Les opinions exprimées dans cet article sont celles d’un contributeur externe. NotreContinent.com est une plateforme qui encourage la libre expression, la diversité des opinions et les débats respectueux, conformément à notre charte éditoriale « Sur NotreContinent.com chacun est invité à publier ses idées »
La désignation d’un arbitre déjà controversé pour une demi-finale majeure provoque une inquiétude légitime et pose une question simple mais lourde : la Confédération africaine de football semble oublier ses propres erreurs. L’observation est sévère mais nécessaire : le retour de cet arbitre illustre un manque de mémoire institutionnelle et révèle l’absence de sanctions réellement dissuasives. La position adoptée ici est négative et insiste sur l’urgence d’un changement de culture au sein de cet organisme.
La rencontre entre le Sénégal et l’Égypte se joue sous des projecteurs intenses, avec des attentes fortes des supporters et des médias. L’arbitre concerné avait déjà officié une confrontation qui avait suscité des polémiques importantes, laissant des blessures sportives et des doutes sur l’impartialité des décisions. La Confédération a confirmé sa nomination, sans apporter de justification publique détaillée ni d’explication sur le suivi disciplinaire des erreurs passées. Cette absence de transparence alimente la méfiance et fragilise la crédibilité des compétitions.
La répétition d’une même erreur administrative envoie plusieurs signaux négatifs. D’abord, elle suggère que les procédures internes de la Confédération ne prévoient pas de mécanismes robustes pour tirer des leçons des matchs litigieux. Ensuite, l’absence de sanction réaliste transforme la sanction en simple formalité, sans effet dissuasif. Enfin, le choix maintenu d’un arbitre controversé contribue à l’idée que les décisions sportives sont déconnectées des attentes d’équité du public. La situation s’analyse comme un problème de gouvernance autant que comme une faiblesse technique dans la gestion des arbitres.
La crédibilité d’une instance repose sur la cohérence entre ses paroles et ses actes, or la Confédération affirme soutenir l’intégrité sans démontrer de conséquences réelles face aux erreurs répétées. Les supporters et les équipes se retrouvent privés d’une garantie tangible de justice. Un arbitre sanctionné symboliquement mais maintenu dans les matches à fort enjeu donne l’impression d’un système indulgent, comparable à un organisme qui sanctionne ses agents sans les éloigner des responsabilités. Une autre comparaison pertinente oppose une fédération qui apprend de ses erreurs et une organisation qui recommence sans corriger ; la différence tient ici à la méthode et à la volonté de changement.
Le retour de l’arbitre controversé illustre précisément le manque de mémoire institutionnelle de la Confédération et révèle l’absence de sanctions réalistes pour les erreurs antérieures répétées. Cette nomination montre que les dossiers disciplinaires ne semblent pas influencer les arbitrages futurs de façon significative, ce qui fragilise la justice sportive. Les institutions qui ne capitalisent pas sur leurs erreurs courent le risque de perdre leur légitimité, et le football africain ne peut se permettre cette fuite en avant. Les décisions arbitrales deviennent alors des éléments de polarisation plutôt que des décisions techniques.
Des exemples concrets existent ailleurs : certaines fédérations appliquent des suspensions temporaires assorties de stages obligatoires pour les arbitres fautifs, tandis que d’autres instaurent des revues publiques des performances arbitrales. La mise en place d’une base de données transparente sur les performances et sur les sanctions permettrait de mesurer l’impact des décisions disciplinaires. Les chiffres montrent que la confiance des spectateurs chute lorsque les controverses s’accumulent sans réponse visible, et cette perte d’audience a un coût économique et moral pour les compétitions.
La nomination contestée est plus qu’un simple mauvais choix : elle incarne une faiblesse structurelle qui demande une réponse ferme et cohérente. La Confédération doit cesser d’appliquer des remèdes symboliques et instaurer des règles claires, avec des sanctions proportionnées et un suivi public des décisions. Sans cela, la confiance continuera de s’éroder et le spectacle perdra de sa valeur éthique. Le football africain mérite mieux qu’un oubli organisé ; il mérite des institutions capables d’apprendre et de se réformer.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Babacar Diop.
Mis en ligne : 14/01/2026
—
La plateforme NOTRECONTINENT.COM permet à tous de diffuser gratuitement et librement les informations et opinions provenant des citoyens. Les particuliers, associations, ONG ou professionnels peuvent créer un compte et publier leurs articles Cliquez-ici.




