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Cheikhou Kouyaté, ancien international sénégalais et milieu de terrain passé par Crystal Palace, a expliqué au siège de la Fédération sénégalaise de football, lors du tirage au sort de la Coupe du Sénégal, les raisons de sa séparation récente avec le club turc d’Amedspor. Il a évoqué le manque de respect dans le club comme cause de rupture et a rappelé son engagement auprès de la sélection nationale, en soulignant la transmission aux plus jeunes. Ces déclarations datent de la période récente autour de l’événement organisé à Dakar.
Je crois que la franchise de Kouyaté n’est pas une simple querelle de vestiaire, mais une leçon. En refusant des comportements qu’il juge indignes, en conservant une exigence morale et en se positionnant comme « grand frère » auprès des plus jeunes, il incarne un modèle rare. Son message sur le respect, le travail et la solidarité me paraît parfaitement calibré pour inspirer une génération qui a parfois perdu ses repères.
La séparation avec Amedspor s’inscrit dans un parcours professionnel marqué par l’expérience anglaise et par un rôle actuel de leader moral au sein de la Tanière, entre accompagnement des jeunes et soutien au staff technique.
J’assume ici un parti pris positif: Cheikhou Kouyaté représente plus qu’un joueur qui exige du respect, il montre une manière de bâtir une carrière qui tient compte de la dignité humaine. Refuser un environnement toxique n’est pas de l’orgueil, c’est de la lucidité. Quand il dit « Je n’accepterai jamais ça, c’est pourquoi le club s’est séparé de moi », il pose une frontière que tout jeune footballeur gagnerait à apprendre à tracer tôt dans sa vie professionnelle. Le football moderne offre des billets d’avion, des contrats mirobolants, mais il n’enseigne pas forcément les règles du vivre-ensemble. Kouyaté répare ce manque en prônant des valeurs simples et exigeantes.
Son rôle de transmission à l’équipe nationale mérite qu’on s’y attarde. J’ai vu trop de carrières s’étioler parce que l’expérience n’était pas partagée; j’ai aussi vu des talents se consumer faute d’encadrement moral. Kouyaté, en se présentant comme mentor, met en pratique une pédagogie de terrain: il protège les cadres comme Sadio Mané, il soutient le sélectionneur, il rappelle que l’union prime sur les individualités. C’est une posture proche de celle d’un entraîneur adjoint mais vécue depuis l’intérieur du vestiaire, ce qui la rend plus crédible.
Je veux défendre l’idée qu’un jeune joueur qui privilégie le respect, le travail et la solidarité augmente ses chances de durer. Le respect facilite la confiance entre les coéquipiers; le travail forge la compétence; la solidarité permet de traverser les crises. Ces trois piliers, brandis par Kouyaté, sont applicables dès les centres de formation. Comparer sa trajectoire à celle d’un artisan qui sculpte sa réputation dans le temps éclaire la stratégie: mieux vaut construire patiemment que brûler les étapes. De même, envisager une carrière comme un marathon plutôt que comme un sprint aide à comprendre l’importance de la constance.
Sur le plan sportif, son appel à viser la Coupe du monde avec foi ne relève pas de l’utopie. Quand il affirme « Il faut croire en soi et avoir la conviction d’aller gagner la Coupe du monde », il transforme l’ambition en feuille de route mentale. La conviction collective tant vantée par les experts passe par des repères concrets: respect des règles, acceptation des rôles, soutien intergénérationnel. Les clubs et les fédérations gagneraient à formaliser ces enseignements: ateliers de leadership, séances de mentorat, codes de conduite co-construits entre jeunes et anciens.
Les exemples abondent dans le sport: des capitaines qui restent pour transmettre après les revers, des joueurs qui acceptent un rôle moindre pour préserver l’équilibre du groupe. Le parcours de Kouyaté, avec l’expérience anglaise et l’épreuve turque, donne du crédit à son discours. Les jeunes sénégalais ont besoin de figures qui associent performance et intégrité; avoir un modèle qui met le respect avant le salaire change la manière dont on définit la réussite.
Je suis convaincu que l’attitude de Cheikhou Kouyaté mérite d’être portée comme une école de comportement pour les jeunes footballeurs. Son refus de tolérer le manque de respect, son investissement auprès des plus jeunes et son exigence collective dessinent un chemin viable pour une carrière durable. Si les futurs talents intègrent ces principes, le football sénégalais pourra allier excellence et dignité, et s’approcher des sommets sans renier son identité. Son exemple invite à cultiver le travail patient, la loyauté et la solidarité, valeurs qui font gagner sur le long terme.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Mbaye Diouf.
Mis en ligne : 06/02/2026
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