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Le principal regroupement syndical de l’éducation, le G7, a lancé une série de mouvements à partir du mardi 13 janvier 2026, incluant débrayages, grèves totales et une marche nationale prévue à Thiès, selon les annonces publiques faites le 12 janvier à Keur Massar. Ces actions ciblent le non-respect d’accords signés en 2018 et 2022 et promettent d’interrompre les cours sur plusieurs journées, une situation qui menace directement le temps d’enseignement et les acquis scolaires des élèves.
La décision du G7 intervient après une année scolaire 2024-2025 marquée par une accalmie relative, attribuée par les syndicats au sens des responsabilités des enseignants et à leurs sacrifices pour préserver le calendrier scolaire. Les revendications portent sur la signature de décrets, la correction du système de rémunération, l’équité salariale, les retards de paiement des enseignants contractuels, le paiement des indemnités d’examens, la fiscalité sur les rappels et indemnités, l’absence de budgets de fonctionnement pour les établissements, la prise en charge des bourses des élèves-professeurs et la réforme des statuts et des retraites. Les syndicats dénoncent aussi la mise à l’écart des organisations dans les activités ministérielles et le blocage des cotisations syndicales.
Les journées sans cours programmées — débrayage le 13 janvier, grève totale le 14 janvier, nouveau débrayage et marche le 22 janvier, puis grève totale le 23 janvier — entraînent une perte immédiate d’heures d’enseignement pour des milliers d’élèves. La durée cumulée des interruptions réduit le nombre d’heures pédagogiques disponibles dans une année scolaire déjà calibrée. La recherche pédagogique montre que la densité horaire et la continuité des apprentissages sont des déterminants directs des acquis en lecture et en calcul, de sorte que toute contraction du temps scolaire a des effets mesurables sur les apprentissages fondamentaux. La suspension répétée des cours crée des ruptures de progression, fragilise la remédiation et complique la préparation aux examens nationaux.
La perte d’heures d’enseignement compromet les acquis en premier lieu pour les élèves des cycles primaires, où la consolidation des compétences de base nécessite une pratique régulière. Les établissements situés dans les zones rurales et les quartiers défavorisés dépendent souvent de calendriers serrés et de ressources limitées ; une interruption y pèse plus lourd que dans les écoles mieux dotées, ce qui creuse les inégalités entre établissements et territoires. Les retards et la multiplication des journées blanches augmentent aussi le risque de décrochage scolaire chez les adolescents qui cumulent fragilités familiales et besoins de travail. Une comparaison avec des pays qui compensent par des semaines pédagogiques supplémentaires montre que les solutions de rattrapage exigent des moyens financiers et logistiques importants, parfois inaccessibles aux écoles les plus pauvres.
La focalisation sur l’impact direct sur les élèves met en lumière des conséquences concrètes et vérifiables : moins d’heures d’enseignement signifie moins d’exercices dirigés, moins d’évaluations formatives et moins de temps pour la différenciation pédagogique. Les examens comme le baccalauréat et les diplômes professionnels risquent d’être préparés dans des conditions dégradées, avec pour effet une baisse potentielle des taux de réussite et une aggravation des inégalités scolaires. La fragilité du comité de suivi des accords et le blocage des mécanismes de dialogue entretiennent l’incertitude, ce qui limite la capacité des établissements à planifier des dispositifs compensatoires.
Des études internationales indiquent qu’une réduction de la durée scolaire corrèle avec des baisses de performance en mathématiques et en lecture chez les élèves de primaire, tandis que les dispositifs de soutien individualisé réduisent le risque de décrochage lorsque des ressources sont mobilisées. Les expériences de rattrapage par session estivale exigent des budgets supplémentaires et une coordination nationale, options difficiles à mettre en œuvre rapidement sans engagement financier et institutionnel clair. Deux comparaisons illustrent le propos : dans un système urbain bien doté, une semaine perdue peut être absorbée par des heures supplémentaires et des modules intensifs, alors que dans une école rurale sans personnel supplémentaire, la même semaine entraîne un retard irréversible pour certains élèves.
La succession d’arrêts de cours annoncée par le G7 représente un risque tangible pour les acquis scolaires, le maintien dans le système et l’équité entre établissements et territoires. Les conséquences attendues traversent les niveaux d’enseignement et touchent surtout les élèves les plus vulnérables, pour qui chaque heure d’enseignement compte. Sans des mesures de compensation coordonnées et des moyens ciblés, la perte de temps scolaire annoncée risque de se traduire par une détérioration mesurable des performances et par une hausse du décrochage, avec des effets durables sur les trajectoires éducatives.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Sadikh Diop.
Mis en ligne : 26/01/2026
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