Bourses universitaires : Le non-versement des 300 000 FCFA, un scandale qui dure - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Education | Par Eva | Publié le 30/01/2026 02:01:00

Bourses universitaires : Le non-versement des 300 000 FCFA, un scandale qui dure

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Des étudiants inscrits en Master II dans les universités publiques du Sénégal réclament le paiement d’un montant exceptionnel de 300 000 FCFA annoncé par les autorités; le communiqué de la Direction des Bourses daté du 8 décembre 2025 prévoyait un paiement dès février 2026; les bénéficiaires affirment que la somme n’apparaît pas sur les états de paiement disponibles, entraînant des tensions sur les campus. Ces faits se déroulent dans un contexte de concertations entre le ministère de l’Enseignement supérieur, la Direction des Bourses et des représentants étudiants.

J’observe, et j’accuse: cette affaire révèle une incompétence administrative qui frôle l’irresponsabilité. Les promesses brandies par des directions et des ministères deviennent des chimères. Les étudiants, au moment même où ils doivent boucler des mémoires et financer des enquêtes de terrain, sont laissés à l’abandon par des engagements non tenus. La colère qui monte n’est pas seulement légitime, elle est prévisible.

Les étudiants avaient accepté, pour apaiser les tensions, un versement exceptionnel en attendant la régularisation des allocations perdues pour novembre et décembre. Le non-versement de la somme promise creuse désormais un fossé de confiance entre la communauté universitaire et les autorités.

Je ne suis pas surpris par la cacophonie administrative, mais je suis scandalisé par son coût humain. Une annonce officielle du 8 décembre 2025 devient un papier sans effet dans les guichets et dans les relevés bancaires. Qui contrôle la chaîne: le ministère, la Direction des Bourses, les comptables, les ordonnateurs des paiements? L’absence de clarté prouve soit une incapacité technique, soit une volonté de laisser traîner les choses jusqu’à l’essoufflement des réclamations. Les étudiants ne demandent pas la lune; ils demandent l’application d’un engagement public. Quand une promesse d’État devient optionnelle, la parole publique perd toute valeur.

Premièrement, la précarité financière des étudiants en Master II est réelle et mesurable: frais de terrain, acquisition de documentation, déplacements, relectures et soutenances exigent des ressources. La suppression ou le retard d’un versement de 300 000 FCFA n’est pas anecdotique, c’est un frein concret à l’achèvement d’un diplôme. Deuxièmement, la répétition des promesses non tenues instille une défiance durable envers les institutions universitaires; la confiance se construit par la constance et se détruit par les rendez-vous manqués. Troisièmement, la gestion opaque des bourses et des subventions favorise la désorganisation: sans calendriers fiables, sans responsables clairement identifiés, tout système devient arbitraire.

Je veux insister sur la responsabilité politique et administrative. Les autorités qui annoncent des mesures sociales ont l’obligation de préciser le calendrier, les modalités et les responsables du versement. Une déclaration officielle suivie d’un vide administratif ressemble à une stratégie de communication défaillante masquant des défaillances logistiques. J’ai vu trop souvent des décisions prises en haut sans préparer le terrain en bas; le résultat est le même: des étudiants qui se débrouillent comme ils peuvent.

Cette affaire met en lumière une culture du laissez-aller dans la gestion des politiques étudiantes. L’incompétence administrative se traduit par des retards répétitifs et par l’incapacité à rendre des comptes. Le non-respect des promesses officielles n’est pas une maladresse isolée, c’est un symptôme: des structures qui fonctionnent sans rigueur, des procédures absentes, des responsables qui se renvoient la balle. La conséquence est double: instabilité financière pour les étudiants et perte de confiance généralisée envers les autorités universitaires. Un étudiant qui doute de la parole publique perd aussi une part de son énergie académique.

Regarder d’autres systèmes universitaires montre deux modèles contrastés: dans certaines universités européennes, les bourses sont versées selon des cycles automatisés et des tableaux de contrôle; dans d’autres contextes africains, les retards sont monnaie courante, alimentés par des procédures manuelles et par des paiements centralisés. Comparer le modèle sénégalais à celui d’universités où la digitalisation a réduit les erreurs met en évidence un choix politique: moderniser ou tolérer le chaos. J’ai entendu des témoignages d’étudiants qui ont dû reporter des enquêtes, payer des amendes de bibliothèque et renoncer à des déplacements de terrain; ce sont des conséquences réelles, pas des abstractions administratives.

Je réclame de la rigueur et de la responsabilité: que les engagements écrits retrouvent leur valeur et que les services rendus aux étudiants soient gérés comme des priorités, pas comme des options de communication. Tant que les autorités maintiendront des promesses sans assurer leur exécution, elles creuseront le fossé avec la jeunesse intellectuelle du pays. Les étudiants méritent mieux qu’une annonce; ils méritent des actes cohérents et des comptes clairs. Si la parole publique ne redevient pas fiable, la désillusion continuera de s’installer dans les amphithéâtres et au-delà.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 30/01/202
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