d’événements internationaux, avec des procédures d’enquête menées par les commissions disciplinaires et des recommandations pour renforcer les contrôles d’accès. Des études médicales sur les atteintes oculaires rappellent que des lasers de classe 3R ou supérieurs peuvent entraîner des lésions rétiniennes en cas d’exposition prolongée, ce qui justifie l’interdiction dans les environnements à forte densité humaine. La comparaison avec les interdictions strictes appliquées dans les manifestations aériennes ou dans les concerts illustre une pratique de gestion des risques qui semble ici contournée par la célébration médiatique.

Les faits consignés montrent une tension entre célébration publique et impératif de sécurité sportive lorsque la mise en avant d’un supporter armé d’un pointeur laser reçoit un soutien institutionnel et médiatique. La valorisation de ce geste crée un précédent qui entre en contradiction avec les règlements et avec les données médicales et disciplinaires sur les risques liés aux lasers. La décision de transporter et d’exposer ce supporter agrandit le débat sur la responsabilité des médias et des entreprises face à des comportements qui compromettent le déroulement et la crédibilité du sport.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Fallou B.
Mis en ligne : 25/12/2025

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