Confrontation mortelle à Ndiaganiao : Entre légitime défense et excès - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Société | Par Eva | Publié le 28/01/2026 11:01:45

Confrontation mortelle à Ndiaganiao : Entre légitime défense et excès

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La localité de Ndiaganiao a été le théâtre d’une altercation qui a coûté la vie à Birame Sène, alias « Ndiangou », âgé de 43 ans, connu pour des faits de vol de bétail. La confrontation a opposé le suspect à son présumé victime, Mbissane Ndione, lors d’une tentative de dérobade nocturne de bœufs. Le décès du mis en cause et la mise en cause judiciaire de l’éleveur soulèvent des questions sur la réponse communautaire à la délinquance rurale.

Depuis le 26 septembre 2026, Birame Sène et Aliou Diouf faisaient l’objet d’un avis de recherche pour un vol de 11 moutons commis dans le village de Mballakh, arrondissement de Fissél. Lors d’une première fuite, les auteurs avaient abandonné une charrette et un cheval au village de Ndiaye Ndiaye ; la charrette a été immobilisée à la brigade de Ndiaganiao et le cheval, confié au chef de village, est décédé quelques jours plus tard. Quatre des moutons volés ont été retrouvés au domicile d’Aliou Diouf. Une semaine après, Sène et un complice nommé Ndome Ndione ont tenté une nouvelle incursion dans les enclos d’Aly Ndione et de Mbissane Ndione, alors que les éleveurs surveillaient leurs troupeaux.

La tentative d’effraction a dégénéré en violence physique. Selon les faits, Birame Sène a porté un coup de machette à Mbissane Ndione ; l’éleveur a riposté pour se défendre et le voleur a succombé avant l’arrivée des gendarmes. L’acolyte Ndome Ndione a pris la fuite puis a été interpellé par les forces de l’ordre. L’éleveur blessé a été d’abord évacué au poste de santé local, puis traduit devant le parquet de Mbour pour « coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner ». La procédure judiciaire engage désormais des enquêtes pour établir les circonstances précises de la riposte et la proportionnalité des moyens utilisés pour la défense.

Les éléments du dossier montrent des failles dans la prévention locale du vol de bétail et dans la gestion des réactions communautaires. La présence d’un avis de recherche antérieur indique que les autorités savaient d’ores et déjà que les suspects représentaient un risque pour les troupeaux ; malgré cela, des habitants ont assuré eux-mêmes une surveillance nocturne. Le recours à la force létale lors d’une confrontation place la justice communautaire sur un terrain dangereux où la réaction populaire peut supplanter les procédures judiciaires. La qualification retenue par le parquet traduit la nécessité d’évaluer la légitime défense et l’intention criminelle dans un contexte où les voies de recours formelles sont parfois perçues comme lentes ou insuffisantes.

Le récit des faits, tel que rapporté localement, valorise implicitement la riposte physique en présentant l’éleveur comme acteur de justice immédiate, alors que la mort du suspect engage des poursuites pénales contre cet éleveur. Cette présentation risque de normaliser les représailles populaires, comme cela a été observé dans d’autres régions rurales où la multiplication d’actes d’auto-justice a entraîné une hausse des violences collectives. La tension entre besoin de protection des biens et respect de l’état de droit est au cœur de la problématique.

Des statistiques nationales montrent que le vol de bétail reste un délit récurrent dans les zones rurales et que les délais d’intervention des forces de sécurité contribuent aux réactions citoyennes. Des études comparatives dans des pays voisins indiquent que la mise en place de patrouilles rurales, de brigades spécialisées et de dispositifs de restitution rapide des biens diminue le recours aux représailles populaires. La jurisprudence locale sur la légitime défense servira de référence dans l’instruction en cours.

Les faits de Ndiaganiao mettent en lumière la fragilité des réponses institutionnelles face au vol de bétail et le risque de voir se généraliser des pratiques de justice par la violence. Le décès de Birame Sène et la mise en examen de Mbissane Ndione illustrent la tension entre protection des biens et application des procédures pénales. L’instruction ouverte par le parquet devra préciser si la riposte relevait de la légitime défense ou si elle excédait les bornes prévues par la loi, question qui conditionnera l’équilibre entre sécurité locale et respect de l’état de droit.

Article opinion écrit par la créatrice de contenu : Khadidiatou Faye.
Mis en ligne : 28/01/2026

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