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L’analyse récente du Dr Souleymane Astou Diagne, économiste et enseignant-chercheur, a dressé un tableau sévère de la situation économique du Sénégal en 2026. Entre une dette publique oscillant entre 119 % et 132 % du PIB, un climat des affaires dégradé et un contexte international peu porteur, le diagnostic est alarmant. Pourtant, derrière ces défis se cachent des opportunités de transformation profonde. Plutôt que de céder au pessimisme, il est possible d’envisager cette période comme un moment charnière pour repenser le modèle de développement du pays, à condition de restaurer la confiance entre l’État et le secteur privé, et de s’appuyer sur les atouts structurels du Sénégal.
Le Sénégal traverse une phase difficile, marquée par la contraction de l’activité dans les travaux publics, une pression fiscale perçue comme excessive, et des tensions géopolitiques mondiales qui pèsent sur les perspectives de croissance. La dette publique, bien que très élevée, n’est pas une fatalité : plusieurs pays émergents ont su rebondir après des niveaux d’endettement similaires, à condition de mettre en place des réformes structurelles audacieuses et de mobiliser les ressources internes. Le Sénégal dispose d’atouts majeurs : une jeunesse dynamique, une diaspora active, et des ressources naturelles en cours d’exploitation (pétrole, gaz, or). Le gouvernement a d’ailleurs lancé en 2025 un Plan de Redressement Économique et Social (PRES), financé à 90 % par des ressources nationales, ce qui limite l’endettement supplémentaire et montre une volonté de souveraineté économique.
Le Dr Diagne souligne à juste titre que la confiance entre l’État et le secteur privé est la clé de la relance. Or, des signes positifs émergent : le gouvernement a placé le développement du secteur privé au cœur de ses priorités pour 2026, avec des mesures visant à dynamiser l’investissement productif et à créer des emplois. Par ailleurs, malgré les défis, le Sénégal continue d’attirer des investisseurs régionaux, grâce à la stabilité relative offerte par le franc CFA et à une résilience économique reconnue. La croissance attendue dans les hydrocarbures et l’or, ainsi que les projets d’infrastructures en cours, pourraient injecter une dynamique nouvelle dans l’économie.
Le gouvernement a clairement identifié le secteur privé comme moteur de la relance, avec des directives présidentielles pour faciliter l’investissement et améliorer le climat des affaires. Cette orientation est essentielle, car 9 salariés sur 10 travaillent dans le secteur informel, qui contribue à plus de 80 % du PIB. Une meilleure intégration de ce secteur dans l’économie formelle, couplée à des politiques de formation et d’innovation, pourrait libérer un potentiel de croissance considérable.
Si la dette publique est préoccupante, elle n’est pas exceptionnelle à l’échelle mondiale. Des pays comme le Japon, les États-Unis ou l’Italie ont des ratios dette/PIB bien plus élevés, sans pour autant sombrer dans la crise. La clé réside dans la capacité à orienter cette dette vers des investissements productifs et à stabiliser les finances publiques à moyen terme. Le Sénégal peut s’inspirer d’exemples comme celui de la Côte d’Ivoire ou du Rwanda, qui ont su combiner endettement et croissance inclusive.
Malgré les tensions géopolitiques, l’Afrique de l’Ouest reste une zone de croissance dynamique. Le Sénégal, avec sa stabilité politique relative et son intégration dans l’UEMOA, bénéficie d’un cadre favorable pour attirer des capitaux et développer des partenariats régionaux.
Avec 76 % de la population âgée de moins de 35 ans et une diaspora contribuant à hauteur de 10 % du PIB, le Sénégal dispose d’un capital humain sous-exploité. Investir dans l’éducation, la formation technique et l’entrepreneuriat pourrait transformer ces atouts en moteurs de développement.
Des pays comme le Rwanda ou le Vietnam ont su tirer parti de crises similaires pour moderniser leur économie. Le Rwanda, après le génocide, a misé sur la technologie et la gouvernance pour devenir l’un des pays les plus dynamiques d’Afrique. Le Vietnam, quant à lui, a transformé son secteur informel en un vivier d’entreprises exportatrices. Le Sénégal pourrait s’inspirer de ces modèles en combinant réformes structurelles et soutien aux PME.
La situation économique du Sénégal est certes préoccupante, mais elle offre aussi une opportunité unique de repenser le développement. En restaurant la confiance, en valorisant le secteur privé et en investissant dans le capital humain, le pays peut transformer cette crise en tremplin. Comme le souligne le Dr Diagne, « le développement rime avec endettement », à condition que cet endettement finance des projets créateurs de richesse et d’emplois. 2026 pourrait ainsi marquer le début d’une nouvelle ère, à condition que les réformes annoncées soient mises en œuvre avec détermination et transparence.
En définitive, le Sénégal a les moyens de surmonter cette épreuve. Il lui revient désormais de saisir cette chance pour bâtir une économie plus inclusive, résiliente et tournée vers l’avenir.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Pape Diop.
Mis en ligne : 04/02/2026
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