WhatsApp et injures : Le scandale qui secoue l’hôpital Le Dantec - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Justice | Par Eva | Publié le 01/02/2026 02:02:50

WhatsApp et injures : Le scandale qui secoue l’hôpital Le Dantec

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Un conflit personnel et professionnel oppose aujourd’hui le Directeur général de la Santé, Ousmane Cissé, au Directeur de l’hôpital Aristide Le Dantec, El Hadji Mansour Diop, avec la participation d’un tiers, le bijoutier Pape Ibrahima Thiam. L’affaire, portée devant le Tribunal d’instance de Dakar, tourne autour de messages WhatsApp jugés injurieux, diffamatoires et attentatoires à la vie privée, visant en particulier l’épouse du plaignant.

Les faits remontent au 11 juin 2024, lorsque El Hadji Mansour Diop, gynécologue-obstétricien et ancien administrateur d’une clinique privée, reçoit une série de messages provenant d’un numéro identifié dans la procédure. Les captures d’écran déposées au dossier montrent des propos humiliants et diffamatoires adressés au médecin, à son épouse et à sa famille. La plainte a été enregistrée le 28 janvier 2025 sous le numéro 0977/CPE, dénonçant un harcèlement numérique répété. Le dossier place en vis-à-vis des responsabilités personnelles et des fonctions publiques, ce qui complexifie l’appréciation juridique et médiatique du conflit.

L’analyse doit distinguer la portée technique des éléments et la dimension relationnelle du conflit. Sur le plan technique, l’enquête de la police du Point E a permis d’identifier la ligne d’émission des messages et la marque du téléphone utilisé, des éléments qui orientent la preuve mais n’effacent pas les zones d’ombre sur l’origine réelle des envois. Sur le plan humain, la rupture d’une amitié ancienne, officiellement intervenue en 2023 sur fond de différend financier, fournit un mobile vraisemblable à l’escalade. Le plaignant affirme reconnaître le ton et le style du Directeur général de la Santé, qui nie toute implication directe tout en admettant avoir acheté le téléphone et la puce offerts ensuite à Pape Ibrahima Thiam.

Les pièces du dossier exposent des arguments contradictoires. Le plaignant soutient que les messages portent atteinte à l’honneur et à la vie privée de son épouse, en citant notamment des phrases à forte charge personnelle. La défense d’Ousmane Cissé met en avant la chaîne de possession matérielle du téléphone, la transmission à un ami d’enfance et la possibilité d’utilisation par un tiers. Le bijoutier Pape Ibrahima Thiam, convoqué par les enquêteurs, reconnaît être le titulaire du numéro et l’auteur des messages, admettant avoir voulu défendre un ami et présentant des excuses devant la justice. Le jeu des responsabilités apparaît donc partagé entre intention, action directe et relais matériel.

Le dossier interroge la frontière entre discours privés et dérapages publics, surtout quand les protagonistes occupent des fonctions visibles dans le secteur médical. L’existence d’un groupe WhatsApp professionnel où des échanges houleux auraient eu lieu ajoute une couche contextuelle aux tensions, sans pour autant expliquer ou justifier les propos injurieux. L’enquête a privilégié des méthodes techniques classiques — réquisition auprès de l’opérateur, géolocalisation, historique des appels — qui ont permis d’établir des éléments matériels mais la valeur probante des captures et des aveux reste soumise à l’appréciation judiciaire.

La procédure met en lumière des pratiques désormais communes : l’usage des applications de messagerie comme arme relationnelle, la circulation rapide de contenus privés et la difficulté à circonscrire la responsabilité lorsqu’un appareil change de mains. Les confrontations d’aveux et de dénégations dans le dossier illustrent la complexité des preuves numériques, où la paternité des propos peut être revendiquée puis atténuée. Les avocats des parties ont demandé un renvoi, expliqué par l’absence du principal mis en cause à l’audience, décision qui reporte la réponse judiciaire à une date ultérieure.

Le procès, renvoyé au 10 février 2026, rassemble des enjeux personnels, institutionnels et techniques. Les prévenus sont poursuivis pour menaces de violences, voies de fait, injures non publiques et complicité, et le tribunal devra départager des éléments matériels et des intentions contradictoires. Au-delà du cas particulier, l’affaire illustre la vulnérabilité des relations professionnelles face aux pratiques numériques et la manière dont une rupture privée peut se transformer en contentieux public exigeant une réponse judiciaire précise et mesurée.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Pape Ba.
Mis en ligne : 01/02/202
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