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La destitution de Xabi Alonso après huit mois au Real Madrid illustre une rupture entre une méthode dite « douce » et la réalité d’un vestiaire saturé d’egos et de stars. L’ancien milieu avait présenté un projet collectif ambitieux et obtenu 13 victoires sur 14 matches au début de son mandat, mais la série d’échecs ponctuée par la défaite en Supercoupe d’Espagne contre le FC Barcelone a précipité son départ. Les faits montrent une gestion psychologique qui n’a pas produit la cohésion attendue.
Alonso est arrivé fin mai 2025 avec l’objectif affiché de reconstruire une équipe capable de rivaliser au plus haut niveau européen. Le club reste deuxième de Liga et bien placé en phase de poules de la Ligue des champions, mais la direction a jugé le niveau collectif insuffisant. Le vestiaire comporte des figures de premier plan, dont Kylian Mbappé, auteur de 29 buts en 25 rencontres, tandis que des leaders historiques comme Toni Kroos ont quitté l’effectif et Luka Modric porte désormais d’autres couleurs. La nomination d’Alvaro Arbeloa comme intérimaire confirme la recherche d’une solution interne après le limogeage.
Les éléments factuels convergent vers un écart entre la stratégie managériale d’Alonso et la culture du club. La méthode douce privilégie l’autonomie, la responsabilisation individuelle et la construction progressive d’une identité tactique. En pratique, plusieurs joueurs clés ont souffert de blessures et d’irrégularité, et le collectif n’a jamais atteint une constance perceptible lors des gros rendez-vous. Le rôle des habitudes antérieures apparaît central : sous Carlo Ancelotti, le Real a développé des rapports hiérarchiques informels et un management paternaliste qui ont produit des succès mais aussi une dépendance structurelle. À l’opposé, la tentative d’Alonso de modifier ces routines n’a pas été accompagnée d’un rééquilibrage du vestiaire ni d’un renouvellement clair des responsabilités.
Les faits appuient l’idée d’une incompatibilité opérationnelle entre un contrôle psychologique léger et des effectifs de « superstars ». Premièrement, la déconvenue dans les matchs décisifs, y compris la Supercoupe perdue 3-2, montre une incapacité à aligner motivation et discipline collective au moment crucial. Deuxièmement, les blessures récurrentes et l’irrégularité de performances individuelles ont rendu la mise en place d’un système stable impossible, situation aggravée par un effectif jugé déséquilibré par des observateurs. Troisièmement, la comparaison avec des cas passés — Rafael Benitez et Julen Lopetegui ont connu des renvois précoces pour raisons proches — illustre que le problème dépasse le seul profil de l’entraîneur et touche la gouvernance du club.
La défaillance principale relevée par les faits tient à la gestion psychologique du vestiaire : la méthode douce a échoué à contenir des ego fortement installés et à transformer l’excellence individuelle en performance collective durable. Les pressions liées aux résultats au Real demandent plus qu’une relation coach-joueur basée sur la confiance réciproque ; elles exigent des mécanismes de leadership clairs, de l’arbitrage interne et une discipline partagée. Quand ces mécanismes font défaut, la logique des stars prime, les messages tactiques se diluent et la cohérence de jeu s’effrite.
Les chiffres de la période d’Alonso témoignent d’un contraste : série initiale de 13 victoires, puis cinq défaites cumulées sur des échéances clefs incluant la Supercoupe et des confrontations contre les principaux rivaux. Les analyses de spécialistes indiquent un effectif sans remplacements structurants après le départ de cadres, et une dépendance accrue aux performances individuelles de joueurs comme Mbappé. À l’international, des clubs ayant tenté des transitions culturelles similaires ont souvent associé la méthode douce à un renfort du staff psychologique et à un remodelage de l’effectif, mesures qui n’ont pas été prises de manière visible au Real.
Les faits mis bout à bout suggèrent que la méthode d’Alonso n’a pas trouvé d’écho efficace dans un vestiaire où les ego et les habitudes de pouvoir préexistent. Le limogeage relève d’une cohabitation managériale insatisfaisante entre un projet de transformation douce et une exigence de résultats immédiats. Restent des chiffres et des images : une courte réussite initiale, des désordres ultérieurs et la nomination d’un intérimaire, signes concrets d’un modèle qui n’a pas su convertir le talent individuel en force collective.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Marwane N.
Mis en ligne : 27/01/2026
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