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Depuis la fin décembre, des retards dans la distribution des vaccins destinés aux nourrissons ont été signalés dans plusieurs postes de santé du pays, affectant les doses du deuxième mois et demi : Penta, Pneumo 2, VPO 2 et Rota 2. Des personnels locaux et un député ont alerté sur une possible pénurie, tandis que le ministère de la Santé évoque un problème logistique plutôt qu’une rupture de stock. Le manque de financement pour le transport et les équipes de terrain est avancé comme cause principale du retard.
Les vaccins pour le premier trimestre 2026 devaient être déployés dès décembre, selon les calendriers de vaccination routiniers. Les stocks nécessaires étaient présents dans les entrepôts centraux, mais leur acheminement vers les régions a été différé par l’absence de ressources pour le carburant, les chauffeurs et la logistique terrain. L’axe Nord, regroupant les régions de Louga, Saint-Louis et Matam, a reçu l’approvisionnement complet, tandis que le Centre et le Sud restent en cours de distribution vers Fatick, Kaolack, Kaffrine, Tambacounda, Kolda, Sédhiou, Ziguinchor et Kédougou. Le ministère prévoit une couverture nationale d’ici la fin de la semaine en cours.
Le retard n’est pas présenté comme une rupture générale des stocks, mais comme une insuffisance du dernier maillon de la chaîne logistique : le transport et la mise en place des équipes. Ce dysfonctionnement fragilise le calendrier vaccinal des nourrissons au moment où les premières doses garantissent la protection contre des maladies infantiles graves. Le directeur de la Prévention au ministère a expliqué que « faute de ressources financières pour le transport, le carburant, les chauffeurs et les équipes de terrain, leur déploiement a été retardé ». L’alerte parlementaire et les signaux terrain montrent que la dépendance aux financements extérieurs rend le système vulnérable au moindre sous-financement.
Le premier argument tient à l’exposition sanitaire immédiate : un retard dans l’administration des doses de Penta, de Pneumo, de VPO et de Rota crée des fenêtres de vulnérabilité pour les nourrissons face à la diphtérie, à la coqueluche, à la poliomyélite et aux infections à rotavirus. Le deuxième argument concerne la planification budgétaire : lorsque la distribution dépend d’un financement d’urgence de partenaires, la continuité des programmes n’est pas garantie. Le troisième argument touche la gestion opérationnelle : l’absence de fonds pour le carburant et les équipes indique une faiblesse dans la prévision et dans la sécurisation des ressources logistiques indispensables à la santé publique.
L’analyse met en lumière une défaillance structurelle davantage qu’un incident ponctuel. La planification publique n’a pas sécurisé les crédits nécessaires pour la distribution, ce qui expose les nourrissons à des risques évitables de maladie et de mortalité. Comparée à un calendrier vaccinal bien financé et maillé, la situation actuelle ressemble à une interruption de service pour cause de chaîne d’approvisionnement brisée. Comparée à d’autres programmes nationaux qui ont anticipé les frais logistiques, la faiblesse de cette planification ressort comme facteur aggravant.
Les autorités ont sollicité en urgence l’aide de partenaires techniques et financiers pour débloquer la distribution vers les régions, signe que le système reste fortement dépendant des appuis extérieurs. Les régions déjà approvisionnées montrent que la disponibilité des vaccins en stock n’est pas le problème central ; la clé est la capacité à les acheminer et à mobiliser les équipes. Les expériences comparatives montrent que la sécurisation de lignes budgétaires dédiées au transport et à la logistique réduit significativement les interruptions de programmes vaccinaux.
Les faits rassemblés indiquent une faille logistique et une planification budgétaire insuffisante qui ont retardé l’accès aux doses essentielles pour les nourrissons. Le caractère évitable de cette situation ressort à travers la présence des stocks et l’absence des moyens de déploiement. Si les crédits publics ne sont pas sécurisés pour les trimestres suivants, la répétition de ces paralysies menace la couverture vaccinale et la santé des enfants. Les décisions financières et opérationnelles à court terme détermineront la capacité du système à protéger les plus jeunes.
Article opinion écrit par la créatrice de contenu : Safiatou F.
Mis en ligne : 27/01/2026
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